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L'Amérique au panthéon rock, part 33

Publié le 08 juin 2009 par Bertrand Gillet

Non je ne suis pas méchant, ni aigri, encore moins fermé, vissé sur mes moindres certitudes, non je ne suis pas râleur, cogneur, ni acide, ni cynique, encore moins parisien… Non je ne suis rien de tout cela, je suis même un gentil comme on dit mais merde, je hais les rastas, par rastas je n’entends pas les vrais, ces mystiques Jamaïcains qui vivent intensément leur rapport spirituel à la drogue, la ganja, non, je vous hais, vous les petits français fils de la Bourgeoisie étriquée qui soudainement changez de mode capillaire pour taquiner, titiller, provoquer la société mais vous ne provoquez en moi que dégoût et mépris car sous vos coiffes tissées de gras et de puces s’ébroue tout un petit monde de conventions et de ridicule, oui, vous clamez haut et fort votre différence, votre droit à la liberté, la liberté de rompre avec les usages de la bienséance et de la propreté car vos affreuses têtes ne sont à mes yeux que d’ignobles poulpes velus, amas grouillant de bêtes rampantes qui se nourrissent de votre révolte post adolescente mais merde vous effrayez bien plus que la vieille et l’orphelin, vous horrifiez le monde entier à trainer vos pelures immondes et vos sandales odoriférantes partout où vous allez, tout en vous respire, que dis-je, pue l’incompréhension et le pire c’est que vous arrivez au prix d’un effort misérable à vous reproduire, combien de jeunes filles ai-je croisé au cours de mes promenades méditatives d’en France, de ces jeunes donzelles à l’hygiène approximative autant que douteuse, traînant derrière elles, en plus de leur ombre de gorgone frisotée, un fumet puissant, ces créatures hirsutes sont le plus souvent accompagnées d’animaux de compagnie aussi affectueux que reconnaissants, poux, morpions, chancres microscopiques trouvant dans ces forêts inextricables de quoi nourrir leurs fiers et voraces appétits, berk, cette seule image me glace le sang mais j’en ai une pire encore qui hante mon esprit, vous, les sacs à puces joueurs de djembé croyez, ô comble de la naïveté, divertir nos oreilles réceptives mais vous ne vous doutez pas une seule minute de l’exaspération criminogène qui nous saisit lorsque vous entamez guillerets vos tam-tams et autres badaboum assourdissants, vous vous prenez pour des maîtres es percussions jadis invoqués par les Santana et autres Gainsbourg mais non, alors que moi et mes amis discutons un verre de vin à la main contemplant par ces doux soirs d’été la beauté éternelle de Notre Dame de Paris, vous déboulez enhardis et motivés par quelque instinct musical certes compréhensible (moi aussi je chante sous la douche mais vais-je pour autant casser les esgourdes de mes contemporains) puis vous vous mettez à frapper sur les peaux comme des soudards sans une once de virtuosité élastique, mais merde, vous êtes d’une affligeante inaptitude à exercer quoi que se soit, immondes Rmistes ébouriffés et fétides, mais j’ai failli oublier le plus condamnable à mes yeux, c’est cette faculté que vous avez à vous accoutrer de la plus exotique façon qui soit, comme si vous sortiez d’un festival d’artisanat péruvien, bbbrrrrrr, quelle sinistre évocation visuelle qui me laisse pantois et que dire de votre manie d’agiter dans les festivals rock vos drapeaux, le plus souvent bretons, allez savoir pourquoi, nul n’arrivant vraiment à déterminer de quelle planète-province vous venez, alors pourquoi essayerai-je de vous convaincre d’écouter ne serait-ce qu’une seconde Harvest de Neil Young, père fondateur du rock rural et paisible, loin des clameurs de la ville assourdissante car notre Loner (son surnom, bêtes gens aux paillassons capillaires) cultive ce talent pour les compositions fleurant bon l’authenticité, rien à voir avec vous, tas de fumier servant à la culture de votre chit ignoble, Neil Young rédigea disais-je donc l’une des plus belles pages de l’histoire du rock entre janvier et septembre 1971 aux studios Quadraphonic Sounds de Nashville, aux Studios #2 de Broken Arrow et Royce Hall de Californie et enfin au Barking Town Hall de Londres, 10 compostions sublimement éclectiques culminant dans les 6 minutes et 42 secondes de Words (Between The Lines Of Ages), riches en moments de grâce comme A Man Needs A Maid et There’s A World enregistrés avec orchestre philarmonique et tout le bastringue ce qui nous positionne loin de vous, horribles rastaquouères opossumisés, et de vos infâmes compilations de reggae  mou, Harvest est d’une limpidité telle que l’on plane dans un espace sans frontières, au-dessus des montagnes, certains titres sont même spatiaux comme Out On The Weekend et la chanson éponyme, d’autres sont des perles de folk dramatique, ouvrez vos oreilles sales pour percevoir toute la mélancolie qui peut s’exprimer en 3 minutes sur Old Man, le succès du disque, et Heart Of Gold, oui il s’agit bien d’or pour l’esprit, de choses secrètes que l’on préfère garder pour soi et je ne sais d’ailleurs pas pourquoi j’eus la naïveté de croire que vous pourriez comprendre ce disque et la passion qu’il nourrit en moi, sans parler du respect que je ressens pour mister Young dont la qualité de songwriter n’est plus à prouver, tenez-vous le pour dit bande de clodos mollassons assujettis à la générosité d’un système bien trop dispendieux à votre endroit, j’aurais préféré que les services sociaux et gouvernementaux investissent pour vous des milliards en savons, shampooings et autres déodorants, vous croyez avoir inventé le plan cool, mais c’est Are You Ready For The Country qui EST cool, quant à votre fâcheux et stupéfiant penchant pour les substances agricoles qui font de vous des zombies herbus, des vulgaires cancrelats amorphes et stupidement hilares, pensez à ce que la drogue révèle en l’homme, cet instinct de mort qui surprit jusqu’à Danny Whitten, le lead guitariste de Young comme il nous le raconte dans le bouleversant The Needle and the Damage Done, oui vos bras ne furent pas autant piqués au vif que ce cœur, cette âme de musicien mais sans doute ignorez-vous que vos oinj vous grignotent consciencieusement le peu de cerveau qui vous reste, cela dit est-ce un mal, vos derniers neurones vous suffiront à peine à vous rappeler la date prochaine de vos ablutions annuelles sur ce je vous dis « Allez tous moisir (c’est déjà fait) dans les enfers turgescents d’un festival régional de macramé » !

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