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Féroces infirmes retour des pays chauds

Publié le 23 juin 2009 par Artelineaartcontemporain

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dessin  «j’ai vu des barreaux je m’y suis heurté» encre et fusain sur papier Delphine Gigoux-Martin – courtesy galerie métropolis

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Féroces infirmes retour des pays chauds

Delphine Gigoux-Martin

Vernissage vendredi 4 septembre à partir de 18 h 30
Exposition du 5 septembre au 24 octobre 2009

Communiqué

Pour Artelinea, la rencontre s’est faite à la galerie ESCA, pour l’exposition « Nature, natures… » en automne 2005, où Delphine Gigoux-Martin avait présenté l’installation « Vénus à la fourrure » (2002), une parcelle de sel, sorte de neige artificielle, et des rochers de fourrure mouchetée (du lapin) hors de portée de main, le tout formant un jardin dépouillé à la vision douée d’ambivalence, tirant à la fois vers le conte de fée et le cauchemar. (l’animal à fourrure s’est-il transformé en statue de sel ? le sel lui-même est destructeur, et attise les plaies, ce désert est-il une espèce d’aridité lunaire d’après la vie ? etc.)

Devant la deuxième pièce présente dans « Nature, natures », « J’aime la Nature et elle me le rend bien » (2005), nous avons admiré la manière avec laquelle l’artiste convoquait un chapelet de sensations en nous : ravissement, dégoût, sourire, gêne, déglutissement, rire, etc., en humant, goûtant, mâchant et recrachant quelques-unes des fleurs du bouquet de rose placé devant elle, épaules nues regard clair, face caméra … questionnant notre rapport à la nature, notre rapport à notre animalité, au sexe, à l’expérimentation… Nécessaire curiosité de l’être éternel, la question métaphysique reposée ?

Dans « Lions à la vue perçante et chiens aveugles » (En résonance avec la 8ème biennale d’A.C. de Lyon en 2005, galerie des Terreaux, Temps1, 2005), une mouflonne naturalisée est associée à des projections de dessins d’animation, des loups lancés à la poursuite de cet animal, figé dans un étrange arrêt sur image. C’était notre deuxième rencontre avec l’artiste… La dite mouflone, qui ressemblait carrément à la biche de nos contes, était arrêtée en plein vol par une vitrine de magasin ordinaire, dans une posture digne des plus belles chutes (sous forme de splatch) de Comics de nos enfances. Saisissant.

La rencontre suivante s’est faite autour de l’installation « la Rôtisserie de la Reine Pédauque » (2007), Tours et remparts d’Aigues-Mortes, durant l’exposition « Rencontre d’un roi et d’un empereur en île sonnante » dans le cadre de l’excellente manifestation « La Dégelée Rabelais » organisée par le FRAC et la Région Languedoc-Roussillon durant l’été 2008.  Un envol d’oies en V, précise l’artiste dans son projet manuscrit, s’il vous plaît, qui tournent sur elles-mêmes, empalées sur une broche. Leurs ombres se projettent sur les murs et se mêlent aux vidéos des dessins animés (…) Pièce produite et installée pour la première fois au Creux de l’Enfer, elle donnera lieu à une présentation tout à fait intéressante de la démarche de Delphine et de la manière dont s’est fait le travail de la rôtisserie, sur le site de ce lieu.

Nous avons rencontré depuis l’artiste en personne qui nous a impressionnée par sa santé vibrante -où nous avons reconnu cette co-existence présente dans son travail de curiosité, de gourmandise et d’audace placide- et la simplicité avec laquelle elle a accepté de nous inscrire dans son calendrier de plus en plus chargé pour cette exposition au PPCM comprenant la production d’une pièce inédite pour l’occasion.

Désolés de cette introduction un peu longue, nous éprouvions le besoin de partager avec nos lecteurs la découverte de cette artiste qui s’est réellement faite œuvre après œuvre, comme “sur pièces”, dirons-nous…

Récapitulons :

Née en 1972, Delphine Gigoux-Martin vit et travaille près de Clermont-Ferrand. L’artiste propose des installations constituées d’éléments de la nature animale ou végétale, et des vidéos constituées de dessins animés (pratique à l’ancienne, l’artiste fait plusieurs dessins d’un animal en mouvement, avant de les monter successivement sur une Time Line) où l’humour et la cruauté se côtoient, interrogeant la véracité de nos perceptions et de la compréhension de la nature. Dans ses dispositifs, elle met en espace des univers traversés par la littérature et le cinéma, des univers peuplés d’animaux naturalisés qui traversent les murs ou buttent contre un obstacle alors qu’ils sont poursuivis comme dans nos cauchemars les plus angoissants. Les plafonds deviennent des fonds marins et les sols recueillent les oiseaux échoués…

« Delphine Gigoux-Martin fait référence à un bestiaire qui est celui du conte de fée ou de la fable. Tous ces animaux ont en commun leur caractère familier et ordinairement inoffensif. Certains sont des figures essentielles pour l’expression des sentiments (mon lapin, mon poussin disent au plus simple l’amour et la tendresse). Il ne faut pas s’arrêter pour autant à ces évidences. Si l’on en restait là, on serait prisonnier d’un niveau qui serait celui du conte ou de la fable, c’est-à-dire des histoires prévisibles et édifiantes. Or, dans les récits que nous présente Delphine Gigoux-Martin, il y a toujours un grain de sable qui vient rendre les choses les plus simples extrêmement complexes, qui vient introduire de l’étrangeté dans la familiarité. » Sophie Biass-Fabiani, Fragments du (sur)naturel -Un, Deux… Quatre édition /2004

« La préoccupation centrale, dans mon travail d’installation et installation vidéo, revient à produire une tension permanente entre les éléments et leurs cadres ou espaces dans lesquels ils évoluent. Cette énergie développée propose un langage, qui n’est pas un propos unilinéaire, mais fait de ruptures constantes, de décalages complexes qui offrent une tension parfois allégée ou teintée d’humour noir. Ces travaux vidéos, d’installations, de dessins animés déclinent des ambivalences, dualités, jonctions ou oppositions, des contraires qui sont les clefs fondamentales de mes recherches artistiques, et nous replacent face aux paradoxes de nos instincts contradictoires. » Delphine Gigoux-Martin

Le projet de Delphine, qu’elle a intitulé « Féroces infirmes retour des pays chauds », phrase empruntée au texte « Une saison en enfer » d’Arthur Rimbaud (1873), sera nous espérons comme un nouveau sortilège, un nouveau charme, dont nous serons les victimes consentantes, des corps prenant place au cœur d’installations dont les codes nous sont connus de mémoire humaine éternelle.

Plus de documentation ici , exposant actuellement ici (DreamTime), et récemment au château des Adhémar ceci

Delphine Gigoux-Martin est représentée par la galerie Métropolis.


ARTELINEA – art contemporain au PPCM  //  51 rue des Tilleuls // 30000 NÎMES
Siège social de l’association : 11 place du Jeu de Paume – 30111 Congénies – Tél. : 04 66 80 23 95 / 06 74 95 45 91  http://artelineha.wordpress.com – [email protected]
Avec le concours de la DRAC-Préfecture (Arts plastiques) et du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, du Conseil Général du Gard et de la commune de Congénies.

Posted in expositions Tagged: animation, art contemporain, arteline ha, bestiaire, cauchemars, delphine gigoux-martin, dessins, exposition, fables, installation vidéo, installations, languedoc-roussillon, Nîmes, PPCM, sortilèges, taxidermie, une saison en enfer, végétal


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