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Didier Porte

Publié le 09 juin 2009 par Irigoyen
Didier Porte

Didier Porte

Je suis allé hier soir au café de la gare à Paris assister au dernier spectacle de la saison de Didier Porte. Si vous êtes des fidèles de France Inter, il ne vous aura pas échappé que le garçon officie sur le navire amiral de Radio France dans l'émission « Le fou du roi » et, nettement moins souvent, un peu avant le journal de huit heures. Signalons enfin qu'il signe des chroniques dans « Siné Hebdo ».

J'ai toujours apprécié le mordant – je n'utilise pas le mot de méchanceté en ce qui le concerne – de ce chroniqueur qui, outre le fait qu'il ne se prive pas de mettre en boîte les invités lorsque ceux-ci sont présents sur le plateau, tente d'associer les auditeurs à ses révoltes. Didier Porte me semble appartenir à cette lignée d'humoristes qui font œuvre de pédagogie parce que le rire qu'ils suscitent interroge avant tout le citoyen.

Le one-man show est l'illustration parfaite de cette démarche. Bien sûr, Nicolas Sarkozy en prend pour son grade mais à travers lui c'est tout un système que dénonce Porte. Un système cynique où l'on voit un reporter au Darfour prononcer les pires horreurs sur des réfugiés qui marchent dans le désert depuis une semaine. Porte entre aussi dans la peau du poujadiste qui tire à vue sur les fonctionnaires, dans celle du journaliste un brin candide qui essaie de proposer à Laurence Ferrari de TF1 un téléthon pour sauver la classe ouvrière et finit par tomber sur Nonce Paolini avec qui il a une conversation téléphonique surréaliste.

On passe un bon moment avec Didier Porte. Et ce n'est pas seulement parce que la salle, tout entière acquise à sa cause parce qu'elle le connaît certainement de la radio, communique son rire. Non, je crois que c'est parce qu'il y a un côté artisanal dans cette mise-en-scène. J'en ai assez de ces prestations parfaitement huilées où le parcours trop fléché a nettement tendance à tuer la spontanéité de l'artiste.

Si Didier Porte reprend son spectacle l'année prochaine, je vous recommande très chaudement d'y aller. Ne serait-ce que pour vérifier l'état de votre mémoire. Noyés comme nous le sommes par un flot d'informations – quand il ne s'agit pas de communications, ce qui n'est pas la même chose -, nous avons tendance à oublier certains événements. Porte fait œuvre journalistique en les rappelant, en actionnant son disque dur. Pas étonnant que ça dérange, les pouvoirs ont horreur que les citoyens puissent se souvenir.

Espérons juste que Porte sera à Nicolas Sarkozy ce que Guy Bedos – qu'on entend dans le spectacle – fut à Valéry Giscard d'Estaing: un poil à gratter qui finit par démanger. Les puissants finissent un jour par perdre, à condition de ne jamais baisser la garde.

Didier Porte n'a pas l'air d'être quelqu'un qui abandonne. Tant mieux !

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En prime, un bonus: l'interview de Didier Porte.

Durée: 20'44


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