Magazine Cinéma

Antichrist

Par Ffred

Antichrist Les Films du Losange Antichrist
L'histoire

Un couple en deuil se retire à " Eden ", un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis...

Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange
Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange
Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

Mon avis
Après le scandale que le film a suscité à Cannes cette année et le prix d'interprétation que Charlotte Gainsbourg y a glaner, j'avais hâte de voir le film en salle. C'est chose faite. A chacun de ses films Lars Von Trier créé la polémique sinon l'évènement. De Element of crime à Le direktor en passant par Breaking the waves, Dogville ou Dancer in the dark (Palme d'or et prix d'interprétation féminine en 2000), à chaque fois un film différent des précédents qui innovent tout le temps, surprennent souvent, divisent à chaque fois. Antichrist ne déroge pas à la règle, même si le scandale lui-même et les commentaires de sorties de projection du festival étaient largement disproportionnés. Le sexe et la violence sont deux choses qui font partie de notre quotidien, que l'on voit aujourd'hui sur tous les supports et dans tous les médias. Mais qu'un metteur en scène déjà controversé les mettent en même temps sur une pellicule, là non c'est trop pour les biens pensants coincés du cul qui vont, par contre, s'extasier devant n'importe quel merde asiatique (ou autres je ne suis pas sectaire) ou française chiante au possible. Et il y en a beaucoup aujourd'hui. Moi j'ai donc envie de défendre Lars Von Trier et son film. Justement par ce qu'il ose. Il va jusqu'au bout de son truc, sans auto-censure, sans peur et surtout en emmerdant bien tout le monde ! Devant le cinéma commercial popcorn des américains et celui plus intello mais tellement plus ennuyeux des français, qu'avons-nous aujourd'hui pour nous secouer un peu dans les salles de cinéma à part quelques films anglais ou coréens ? Bref je sais cela est un peu réducteur mais je suis effaré devant la manière dont le film et son metteur en scène sont traités par un public et une presse qui ne reste même pas jusqu'au bout...!
Pour revenir au film, j'ai donc pris ma première vraie claque cinématographique de l'année dans la gueule. D'entrée on reste scotché et sans voix devant la scène du prologue qui est d'une beauté et d'une intensité fulgurante. Puis dès la scène de l'enterrement, la puissance du film monte progressivement pour atteindre des hauteurs rarement égalées ces derniers temps. La plupart des commentaires trouvent le film misogyne, je n'ai pas trouvé, mais il est vrai que tout le poids de la faute et de la désagrégation du couple semble incomber à la femme. On ne sait pas leur nom ni leur prénom, seul le bébé est nommé. Peu d'indication sur le pays où se déroule l'action mais il semble que ce soit les Etats-unis (adresse sur une enveloppe). Le couple se réfugie à Eden et dans ce jardin merveilleux, la culpabilité et la folie qui gagne peu à peu la femme font bien sûr penser à un autre couple dans un autre jardin d'Eden dans un livre où là aussi cela c'est mal terminé. Est-ce ces comparaisons religieuses qui induisent la misogynie ?
Techniquement j'ai trouvé le film très réussi. La photo colle parfaitement à l'histoire et rend l'atmosphère encore plus pesante. Idem pour les décors et les paysages, austères, qui procurent au huit-clos un sentiment d'oppression encore plus grand. La mise en scène est à l'image du réalisateur, franche, sans concession, froide et directe. Certes les scènes de sexe sont crus, les scènes de violence, mutilation et de torture sont assez insoutenables mais franchement on a déjà vu pire ailleurs (les hommes auront quand même mal à l'entre-jambe...).
Charlotte Gainsbourg a donc été justement récompensée par un prix d'interprétation à Cannes. Elle est sidérante dans le rôle de cette mère qui a perdu son enfant et l'esprit par la même occasion. Tout simplement un grand rôle pour une grande actrice. Willem Dafoe est plus en retrait et a, disons, un rôle plus "normal". Mais il est très convaincant, rien à dire.
En résumé voilà donc un film qui ose. Ose montrer, ose dire, ose déranger. Sexe, violence, culpabilité, religion, couple, femme, folie...Tous les ingrédients de Lars Von Trier sont là et bien d'autres encore. Alors cul-bénis, saintes nitouches et autres coincés passez votre chemin. Pour les autres, ceux qui veulent vivre une vraie expérience et ressentir quelque chose, courrez voir Antichrist, vous ne serez pas décus...
Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

 

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Ffred 143 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines