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Pourquoi j'meurs tout l'temps - Anaïs Airelle

Par Venise19 @VeniseLandry
Pourquoi j'meurs tout l'temps - Anaïs AirelleCe mois-ci, la Recrue fait diversion du roman avec ce récit, écrit par une jeune de 21 ans qui se décrit comme une « aide-soignante, spécialiste des petits boulots précaires et des plans foireux ». Les SDF, le sujet m’interpelait. On a tous frayé un jour avec un sans abri, sans vraiment arriver à percer leur mystère de leur errance. J’ai entrepris ma lecture avec le désir de traverser une frontière, voir plus clair dans ce monde. Je voulais les comprendre ou en tout cas, mieux les comprendre.
L’histoire de la Petite se divise en 12 mois qui s’égrène en jours, certains mois dépassant le « 31». Jetant ce regard sur le monde civilisé : « Un monde psychotique les abreuve de divertissements, de loisirs et d’abondance matérielle. Prisonniers de murs qu’ils n’ont même pas choisis, condamnés à ne connaître que la couleur du béton et les cent milles luminosités cathodiques du petit écran, hypnotisés, lavés, aseptisés, domestiqués ... », il ne faut pas se surprendre que sous cette lueur, la Petite n’a qu’une envie : fuir. Aller ailleurs. Elle part donc à la recherche d’un monde meilleur qui la mènera jusqu’en Europe. Y est relaté son expérience dans diverses communautés, par exemple à Grandlarge, ce village près d’Avignon où elle a séjourné le plus longtemps, un avril de 53 jours.
J’ai eu de la difficulté à avoir de la compassion pour la Petite. Cela m’aurait été bien utile pour m’attacher de plus près à son périple. Déjà, de la désigner « Petite », entraine une surabondance de « elle marche, elle parle, elle quitte, elle gueule ». Cela donne un recul, voulu j’imagine, mais en même temps, une froideur. J’ai préféré les paragraphes en italiques, au « je », même si assez souvent il répétait le même propos en d’autres mots. Avec un « je » soutenu, il me semble que j’aurai mieux connecté sa douleur, son mal de vivre. Au lieu de quoi, je ne l’ai pas vécue, seulement soupesée. Pensée. Assez, que j’ai perçu la petite comme un être fort, tout, excepté vulnérable.
Est-ce seulement une question d’attentes déjouées ? Préparée à sentir le souffle d'Anaïs Airelle pour ce récit touchant à tant de sujets hautement émotifs, j’ai plutôt vécu un planage au-dessus de la désespérance de nombre de paumés, plus convaincue que jamais que leurs règles ne sont pas plus humaines que dans le monde civilisé.
J’ai par contre beaucoup apprécié l’épilogue, l’auteure se met à nu avec une grande simplicité.
C'est ma perception. La journée de La Recrue, c'est le temps ou jamais, de vous connecter à la diversité d'opinions, et pour un récit, elle sera probablement importante... cliquez ici.

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