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Monsieur Boby : putain de moine et de Piscénois

Publié le 23 juin 2009 par Antoninomicorazon

Boby Lapointe, c’est un monstre de mon enfance. Pas de ceux qui se cachent sous le matelas, entendons nous bien, non, un de ces serpents de mer qui vous poursuit tout au long de votre vie et laisse trotter entre quelques neurones ses airs trépignants.

L’homme de Pézenas - puisque c’est de là qu’il vient - a donc bercé mes jeunes années. Et ces chansons sont clairement associées à des souvenirs très spécifiques. C’est étrange ces pouvoirs d’identification et d’association qui lient musique et mémoire : il est des mélodies comme ça qui font ressurgir un moment oublié, forcément enjolivé et naturellement savoureux. Ces petits instants sont rares mais ont ce pouvoir extraordinaire de vous sortir du présent, de l’instant, par un petit sourire bêta diablement incompréhensible pour autrui.

Mais revenons à nos agneaux, Boby Lapointe était avant tout un chansonnier. Mais attention, un vrai chansonnier ! De technique vocale il n’en avait pas mais compensait par un sens du rythme expert, une richesse d’écriture époustouflante et une connaissance des instruments étonnante. Mathématicien de son état (ou pas), il réussit à sortir de la rigueur d’un raisonnement scientifique de quoi donner une dimension inédite à son brin de fantaisie - youpi - naturel.

Mais c’est surtout ces textes qui traduisent le génie de ce barbu jovial. La recette ? Une succession de jeux de mot improbables qui confèrent plusieurs niveaux de lecture à chaque chanson. D’où l’intemporalité de son œuvre : d’airs innocents et gentiment rythmés pour une oreille infantile, les chansons de Boby deviennent pour l’adulte en devenir des récits de vie irrévérencieux où complexité rime avec connivence.

Dingue merveilleux

Brassens aurait dit de lui queses pirouettes verbales masquaient ses blessures du coeur. Je me plais à penser qu’elles réussissent également à les soigner.

Bref, à tous ceux qui ne connaissent pas Monsieur Boby, lancez vous corps et âme dans son univers. Rare sont ceux qui manient l’absurde avec autant de minutie.

Aux autres, déjà convertis aux idées de l’adjudant, il reste les jeux de mots laids pour gens bêtes, jusqu’au 27 juin, à l’Européen.


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