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Soirée autour des liquoreux à Toulouse

Par Eric Bernardin

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Il y a un mois environ, un lecteur du blog m'a demandé si cela m'intéresserait de faire une initiation aux vins à quelques toulousains en soif de connaissance. Je ne savais pas trop à quoi je m'engageais, mais je n'ai pas dit non. J'ai proposé à Laurent (oui, celui-ci) de faire une soirée avec un cépage blanc et un cépage rouge. Mais il m'a demandé si je ne pouvais pas faire une soirée autour des liquoreux. J'en ai pas mal en cave, alors j'ai dit "chiche", même si j'ai trouvé cela curieux de le faire en plein mois de juillet ! Et ainsi, je suis parti samedi dernier vers la ville rose, ma besace pleine de bouteilles aux reflets dorés...

Je suis arrivé en milieu d'après-midi, ce qui m'a permis d'aider Laurent à terminer les préparatifs pour le repas. Il faut croire que ce garçon manque d'imagination puisqu'il n'a fait que des recettes parues dans mon blog ! Mais bon, ça signifie juste qu'il a bon goût ;o)

Nous ne voyons pas le temps passer. 20h00 arrive vite et voilà les premiers invités qui arrivent. Il y en a de tous les âges et n'ont qu'un seul point commun : ils ont tous l'air sympa ! Il y a même un couple de quebécois. Du coup, mon initiation prend un tour international : ça ne rigole plus...

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Nous avons commencé la soirée avec un Vouvray tradition "silex noir" 2007 de François Pinon. Celui-ci ne contient que 15g de sucres résiduels que l'on ne sent qu'à peine. L'idée était de montrer que gamme des vins sucrés était large. Son nez d'une grande netteté marie le floral et le minéral (le silex, évidemment). La bouche est à la fois ample, sphérique, avec une fine acidité tranchante qui lui apporte une colonne vertébrale. C'est long, tendu et élégant, avec une légère douceur en finale, à peine perceptible. Ce vin est déjà très beau et promet d'être encore meilleur dans les 15 prochaines années !

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Nous avons continué sur un Riesling GC Kircherg de Ribeauvillé VT 2000 de Louis Sipp. Rien que le nez sur des notes de miel, de fruit mûrs et de cire a beaucoup plu. La bouche d'une suprême élégance, élancée et aérienne a fait le reste. Ce vin a vraiment fait l'unanimité. Je pense que peu de personnes dans l'assistance avaient vécu jusque là une aussi belle expérience avec ce cépage, souvent trop acide et réservé à la choucroute :o(

Avec ces deux vins, était servie une verrine à base de lait de coco, concombre et crevette inspirée de cette recette ci.

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Venait ensuite un Jurançon moelleux 2007 de Lapeyre. Nous montions un peu en sucre résiduel, mais cela restait très frais, vif et digeste. Il avait seulement le tort de passer après le riesling et paraissait plus "brut". Perso, j'ai beaucoup apprécié sa franchise, son fruité et son peps. Et c'était parfait avec le foie gras servi avec qui n'a aucune chance de l'alourdir...

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Dans une volonté d'éclectisme, j'ai servi juste après une Ultime Récolte 2006 de Jeff Carrel (100% viognier du Minervois). Un nez beaucoup plus floral, mais aussi de fruits jaune (pêche, abricot). Une bouche, ample, pure, cristalline, longue, le sucre n'apparaissant que dans la finale, fraîche et nette. Difficile de croire que l'on dépasse les 100g/litre de sucre résiduel.

Le foie gras était demi-cuit et servi avec des pétoncles grillés, le tout saupoudré de ce mélange cardamome/badiane. Un grand succès !

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Il y a eu ensuite une petite pause avec une version toulousaine du Capuccino morille et foie gras. La lumière n'étant pas terrible ce soir-là, je remets la photo prise il y a deux semaines chez Véro. Restait le problème de l'accompagnement. Laurent n'avait aucun Chardonnay en cave. Nous nous sommes rabattus sur un Inattendu 2007 du clos de Gravillas (Grenache gris centenaires). Le mariage n'était pas parfait, mais c'était bien agréable d'avoir un petite pause non sucrée. Car maintenant nous attaquions les vins plus liquoreux...

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Le premier est une rareté : l'Ille 1998 du Domaine de Ravanès (Languedoc, 100% Ugni blanc botrytisé). Le nez est sur les fruits secs (figues, abricots sec, raisin, datte) et les épices. La bouche est à la fois moelleuse et munie d'une bonne acidité. Au final, un vin bien équilibré, avec une belle longueur.
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Le deuxième ne laisse jamais indifférent : c'est le coteaux du Layon "pavillon" 1998 de Philippe Delesvaux. Son nez sur le coing, la tourbe et le schiste. La bouche est riche, suave, mais d'un bel équilibre. Le chenin dans une de ses plus belles expressions.
Ces deux vins était servis avec un tajine aux fruits secs que j'avais amené de Bergerac.

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Sur les fromages (bleus, brebis, chèvres, époisses), nous buvons encore quelques liquoreux...

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Château de Monbazillac 2001 : une belle intro au Monbazillac dans un grand millésime. Nez sur les fruits secs et l'encaustique. Bouche suave, élégante, d'une belle complexité aromatique. Finale d'une belle longueur.

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Château Tirecul la Gravière 2004 : nez sur l'écorce d'orange et les fruits exotiques. Bouche tendue, longue, avec une matière soyeuse et gourmande, plus intense que le précédent.

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Puis est servi un vin en carafe afin que les invités ne sachent pas ce qu'ils dégustaient : nez de fruits confits, d'épices, avec des notes d'élevage bien présentes. Bouche ample, riche, sauve et complexe, avec une grande intensité aromatique (mais avec du bois également présent). Finale très persisitante. Plusieurs pensent que c'est un Sauternes, mais personne ne prononcent celui du château : Yquem 1991.

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Nous finissons les liquoreux avec la Cuvée Madame 2001 : un nez très expressif sur la confiture d'abricot et l'écorce d'orange. Une bouche très suave (trop pour certains), très bien équilibrée par une fine acidité qui étire le vin en longueur. C'est complexe, très riche, changeant ... et déroutant (il ne plait pas à tous).

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Pour finir, une "farandole de dessert". Dont des coulants en chocolat à la cerise que j'avais confectionnés avant de partir (mais cuits sur place). Ils ont été servis avec un Maury Vintage 2001  du Mas Amiel. Nez sur le chocolat, la cerise, et quelques notes épicées. Bouche mûre, veloutée, intensément fruitée, avec une sensation sucrée discrète. Le changement de style de vins, de couleur, a quelque chose de rafraîchissant.

Ainsi se terminait cette soirée très sympa, où nous avons beaucoup échangé : sur les liquoreux, bien sûr, mais aussi les vinifications en général, la bio, les accords mets & vins... Et ça nous a tous donné envie de nous revoir :o)

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Merci à Laurent et à sa famille pour leur accueil !

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