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Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - Plon

Par Pmalgachie @pmalgachie
Honorable et ancienne maison, Plon a longtemps fait dans la discrétion sur le terrain du roman. Le renouveau de la collection "Feux croisés" et une nouvelle politique d'auteurs lui ont rendu une place confirmée cette année par six titres, dont une traduction et un premier roman - tardif à plusieurs titres, puisqu'il est signé Daniel Mesguich et sort en septembre.
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonPhilippe Carrese, Enclave (20 août)
A la fin de la seconde guerre mondiale, les Allemands mis en fuite par l’avancée soviétique abandonnent à leur sort les détenus d’un camp slovaque. Isolés au cœur des monts Tatras, les prisonniers oubliés du reste du monde, doivent se réorganiser dans ce temps suspendu. Ils reconstituent un fonctionnement politique: la République de Medved’.
Sur les pages de son petit cahier rouge, le jeune Matthias Statzlinger, 13 ans, trace de son écriture maladroite la chronique de ce peuple. Il écrit tout: l’horreur, l’espoir, les cycles de l’amour et des haines, le quotidien du camp, le courage, l’abnégation, les bassesses et l’ignominie. Il écrit pour conjurer la répétition des mécanismes et la reproduction des systèmes. Il écrit pour sauver l’enclave de l’oubli.
Une parabole sur les mécanismes du pouvoir, la capacité de soumission des hommes et l’inéluctable retour des réflexes despotiques.
Réalisateur et écrivain, Philippe Carrese est l’auteur de nombreux romans noirs (Tue-les, à chaque fois, 1999, Le bal des cagoles, Prix polar SNCF 2001, Les veuves gigognes, 2005) ainsi que des polars jeunesse (La grotte de l’aviateur, 2004, La malédiction de l’enclume, 2007, La nef des fous, 2008). Il reprend dans Enclave l’un de ses thèmes de prédilection, les bouleversements humains engendrés par l’histoire contemporaine.
www.philippecarrese.com
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonIsabelle Condou, La Perrita (20 août)
A Buenos Aires, un dimanche de mars 1996, Violetta prépare la réception qu’elle donne ce soir pour les 18 ans de sa fille.
A quelques kilomètres, dans la pampa argentine, Ernestina est également plongée dans les préparatifs de l’anniversaire qu’elle organise pour sa petite fille, une enfant qu’elle n’a jamais vue. Or il s’agit d’une seule et même jeune fille.
La petite Malvina a grandi sans connaître le drame qui a présidé à son existence. Elle est l’une de ces desaparecidos victimes de la dictature. Violetta, profitant de la position de son mari, officier compromis dans les exactions du régime, et rongée par la douleur de ne pouvoir enfanter, l’a enlevée à sa famille. Mais Malvina a fini par découvrir la vérité sur ses origines.
Durant cette journée unique, moment paradoxal pour ces trois femmes, les évènements et les révélations s’accélèrent. Et c’est l’histoire de tout un pays que l’on entrevoit, l’histoire de deux destins qui s’entremêlent, et la vie d’une jeune fille qui se construit.
Bouleversée par les manifestations des «Mères de la place de Mai», Isabelle Condou est partie plusieurs mois en Argentine à la rencontre des bourreaux et des victimes de ces années noires.
Isabelle Condou a publié deux romans (Il était disparu, Plon 2004, et Solitude de l’aube, qui a reçu la bourse Thyde-Monnier de la SGDL, Plon 2007). Franco-belge, elle vit en Gironde.
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonLéonora Miano, Les aubes écarlates. «Sankofa cry» (20 août)
Enrôlé comme enfant soldat, Epa a fui les troupes d’Isilo, le chef de guerre. Il a traversé le Mboasu pour échouer à «La Colombe», un centre qui recueille les enfants abandonnés. Là, il retrouve Ayané, l’héroïne de L’intérieur de la nuit et Musango, la fillette de Contours du jour qui vient. Il raconte son parcours d’enfant soldat : rapines, exécutions, viols…
Mais son récit est étrange: Epa dit avoir croisé plusieurs fois des ombres enchaînées demandant réparation pour les crimes du passé. Tout son périple est hanté par l’esprit des morts de la traite négrière, ceux qui ont péri pendant les traques et lors du voyage au-delà des mers. Mais bientôt, ces esprits viennent également hanter les murs de «La Colombe». N'ayant jamais été honorés sur le continent africain, les défunts le hantent et l'empoisonnent de leur amertume. Leur souffle imprègne le quotidien et cause, notamment, la folie et la violence que l’Afrique ne cesse de perpétrer contre elle-même.
Devenu conscient de l’aberration qui ronge le continent, Epa n’aura de cesse de rechercher les autres enfants soldats et de les ramener à la paix, dans leurs familles.
Convaincue de la nécessité de regarder en face ses propres ombres pour pouvoir les chasser, Léonora Miano développe dans Les aubes écarlates, son thème de prédilection: l’intériorité de ces peuples habités par une absence, une faille qui empêche l’estime de soi et la fraternité.
Léonora Miano achève avec ce roman, son triptyque consacré à l’Afrique après L’intérieur de la nuit, premier roman classé 5e dans la liste des meilleurs livres de l’année par la magazine Lire, puis Contours du jour qui vient, prix Goncourt des Lycéens 2006. Son dernier livre Tels des astres éteints (Plon 2008) était consacré aux afropéens. Léonora Miano vit à Paris. Elle est née à Doula au Cameroun. Comme tout le golfe de Guinée, ce pays a participé à la traite négrière.
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonCaroline Pascal, La femme blessée (20 août)
Elle incarne le charme suranné de la bourgeoisie française, lui l’ambition politique. Mariés depuis vingt ans, ils forment un couple idéal. Mais peu à peu, cette vie sur papier glacé tourne très banalement au vinaigre: Victoire est invitée à laisser la place. Le temps d’une crise le voile se déchire sur toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir.
C’est un portrait de femme aussi sensible qu’inattendu que dresse Caroline Pascal; une femme blessée, tiraillée entre une tradition familiale et sociale anachronique, qui fait du silence la première des qualités et de l’adultère l’acte naturel du couple, et un puissant désir de liberté et d’épanouissement.
Et au fond cette femme en apparence si traditionnelle et parfois naïve n’est-elle pas la plus forte?
Normalienne agrégée, Caroline Pascal est universitaire. Elle a traduit en français les deux grands écrivains espagnols de la fin du XIXe siècle: Emilia Pardo Bazan et Benito Perez Galdos. Elle est l’auteur de deux romans, Fixés sous verre (Plon, 2003) et Derrière le paravent (Plon, 2005).
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonHasan Ali Toptas, Les ombres disparues (20 août)
Traduit du turc par Noémi Cingöz
Un petit village turc. L’échoppe d’un barbier. Un homme entre se faire coiffer, il évoque son roman inachevé, ses yeux se perdent dans le lointain.
Sa voix renaît ailleurs, loin, dans l’échoppe d’un autre barbier, Cingil Nuri.
Mais Nuri a disparu.
Dans ce village d’Anatolie sans époque ni saison où la voix du narrateur nous emporte, les disparitions et les secrets rythment les jours. Et lorsque Nuri réapparaît, sorti de nulle part, c’est Colombe, la plus belle fille du village, qui s’envole à son tour.
Le maire désespère, les hommes déraisonnent, ils cherchent leurs disparus, l’échoppe du barbier s’est vidée.
Ne reste que le romancier, qui a laissé son histoire lui échapper.
Empruntant aux univers de Kafka et Borges, Hasan Ali Toptas fait émerger un monde à part, insaisissable, où les lois du temps et de l’espace ont disparu, tandis que ses personnages disparaissaient dans les montagnes turques. Poétique et énigmatique, ce roman abolit les frontières du récit, déploie des passerelles entre les mondes et les personnages, entraîne le lecteur dans les spirales d’un rêve.
Renouveau de la littérature turque, Toptas est né en 1958 à Baklan, dans le sud ouest de l’Anatolie. Issu d’un milieu modeste, il a enchaîné différents métiers tout en continuant d’écrire. Il a publié son premier recueil de nouvelles en 1987, puis huit romans, récompensés par de nombreux prix. Les Ombres disparues, son deuxième roman, a reçu le prix Yunus Nadi, avant d’être publié en Allemagne et découvert dans le monde entier. Récemment, son dernier roman, encore inédit en France, a reçu le prix littéraire le plus convoité en Turquie, le prix Orhan Kemal.
Avec vue sur la rentrée littéraire (36) - PlonDaniel Mesguich, L'effacée (24 septembre)
Ellen a vingt-quatre ans. Depuis un mois, ou peut-être deux, elle s'est lancée dans l'écriture d’une thèse sur K. Hell le solitaire, acteur, metteur en scène et théoricien du théâtre aujourd'hui oublié.
Elle part à sa rencontre dans le sud de la France où elle connaît une étourdissante passion pour lui. Jusqu’à ce qu’il disparaisse. Ellen se lance alors à sa recherche, arpentant les rues de Marseille, accompagnée de pensées folles, de rêves et de cauchemars, et de quelque chose qui ressemble à de l'amour. Mais K. Hell a-t-il réellement existé? Ellen est-elle elle-même une fiction?
Prenant pour toile de fond le monde secret du théâtre, L'effacée est l'histoire de la déchirure de son rideau intérieur.
Borgès pour la métaphysique et Maïakovsky pour le théâtre, mais aussi Freud et Jouvet, sont les étoiles qui éclairent ce livre du cheminement. Et tout au long de ce roman, c’est la fascination de Daniel Mesguich pour Hamlet que nous retrouvons.
Daniel Mesguich est comédien et metteur en scène. Il enseigne au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique depuis 1983, et en est le directeur depuis 2007. Il a publié L'éternel éphémère (Verdier, 2006), un essai sur le théâtre. Ce livre est son premier roman.

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