Heureusement, la solution est à portée de main, et pas besoin d'une prescription médicale pour prendre un roman de Simenon - il en a tant écrit qu'il y en a toujours bien un qui traîne ici ou là.
Ces derniers temps, je suis d'humeur sereine, le sang fluide et le cerveau solide. Je lis. J'ai quand même pris un Simenon que je ne connaissais pas, Monsieur La Souris, histoire de rechausser des vieilles pantoufles confortables, de se poser devant un tableau souvent scruté, d'enlacer la femme aimée... (Bon, j'exagère peut-être un peu, mais ce qui compte, c'est le plaisir, non?)Plaisir il y eut, une fois encore, magique comme la lumière qui jaillit quand on appuie sur un interrupteur - sauf quand l'ampoule est grillée, et il est vrai que tous les romans de Simenon ne produisent pas l'étincelle espérée. Mais souvent, très souvent. J'ai aimé ce clodo qui a une allure folle, dont la vie aurait pu être tout autre s'il n'avait trop aimé les femmes, et qui poursuit un rêve auquel le hasard pourra peut-être donner forme, si le coup de pouce qu'il lui donne est suffisant.
Il y a un inspecteur qui suit La Souris comme son ombre, finit par sympathiser avec lui contre toute attente. C'est Paris quand le jour s'enfuit et que des personnages étranges pressent possession des rues. C'est aussi un monde trouble, une image tremblée du réel et la difficulté à rassembler dans le même plan la richesse et la pauvreté.
Humain, bien sûr - la marque de fabrique de Simenon, qui donne l'impression de tout comprendre parce qu'il aurait tout vécu. Alors qu'il n'a pas tout vécu à proprement parler, mais qu'il a tout réinventé, et que c'est encore mieux.
Alors? En panne de lecture? Prenez un Simenon, vous verrez!
