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Résidence des étoiles

Par Placebo
Résidence des étoiles

Angelo RINALDI, Résidence des Étoiles, Fayard, Paris, 2009 (321 pages).

Me voici bien entré dans le nouveau roman de l'académicien – certains diraient académique – RINALDI, ci-devant critique littéraire, et me voici, encore cette fois pris sous le charme de cette écriture ample. On compare celle-ci à celle de PROUST, elle en a, certes, le souffle, mais, pour moi, je la comparerais davantage à l'effervescence du champagne dont les bulles montent innombrables du fond de la coupe jusqu'à la surface; ainsi les souvenirs du passé atteignent le présent, celui du personnage principal, Antoine, et de ceux qui revivent, avec lui, dans cette impasse du XVIIe arrondissement où il revient.

Et pourtant, hasard de la bibliothèque, me revient l'essai Le moment fraternité de Régis DEBRAY, que j'avais dû rapporter sans l'avoir terminé; il semble bien que celui qui l'aura emprunté après moi ou bien aura pratiqué la lecture rapide, ou bien ne l'aura pas aimé, car c'est le même exemplaire que je tiens aujourd'hui et reprends là où je l'avais abandonné. Je vais donc alterner de l'un à l'autre.

Je serai auparavant, encore une fois par jeu du hasard, revenu au XVIIe siècle et à la Phèdre de RACINE, dont je verrai jeudi, au cinéma, la représentation. Eh oui ! c'est désormais au cinéma que l'on voit du théâtre. Et si je n'aurai pas la joie d'imaginer la BERMA, j'aurai celle de voir la MIRREN interpréter le rôle de la reine incestueuse et adultère. Une production du National Theatre de Londres. Il est encore temps de vérifier s'il reste des billets… J'avoue avoir eu un grand plaisir à relire ce texte, depuis longtemps enfoui dans les souvenirs de collège, et d'une lointaine représentation au Théâtre du Nouveau Monde, mais également l'appareil critique qui l'accompagne dans l'édition de la Pléiade.

Mot de l'éditeur :

« Une vie, ça se raconte comment, quand on a le ridicule d'y consentir ? Avec un ramasse-miettes ? N'est-ce pas aussi vain que d'affronter à contresens l'escalier mécanique du métro ? »

Marc-Antoine, juriste, célibataire, doit consulter un chirurgien. Son rendez-vous le ramène dans ce quartier du 17e arrondissement de Paris où il a vécu, plus jeune, dans une de ces impasses appelées «villas», enserrées entre des immeubles haussmanniens où s'est désormais installé un mouroir pour vieillards fortunés, la résidence des Étoiles.

Sa déambulation, du bar-tabac du coin transformé depuis lors en supérette jusqu'au logement en rez-de-chaussée de l'ex-gérante sur le départ, est l'occasion d'un kaléidoscope de souvenirs à la chronologie bouleversée, tournoyante, dans un quartier où de la proximité des êtres et des choses naît un romanesque aussi quotidien qu'exacerbé, aliment d'une mémoire en spirale, en forme de «trou noir».

Magicien des détails auxquels il sait faire un sort, Angelo Rinaldi embarque son lecteur sur un manège dont on s'extrait étourdi, éberlué par tant de maîtrise et de virtuosité.


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