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L'année brouillard, Michelle Richmond

Publié le 29 juin 2009 par Antigone

l_ann_ebrouillard"La seule chose dont je sois certaine, c'est que j'ai perdu Emma et que je dois la retrouver. La seule issue acceptable est la suivante : Emma, de retour à la maison, indemne. Mais tout ce qui conduit à cette issue recherchée, les étapes déterminantes par lesquelles je dois passer pour y arriver demeurent pour moi un mystère."

Abby, photographe, se promène avec Emma, six ans, sur une plage de San Francisco, Ocean Beach. Emma est la fille de l'homme qu'Abby aime et qu'elle doit épouser dans quelques semaines, Jake. Abby est heureuse parce qu'elle sent qu'ils forment déjà, à eux trois, une famille, que la petite commence à l'aimer un peu. Emma plonge ses mains dans le sable, à la recherche de coquillages tandis qu'Abby promène son regard de photographe sur la plage.
A un moment donné, elle détourne son regard de l'enfant pour observer le cadavre d'un bébé phoque. Oh à peine quelques secondes. Mais lorsque ses yeux balayent de nouveau la plage à la recherche de la silhouette familière, la fillette a disparu. Où est Emma ? Avec ténacité, et malgré les découragements de son entourage, Abby ne cessera de chercher, de creuser sa mémoire, et de tenter de réparer...

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Me voici encore aujourd'hui sur ce blog avec un livre "coup de coeur", un livre dans lequel je me suis plongée avidement... Et pourtant, il s'agissait ici de se confronter avec cette peur ancestrale qu'est celle de la perte d'un enfant. Quand cette enfant a de plus le même prénom que la sienne, l'angoisse est décuplée et la lecture un peu masochiste. Mais j'ai bien fait, vraiment, de me faire un peu peur. J'ai pris énormément de plaisir à cotoyer Abby, à parcourir avec elle longuement Ocean Beach, à la recherche d'indices. J'ai aimé sa manière de voir le monde, ses remises en question, sa certitude absolue qu'elle allait retrouver l'enfant, la ramener à son père, vivante. Une lecture toute en émotion, à fleur de peau, qui crée des échos en soi, de toutes sortes, malgré soi. N'est-ce pas, réellement, tout ce que l'on demande à un livre ?
Ah oui - aussi - voici une lecture pendant laquelle je me suis dit, voilà comment j'aimerais écrire, exactement, et ce n'est pas si courant. Je salue donc aussi la traduction de Sophie Aslanides, qui y est sans doute pour quelque chose.

"Je veux qu'elle revienne, et le désir crée la substance à partir de rien. Je me souviens du moment où j'ai contourné le mur de béton, certaine de la trouver là. Je le voulais tellement que j'ai construit une image, et cette image était frémissante de vie : Emma accroupie, en train d'attendre derrière le mur, le seau jaune calé entre ses genoux. Quand je suis arrivée et que je n'ai pas trouvée Emma, j'ai senti la réalité me frapper comme un coup de fouet en plein visage, et, avec elle, une terreur si intense qu'elle me fit plier en deux, l'estomac retourné."

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Note de lecture : 5/5

ISBN 978 2 283 02363 1 - 25€ - AVRIL 2009

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D'autres lectures...
Clarabel l'a trouvé bougrement scotchant - Kathel (lettres expres) a eu un coup au coeur - Cuné ne l'oubliera pas de sitôt - Cathulu a beaucoup aimé aussi, cette réflexion sur le temps et la mémoire...


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