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Les Fatals Picards : entre cynisme et réalité

Publié le 19 mai 2009 par Sof76
Les Fatals Picards : entre cynisme et réalité
Les Fatals Picards : entre cynisme et réalité Soyons clairs : musicalement parlant, le Sens de la Gravité des Fatals Picards ne sera pas reconnu album de l'année 2009. Ce postulat étant assimilé par tous, entamons l'examen du cinquième album du groupe (le sixième avec le live de 2008). A tous ceux pour qui les Fatals Picards n'évoquent qu'une prestation ratée à l'Eurovision deux ans plus tôt, chassez ce souvenir ! Cette chanson (peut-on encore appeler chanson ce genre de chose ?) reste, à mes yeux, une erreur de parcours. Schhhllkk, tournons la page (je fais bien le bruit de la page qui se tourne non ? non ! bon, ok...).
L'évolution est palpable depuis la sortie de Navet Maria en 2001, les remaniements au sein du groupe n'y étant somme toute pas étrangers. Nous sommes bien loin des I live in Picardie ou de Goldorak est mort. Le bien nommé Sens de la Gravité aborde des thèmes souvent laissés en marge par les chanteurs français "new generation", pour qui ânonner sur un ton monocorde "Un tacle de Patrick Vieira n'est pas une truite en  chocolat" s'apparente à un trait de génie poétique (pour les bienheureux qui ne connaissent pas, c'est du Vincent Delerm...).
L'album s'ouvre sur Le combat ordinaire, celui de l'ouvrier d'usine qui va "piquet de grêve comme on pique une colère" après une lettre très courante à l'heure actuelle lui laissant le choix entre le chômage ou un boulot payé au RMI dans un faubourg de Varsovie. Un sujet sérieux mais une musique légère qui empêche l'ensemble de plonger l'auditeur dans la déprime. Je passe sur Lady Diana, morceau qui n'a pour moi que peu d'intérêt, tout comme Seul et célibataire (reprise de l'album précédent) et Boum. Les beuveries organisées entre supporters inspirent Les princes du parc, une réalité bien dépeinte même si la chanson n'atteint guère des sommets. Puis vient C'est l'histoire d'une meuf, artiste plus ou moins classée dans la catégorie des has been, qui participe à la soirée des Restos du Coeur en étant plus concernée par son maquillage ou l'emplacement des caméras que par la cause qu'elle est censée défendre. Cynisme ou réalité, chacun de juger. J'ai fait mon choix...
Retenons Chinese Democracy, l'histoire d'un athlète participant à la mascarade olympique organisée à Pékin ; Mon père était tellement de gauche, version réochestrée en plus épurée, ce qui lui donne un ton plus nostalgique ; Le jardin, un rythme entraînant pour traiter de la vie et de la mort d'un Malien sans papier ; et Canal Saint-Martin, les tentes Quechua et la misère filmée par des caméras impudiques.
Un album dans lequel il faut un peu faire le tri mais qui mérite tout de même d'y prêter attention.
Track list
Le combat ordinaire / Lady Diana / Ma baraque aux Bahamas / Ma baraque aux Bahamas / Les princes du parc / Chinese Democracy / Seul et célibataire 2 / Boum / C'est l'histoire d'une meuf / Mon père était tellement de gauche / Le jardin / Canal Saint-Martin


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