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Nabucco : 4 pays européens et la Turquie signent un accord

Publié le 13 juillet 2009 par Theatrum Belli @TheatrumBelli

Les dirigeants de 4 pays européens et de la Turquie ont signé lundi à Ankara un accord sur le projet de gazoduc Nabucco, qui réduira la dépendance de l'Europe vis à vis de la Russie, mais des questions subsistent sur le financement et l'approvisionnement.

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Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a signé l'accord, ainsi que les Premiers ministres de l'Autriche, de la Bulgarie, de la Hongrie et de la Roumanie.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, était présent, pour signifier l'importance de ce projet.

Nabucco, qui est soutenu par les Etats-Unis, prévoit la construction d'un gazoduc pour transporter graduellement jusqu'à 31 milliards de m3 de gaz par an en provenance d'Asie centrale notamment vers l'UE, en passant par la Turquie et le sud-est de l'Europe.


Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, le président géorgien Mikheïl Saakachvili, un représentant de l'Azerbaïdjan et l'émissaire spécial américain pour l'énergie en Eurasie, Richard Morningstar, avaient fait le déplacement.

La Géorgie est un des points de connexion possibles du gazoduc, avec l'Irak et la Syrie. L'Azerbaïdjan doit fournir une part importante du gaz.

Un quart du gaz naturel utilisé en Europe provient actuellement de Russie. Un différend entre la Russie et l'Ukraine, point de transit essentiel, a déjà gravement porté atteinte aux approvisionnements vers l'Europe.

Nabucco, lancé en 2002, devrait entrer en service en 2014. Son coût est estimé à 7,9 milliards d'euros. Deux banques européennes se sont déclarées prêtes à financer le projet, mais les analystes ont des doutes quant à la capacité de réunir les fonds suffisants, du fait de la crise.

M. Erdogan a souligné avant la signature que "le travail n'est pas terminé avec la signature, au contraire, il commence". Cet accord "est un résultat très significatif... (mais) il faut reconnaître qu'il y a encore beaucoup de travail à faire", a déclaré M. Morningstar.

Le Turkménistan, qui dispose d'importants gisements de gaz, a apporté un précieux soutien à Nabucco vendredi en annonçant être prêt à s'y associer. Les Européens attendent encore l'accord de pays-clés comme le Kazakhstan ou l'Ouzbékistan. L'Azerbaïdjan sera un des principaux fournisseurs, mais n'a pas assez de gaz pour remplir seul le tube. Bakou et Moscou viennent par ailleurs de signer un accord pour l'achat de gaz azerbaïdjanais.

Le projet Nabucco est aussi en concurrence avec un autre projet de gazoduc, South Stream, développé par le géant russe Gazprom et l'italien ENI qui doit relier la Russie à la Bulgarie, par la mer Noire.

Nabucco acheminera du gaz d'est vers l'ouest et, selon l'accord, d'ouest vers est, a expliqué le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs au journal turc Hürriyet Daily News. Cette disposition technique "permettra de fournir du gaz à la Turquie en cas de crise" à partir du réseau européen, a-t-il précisé.

M. Erdogan, dont le pays veut adhérer à l'Union européenne, a déclaré que le gazoduc "va mettre la Turquie dans une position importante""pourrait ouvrir la porte à une nouvelle ère dans les relations entre la Turquie et l'UE, et au delà". concernant la sécurité énergétique de l'Europe, et va aider son pays dans ses efforts pour rejoindre l'UE. M. Barroso a estimé que le projet

La signature de l'accord sur Nabucco a été reportée à plusieurs reprises, la Turquie, pays pauvre en énergie, exigeant 15 % du gaz transporté par le tube. Ankara a finalement renoncé à cette demande.

Les compagnies actionnaires du projet sont OMV (Autriche), Botas (Turquie), Bulgargaz (Bulgarie), MOL (Hongrie), Transgaz (Roumanie) et RWE (Allemagne).


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