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Ceux qui restent

Par Alban Ravassard

Bonjour à tous,

Poursuivons les critiques de film. En voici une nouvelle : « Ceux qui restent » de Anne Le Ny. Présentation.

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Synopsis : Bertrand et Lorraine sont ceux qui restent... Ils sont ceux qui arpentent les couloirs en se posant des questions interdites, se font repérer au kiosque à journaux, parlent trop fort à la cafétéria, et vont fumer en cachette sur le toit de cet hôpital où leurs conjoints se font soigner. Car pour supporter la culpabilité d'être bien vivants, Bertrand et Lorraine ont décidé de s'aider à vivre, à rire et à continuer d'aimer.

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Anne Le Ny. Ce nom doit forcément vous dire quelque chose. C’est le nom d’une actrice française assez discrète et habituée des seconds rôles vous avez notamment pu la voir chez Claude Miller dans « La petite Lili » ou bien encore dans « Mon petit doigt m’a dit ». Aujourd’hui cette comédienne passe derrière la caméra pour réaliser son premier long-métrage, réalisation visuelle du premier scénario dont elle est l’auteur. Le résultat est tout simplement incroyable.


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Ce film intimiste nous bouleverse, provoquant en nous un grand flot d’émotions, dont l’origine est le refus des protagonistes de se laisser submerger par les leurs, et ce sans jamais tomber dans le mélo ou le pathos. C’est bien là que réside la plus grande force du film d’Anne Le Ny : dans son écriture. On revit souvent les mêmes scènes, qui se répètent avec les mêmes personnages à quelques nuances près et pourtant on ne s’ennuie pas un seul instant.

 

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Malgré la gravité de la situation décrite la réalisatrice n’oublie pas d’insérer quelques touches d’humour traces de la vie qui devra de toute manière prendre le dessus sur la mort ambiante. La réalisatrice a d’ailleurs jalonné son film de partis-pris esthétiques forts tels que le refus de montrer les malades, nous arrêtant toujours au seuil de leur chambre comme pour mieux se concentrer sur ceux qui restent justement. Impression confirmée par le fait que le seul moment où nous pénètrerons une chambre de malade sera quand il aura perdu la vie.

 

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Ajoutez-y une mise en scène maîtrisée, jamais voyeuriste, de très belles idées de montage et la formidable interprétation d’Emmanuelle Devos (malheureusement trop rare sur nos écrans) et de Vincent Lindon (qui livre ici une composition formidable) et vous obtenez un des plus beaux films français qu’il m’ait été donné de voir, pour le moment, cette année.

 

Note : 5/5

 

Un beau premier film intimiste, jamais prétentieux, d’une grande réussite esthétique et scénaristique. Un excellent passage à la réalisation pour Anne Le Ny dont j’attendrais désormais avec impatience le prochain film.


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