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Propos surréalistes d'un patron de presse

Publié le 11 juillet 2009 par Raoul Sabas

Jean-François Kahn, patron de l'hebdomadaire Marianne, vient de me confirmer, d'excellente manière, ce que je n'ai eu de cesse de dénoncer depuis plus de dix ans, preuves matérielles à l'appui, dans des centaines de lettres (environ deux cents rien qu'à l'adresse des médias) envoyées à près d'une centaine de soi-disant « élites » d'aujourd'hui, tous milieux confondus [Médias, politiques, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique]

Je parle ici de la « lâcheté intellectuelle », commune à tous les faiseurs d'opinion d'aujourd'hui - à une rare exception près ! -, en raison de leur silence et de leur refus de débattre sur le fond, mais aussi de la « débilité intellectuelle » de l'époque, telle qu'elle se manifeste dans ses « croyances au miracle » religieuses, métaphysiques, idéologiques et moralistes où la Foi l'emporte toujours sur la Raison, c'est-à-dire sur la démonstration, comme c'est précisément le cas pour Jean-François Kahn.

En effet, depuis mon premier courrier du 15 juillet 1997 adressé à son précédent hebdomadaire,  L'Evènement du jeudi, jusqu'à celle du 29 mai dernier, j'attends toujours une seule objection, intellectuellement et philosophiquement étayée, aux multiples arguments exposés dans les dizaines de pages d'une vingtaine de lettres, que je lui ai adressé pour dénoncer la Superstition dans ses divers modes d'expression.
Et ce n'est assurément pas sa réponse manuscrite du 5 courant qui exonèrera Jean-François Kahn de mes accusations argumentées, puisqu'il déserte le combat en rase campagne au profit d'une ironie douteuse témoignant précisément de sa lâcheté intellectuelle et de la « débilité intellectuelle » de l'époque, qui vole au secours de la Superstition en lui servant de tribune dans des tirages à des millions d'exemplaires, tous médias confondus.

Pour en juger, je vous livre sa réponse à ma lettre du 29 mai dernier publiée ici sous l'intitulé, « Retraite dorée, langue de bois, contradictions et autres mensonges ! », qui servait précisément d'objet à ce courrier. Dans cette lettre, profitant de l'occasion offerte par le scrutin européen où il était candidat, j'avais en particulier dénoncé, pour la énième fois, les mensonges et les « croyances  au miracle » de la superstition idéologique si juteuse pour les professionnels de la politique - des avantages, dont Jean-François Kahn entendait également profiter, mais je serai bien le dernier à lui reprocher son égoïsme dans ses affaires d'argent et de gloire !  

Néanmoins, ignorant totalement le contenu de ma lettre, Jean-François Kahn m'écrit, sans un mot de réfutation pour les idées et les arguments avancés :

Cher Monsieur,

Bien tardivement... Vous avez raison, totalement raison, absolument raison...

Je me trompe, je me contredis, je suis nul, je dis n'importe quoi, et même je pousse le zèle jusqu'à vous répondre... Que puis-je faire puisque je n'ai aucune chance, aucune (personne d'ailleurs) de vous convaincre de quoi que ce soit ! Me suicider ?

Avec, malgré tout, ma sympathie.

Jean-François Kahn

Vous avez dit « surréaliste » ? OUI, je persiste et je signe... voilà quelqu'un qui ne m'a pas avancé une seule objection, un seul argument contraire, pendant plus de dix ans, et qui vient prétendre qu'il ne pourra pas me convaincre de quoi que ce soit ! ! ! Vous avez dit « débilité intellectuelle » ? ! A n'en pas douter... d'où ma réponse du 10 courant, en attendant la suite annoncée :


Le 10 juillet 2009 


Objet :
« "Croire" et parler vrai »

Monsieur Jean-François Kahn

Marianne

32, rue René Boulanger

75010 PARIS

Fax : 01 53 72 29 72

  

Monsieur,

Je réponds très brièvement à votre lettre du 5 courant, reçue ce jour, pour vous dire tout aussi rapidement que vous avez effectivement tort, quoi que vous en pensiez. Et ce, précisément en matière de Vérité, même si vous vous obstinez, comme d'habitude, à croire le contraire sans jamais fournir pour autant d'arguments intellectuellement et philosophiquement étayés, ainsi que je n'ai eu de cesse de vous en réclamer, y compris dans mon courrier du 29 mai dernier.

D'ailleurs, vous n'avez pas uniquement tort sur le plan de LA Vérité absolue, ou « en soi » , philosophiquement parlant, puisque vous continuez à LA nier, mais vous avez pu constater également que vous n'aviez pas forcément raison non plus sur le terrain idéologico-politique, ainsi que les électeurs du 7 juin dernier vous l'ont fait savoir sans ménagement !

Soyez sans crainte, comme je dispose de votre livre, Esquisse d'une philosophie du mensonge,  contrairement à vous, je ne manquerai pas de vous fournir tous les arguments philosophiques montrant que vous n'avez rien compris à LA Vérité éternelle absolue, même si je dois vous reconnaître une certaine connaissance de la philosophie présocratique Ceci ne vous a pas empêché, toutefois, de montrer que vous n'avez pas véritablement saisi l'Idée des idées de Platon, puisque vous en faites un précurseur du Christ : - peut-être celui considéré à tort comme le fondateur d'une religion, mais pas le mystique authentique parlant du UN absolu, le Père, exactement les « vrais » philosophes - donc, sans tomber dans un « dualisme » superstitieux, antiphilosophique !

Je ne m'engage pas, toutefois, à vous faire parvenir rapidement mon analyse, car il y a tant de contre-vérités et d'incompréhensions, philosophiquement parlant, que pour vous répondre je devrais écrire un ouvrage aussi volumineux que le vôtre, comme en témoignent les innombrables annotations sur la partie déjà lue, lesquelles nécessiteraient autant de remises en question explicatives, à chaque pas.

D'ici-là, ne vous gênez surtout pas, puisque vous disposez d'un hebdomadaire à succès, pour continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, tout en faisant la sourde oreille à la voix de LA Vérité absolue ainsi qu'à celle de ses grands diseurs universels - pour mémoire : Socrate, Platon, le Christ, Giordano Bruno, Spinoza et Brunner, entre autres. Certes, il vous en faut davantage pour ébranler vos croyance superstitieuses, et comme déjà dit, c'est un reproche que vous ne pouvez pas m'adresser, puisque j'attends toujours, depuis plus de dix ans, votre premier argument contraire «  sur le fond » aux dizaines de pages déjà envoyées.

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.


P S : Personne ne vous demande de vous suicider, mais le monde aurait beaucoup à gagner si les « menteurs » acceptaient de confronter leurs opinions relatives et partisanes à LA Vérité absolue qui suffit à les invalider, toutes sans exception, dans leur prétention à exprimer l'Absolu, la réalité ou Vérité absolue !  


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