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Les débuts de la Reggae Culture : The Voice of the People

Publié le 11 août 2009 par Etienne Martin
Reggae Culture 1: The Voice of the People
Layin' one on Professor Longhair, Tipitina's, Jazz Fest, New Orleans, LA. May 2007.

A chaque fois que l’on souhaite raconter une histoire, il n’est pas facile de trouver un point de départ à celle-ci.. L’histoire de la musique populaire Jamaïquaine, à ce titre, ne fait pas exception.. En effet, comme tout mouvement culturel populaire, cette histoire est intimement liée à celle des lieux et des populations qui y vécurent. On pourrait ainsi faire remonter le début de notre histoire aux premiers colons et à leurs danses, les quadrilles. On pourrait aussi aller à la recherche des cultures africaines importées durant l’immonde traite triangulaire, transportées dans les soutes des négriers avec l’âme des esclaves. Enfin, il serait aussi intéressant de considérer les musiques des Caraïbes comme le mento ou le calypso. Cependant, cette seule introduction nécessiterait à elle seule une étude complète et, bien que cela soit sans aucun doute passionnant, nous nous contenterons d’une histoire plus humble...

Notre histoire commence donc en Jamaïque dans les années 40, dans le yard d’un liquor store, littéralement, le jardin d’un magasin de spiritueux. Loin de se contenter d’être un simple magasin d’alcool à emporter, le liquor store fait en fait office de bar. Les boissons sont consommées sur place, ou juste à coté, et on y vient pour rencontrer des gens, discuter et échanger. Comme pour tout lieu de ce type, l’animation, en particulier la musique, fait donc ainsi partie intégrante de son attrait. Or, dès les années 40, on voit apparaître des appareils permettant la reproduction de musique enregistrée.

Alors qu’auparavant les animations musicales consistaient en des concerts de Big Band, petit à petit on voit émerger une nouvelle forme d’animation musicale. Tout d’abord il y a la radio, puis les premiers disques audio. On commence alors à consommer la musique enregistrée aux Etats-Unis, le Rythm’n’Blues, le Boogie, le Jump-Jive, etc... Ainsi, notre liquor store se voit doté d’un équipement de diffusion audio: dès le milieu des années 40, la diffusion de musique en plein air se popularise. Commencé avec un simple "poste", généralement un meuble très onéreux permettant d’écouter la radio, puis de lire les premiers microsillon, les premiers "Sound Systems" se développent petit à petit et leurs opérateurs, les "Sound Men", deviennent au fil des ans des acteurs incontournables de la vie populaire Jamaïquaine.

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...dès le milieu des années 40, la diffusion de musique en plein air se popularise

Les premiers sounds

Les sounds men de ces années se prénomment "Tom the Great Sebastian", "V Rocket", "Count Smith the blues buster", ou encore "Sir Nick the Champ". Comme souvent dans les milieux pauvres, la fierté et l’identité jouent un grand rôle dans les mentalités. Encore plus dans le contexte du clivage racial en Jamaïque, qui est encore à cette époque une colonie anglaise. En effet, tout ce qui est foncé, noir est déconsidéré, et les classes moyennes métissées aspirent à la "respectabilité", méprisant toute culture du ghetto. Dans ce contexte, chaque sound appartient à un quartier, représente la fierté de ses habitants. Ceux-ci s’affrontent musicalement alors lors de soirées où l’appréciation du public tient lieu de victoire. Chacun vient alors soutenir son quartier, son sound. De plus, ces sounds sont alors classées selon leur popularité, avec une hiérarchie, des sounds de première, seconde zone, etc... A cette époque, le roi des sounds est alors sans conteste "Tom the Great Sebastian".

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Un Sound System

La musique jouée à cette époque dans les premiers sound systems est alors purement américaine. Les disques étant produits aux Etats-Unis, il s’agit alors pour les sound men de trouver les disques qui auront le plus de succès potentiel lors des soirées, tout en essayant de faire en sorte que les concurrents ne les connaissent pas. Ainsi, très vite, les étiquettes des disques sont grattées, rayées de manière à effacer les titres originaux et les remplacer par des titres à la gloire du sound possédant le disque, comme "Count Smith Shuffle", "Goodies’ Boogie", etc...

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...les étiquettes des disques sont grattées...

Ainsi, le titre du saxophoniste Willis "Gatortail" Jackson, "Later for the Gator", édité en 1950, fut déniché en 1956 par Coxsone, qui le renomma "Coxsone’s Hop". Ce disque, utilisé comme arme ultime lors de ses clashs musicaux avec Duke Reid, resta 7 ans l’exclusivité du sound de Coxsone, lui assurant de grandes victoires lors des clash musicaux. Cependant, après une recherche de longue haleine, Duke Reid réussi à retrouver le titre original, ainsi que 7 autres tubes de Coxsone, et organisa pour l’occasion une soirée spéciale durant laquelle Coxsone manqua de s’évanouir lorsqu’il entendit son "Coxsone’s Hop" joué par le sound de Duke Reid !

Later for the Gator par Willis "Gatortail" Jackson

Les genre musicaux joués couvrent les styles populaires américains des années 40 et 50. On retrouve donc du Blues, du Jazz, du Rythm’n’Blues et bien sur des crooners. Les artistes correspondants sont, par exemple, Wynonie Harris, un "blues shouter" [1], Jimmy Reed, Louis Jordan, Professor Longhair, Fats Domino, Lloyd Price, Nat King Cole, Dizzy Gillespie etc...

Voici, parmi beaucoup d’autres, quelques titres phares de cette époque:


Bloodshot Eyes par Wynonie Harris

Baldhead par Professor Longhair

Lawdy Miss Clawdy par Lloyd Price [2]

It’s now or Never par Elvis Presley [3]

En plus des morceaux, les sound systems se livrent aussi à une concurrence acharnée à celui qui aura la sonorisation la plus impressionante. Ainsi, ceux-ci jouaient souvent dans des lieux proches, et le but était alors de capter le plus de public possible par rapport à son concurrent. Les premiers systèmes d’amplification par bande, séparant les basses fréquences eurent ainsi un grand succès. Les enceintes étaient d’ailleurs souvent montées à la main par les sound-men, et décorées à la gloire du sound. Plus celles-ci étaient massives, plus le sound impressionnait. Une anecdote raconte d’ailleurs l’histoire d’un sound-man se rendant chez un vendeur spécialisé dans les équipements pour la Marine à Miami, afin de se renseigner sur l’achat d’un haut-parleur servant à signaler la position des navires par temps de brouillard. Et le sound-man de demander, devant le vendeur médusé, se disant bien que ce client n’a pas grand chose à voir avec un marin: "Ton truc là, il encaisse 2.000 Watts ?"

La deuxième génération

Ainsi se développent les sound systems Jamaïquains dans les années 40 et 50. A partir de la deuxième moitié des années 50, une nouvelle génération de sound-men va alors faire son apparition, et avec eux s’écriront les pages les plus fameuses de l’histoire des sounds. Nous allons donc tenter de retracer une partie de cette histoire, en commençant par les personnages principaux.

Duke Reid

Arthur "Duke" Reid était un ancien policier de West Kingston. Préoccupé probablement par sa longévité, mais, surtout, après que sa femme ait gagné une grosse somme à la loterie nationale, il décide d’ouvrir, justement, un liquor store sous le nom de Treasure Isle liquor store. Après avoir patrouillé pendant des années, il s’installe donc dans ce même quartier et se lance dans le business. En plus du magasin, Duke Reid sponsorise une émission de radio, Treasure Isle Time, qui diffuse du Rythm’n’Blues.


My Mother’s Eye par Tab Smith, générique de l’émission Treasure Isle Time

Comme expliqué précédemment, Duke Reid finit donc logiquement par lancer son propre sound system, Duke Reid the Trojan. Les raisons qui l’ont poussé à se référer aux compagnons d’Achile sont controversées. Certains se réfèrent au modèle de camion qu’il utilisait pour déplacer son matériel, tandis que d’autre invoquent l’invincibilité des Trojans.

Toujours est-il, qu’en plus de lancer son sound system, Duke Reid recrute aussi. Et comme il connaît très bien les voyous du coin, qu’il a eu maintes fois l’occasion de rencontrer lorsqu’il patrouillait, il sait très bien s’entourer... Et, bien entendu, cette main d’oeuvre ne fait pas que déplacer des enceintes... Leur mission concernait plutôt l’anéantissement — au sens propre cette fois-ci — des sounds concurrents...

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Duke Reid

Ainsi, les sbires de Duke Reid s’attellent à cogner, casser, débrancher, défoncer les baffles etc. Les danse crasher, comme le chanta plus tard Alton Ellis. Duke Reid lui-même ne s’affichait jamais en public sans deux colts à la ceinture, et quelquefois un fusil sous l’épaule, et des cartouches en bandoulière. De plus, il s’affichait en soirée avec une cape et une couronne, et se faisait porter par sa troupe, symbolisant sa royauté: le roi des sounds.

Coxsone Dodd

Clement "Coxsone" Dodd, lui, au contraire, est un personnage plus timide. Au début des années 50, il aide sa mère qui tient, elle aussi, un liquor store. Grand amateur de Jazz, il savait distraire les clients en passant des morceaux de Charlie Parker, Coleman Hawkins, Dizzie Gillepsie etc.

Plus tard, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il s’expatrie aux Etats-Unis afin de gagner un peu d’argent en tant que travailleur saisonnier en coupant de la canne à sucre. Ces séjours furent alors l’occasion de ramener du matériel et des disques aux sound-men du pays.

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Clement "Coxsone" Dodd

Rapidement, Coxsone se lance alors dans sa propre activité. Après quelques voyages, il acquiert le matériel et les disques et lance son sound-system, le Sir Coxsone’s Downbeat. Son surnom, "Coxsone", est un reste de ses prouesses au criquet, Coxsone étant un célèbre joueur anglais de ce jeu après-guerre.

Prince Buster

Prince Buster arrive un peu après les deux précédents personnages. En fait, c’est un ancien homme de main de Coxsone. En effet, afin de se protéger des sbires de Duke Reid, Coxsone recrute des acolytes. Ainsi, l’histoire raconte que Coxsone rencontra Prince Buster alors qu’il poursuivait, le couteau à la main, un des sbires du Duke Reid, pour une histoire de dette au jeu...

Prince Buster travaille donc d’abord avec Coxsone. Homme de main, d’une part, il n’a jamais froid aux yeux, et, en tant qu’enfant du ghetto, connaît parfaitement les autres voyous, qui le respectent. Cependant, Prince Buster a aussi un très bonne oreille. Coxsone l’emmenait ainsi dans les sounds concurrents, où Prince Buster tentait de retrouver les titres des disque diffusés.

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Prince Buster

Cependant, mal payé par Coxsone, il finit par se lasser et, après avoir emprunté à droite à gauche, lance lui aussi son sound-system, qu’il appelle Voice of the People. Au passage, il débauche le DJ de Coxsone, Count Machuki, lui aussi lassé. Count Machuki étant à cette époque très connu, sa célébrité permet alors au sound de Prince Buster d’entrer assez vite dans la cour des grands.

L’émergence d’une musique locale

Tandis que les sound system se développaient en important de la musique américaine, un mouvement musical proprement Jamaïquain se met petit à petit en place. De ce mouvement émergera une musique locale, reflétant la culture locale. Nous allons maintenant tenter d’en esquisser les grandes lignes...

Vere Johns Opportunity Hour

Bien avant la Star Academy sur TF1, beaucoup de jeunes Jamaïquains révaient d’avoir une carrière de chanteur. Et ces rêves passent alors par des concours de chant organisés dans des salles de concert locales. Le plus connu de ces concours est alors le Vere Johns Opportunity Hour .

Vere Johns fut un personnage très influent de la musique Jamaïquaine durant la seconde moitié des années 50. Il tenait une rubrique musicale quand le quotidien The Star, où il faisait et défaisait les réputations et carrières des artistes locaux. Il organisait aussi des concerts à l’occasion de matches de boxe, ou encore pour les festivités du nouvel an.

En plus de cela, Vere Jones organise des compétitions de chant, qu’il rediffuse aussi à la radio, sous le nom de The Vere Johne Radio Show Knocks. Réussir ce concours était, pour les jeunes chanteurs, une garantie d’accéder à une reconnaissance, et beaucoup de futurs grand artistes s’y sont retrouvés, comme Derrick Harriot, Desmond Dekker, Alton Ellis ou encore The Wailers.

Comme pour les sound system, la concurrence est rude. On y amène ses amis comme soutiens, et le gagnant est désigné à l’applaudimètre. On trouve même des mercenaires prêts à hurler pour un candidat en échange de quelques dollars. Et, bien entendu, ces mercenaires savaient vendre leur voix à plusieurs candidats, afin de maximiser les profits ! Derrick Harriott raconte d’ailleurs avoir dû partager ses gains avec de parfaits inconnus qui lui sautaient dessus à peine sorti, se targuant de l’avoir acclamé et réclamant un pourcentage en échange !

Ainsi, même si le show business en était à ses balbutiements à cette époque, et que, finalement, les carrières des lauréats se limitaient à une notoriété locale, ces concours étaient l’unique moyen pour un jeune aspirant à devenir artiste de pouvoir être reconnu.

Cependant, les gains engrangés par ces jeunes chanteurs allaient pouvoir être réinvestis dans l’enregistrement de leurs compositions, ceci grâce aux premiers studios qui ouvraient eux-aussi à cette époque...

Les premiers disques locaux

Les premiers disques produits en Jamaïque dans les années 50 étaient des disques d’acétate. Ces disques, utilisés par exemple pour produire une copie à la sortie d’un studio d’enregistrement, sont gravés à la volée sur un matériau vierge, contrairement aux disques industriels qui sont pressés à partir d’une matrice. Bien évidemment, ils sont très fragiles, et, surtout, ne se prêtent pas du tout à une production de masse.

Un peu plus tard, des licences sont accordées à des maisons de disques locales, qui reçoivent alors des matrices venant des Etats-Unis afin de produire des pressages locaux de disques américains.

Enfin, des studios d’enregistrement primitifs se mettent en place dès 1949, en particulier celui des frères Ken et Richard Khouri [4], le Motta Recording Studio. Le matériel nécessaire à la production d’une matrice de pressage étant lourd et onéreux, les bandes sont alors envoyées en Amérique afin de produire les précieuses matrices.

Les enregistrements produits à cette époque sont surtout destinés à des titres de Calypso ou de Mento, principalement destinés à être vendu aux touristes comme souvenirs de leurs vacances paradisiaques en Jamaïque. La musique populaire, elle, est parfaitement déconsidérée, et l’on pense alors qu’elle ne vaut pas un clou.

Les sounds s’en mèlent

Alors que la concurrence entre sound systems fait rage, il s’opère, au cours de la fin des années 50, une sission entre l’évolution de la musique américaine et les goûts du public local jamaïquain. Les témoins de cette époque expliquent qu’apparement, les styles musicaux émergeant alors des Etats-Unis commencent à ne plus suivre les envies du public. Les sound-men sont alors contraints de se tourner vers les jeunes talents locaux qui, justement, peuvent enfin investir l’argent gagné dans les concours de chanson dans des enregistrements.

D’autres témoignages racontent aussi que les sound-men s’aperçurent à cette époque que les titres qui plaisaient le plus au public étaient ceux dont le style était le plus proche de la culture jamaïquaine, les incitant ainsi à trouver de nouveaux tunes localement, toujours dans le but d’emporter le public face aux sound concurrents.

Toujours est-il que les sound-men se mettent alors à louer les studios et à enregistrer des artistes locaux. Le premier à faire ainsi est Duke Reid, qui réunit des musiciens de big-bands de jazz et les emmène enregistrer dans le studio des frères Khouri.

La concurrence faisant rage, Coxsone et Prince Buster suivent alors le mouvement et enregistrent eux-aussi leur propres morceaux. Un des morceaux les plus célèbres de cette période est alors enregistré par Theophilius Beckford et s’intitule Easy Snappin’.


Easy Snappin’ par Theophilius Beckford

Un peu plus tard, Coxsone ouvrira ses propres studios, et on retrouve aussi des titres très intéressants pour cette période sur le premier album qu’il produira, All Star Top Hits.


Jeannie Girl par The Charmers

Don Cosmic par Don Drumond

The Voice of the People

Cependant, toute locale que soit la musique produite par ces permiers enregistrements, elle reste une forme locale de musique américaine. Il manque en effet aux morceaux présentés plus haut une note proprement jamaïquaine, quelque chose qui soit le signe du lancement d’un nouveau genre de musique. Et c’est clairement Prince Buster qui sera le premier à lancer ce mouvement !

Petit, Prince Buster assistait aux cérémonies religieuses rasta, et a été fortement marqué par les percussions Nyabhingi, style utilisé lors des cérémonials rasta [5], et en particulier par le très connu Count Ossie, qui dirige alors une troupe de percussionistes rasta.

Ainsi, lorsque Prince Buster se lance dans l’enregistrement de ses propres chansons, il a l’idée géniale d’inviter Count Ossie à participer aux séances d’enregistrement. Il loue alors les studios de la Jamaican Broadcasting Company, avec le pianiste Owen Gray, le choriste Skitter, Count Ossie, ainsi que les trois chanteurs des Folkes Brothers, John, Eric et Mike.

Cependant, Duke Reid, ayant découvert cela, s’empresse de graisser la pate des employés du studio, et Prince Buster, entrant dans le studio, découvre Duke Reid en pleine séance d’enregistrement. Furieux, il emmène alors toute sa troupe s’entasser dans une pièce à l’étage, grande comme un placard.

La séance est alors éléctrique, Count Ossie ne pouvant sentir les Folkes Brothers, et ceux-ci étant si nerveux qu’il n’arrivent pas à chanter correctement, alors que Prince Buster était furieux de s’être fait doubler par Duke Reid.

Au final, la séance, qui dure alors plus de huit heures, accouche de trois morceaux, et, en particulier du morceau Oh Carolina. Et, malgré, ou peut-être grâce à l’atmosphère éléctrique, ce morceau contient quelque chose de nouveau, un son fortement différent de ce qui s’était alors fait auparavant...

Ainsi, lorsque Count Machuki fait écouter pour la première fois la chanson au public, lors d’une soirée en pleine rue, et alors que Duke Reid tient son sound à deux blocs, dès que les tambours retentissent, le public afflue immédiatement, à tel point qu’au bout d’un quart d’heure il n’y a plus personne au sound de Duke Reid !


Oh Carolina

Quand on écoute rétrospectivement Oh Carolina, il saute immédiatement aux yeux que la musique jamaïquaine a en effet fait un grand bond en avant vers la production d’une musique proprement locale. D’une part, les tambours rasta font un écho profond au public : le mouvement rasta, en pleine éclosion à cette époque, était quelque chose de très populaire, et dont la musique n’avait jamais encore été écoutée dans un sound. D’autre part, le rythme de la chanson possède quelque chose de nouveau. Alors que la mesure est marquée de manière similaire au Rythm’n’Blues américain, ces marques ne sont plus disposées sur les temps mais en syncope, sur le contre-temps: le style Ska était né !

Pour approfondir.

Cet article se base presque essentiellement sur les 3 premiers chapitres du livre Bass Culture, écrit par Lloyd Bradley et édité, en Français, par les édition Allia. Ce livre est une référence absolue sur ce sujet et est recommandé à tout lecteur qui souhaite approfondir sur ce sujet. Il est disponible dans toute bonne crémerie.

Enfin, le label Stateside, hebergé par la maison de disque EMI a produit une compilation intitulée But Officer ! dont le but est de rassembler les morceaux passés en sound-system avant l’arrivée du Ska. Bien qu’un peu décevante, cette sélection à le mérite de permettre de commencer une recherche des artistes et morceaux en vogue à cette époque !

Notes

[1] Avant l’utilisation de microphone et d’amplificateur, les blues shouter devaient chanter par dessus l’orchestre, un big band, ce qui demandait un important coffre au chanteur..

[2] Chanson reprise plus tard par Elvis Presley

[3] Reprise de "O Sole Mio"

[4] A ne pas confondre avec le Richard Cory du poème de Edwin Arlington Robinson, mis en musique par Simon and Garfunkel et repris plus tard par les Heptones

[5] Ceci sera aussi traité dans un prochain article


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LES COMMENTAIRES (1)

Par kalpige
posté le 13 avril à 17:23
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excellent "dossier"! Mais où est la fin de cette étude?

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