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Séraphine

Publié le 12 octobre 2008 par Lysianerakotoson
Séraphine
Martin Provost met à l'écran la vie de la peintre Séraphine de Senlis, dont les oeuvres sont exposées au Musée Maillol depuis le 30 septembre. Le film est remarquablement interprété par Yolande Moreau et Ulrich Tukur (Amen, la Vie des autres notamment).
1912. A Senlis, un Wilhem Uhde, un prestigieux collectionneur et découvreur du douanier Rousseau, vient s'installer quelques temps dans un appartement de la ville, loin de Paris. Un soir, contraint de dîner avec des amateurs d'art qui considèrent "qu'aujourd'hui les gens ne savent plus dessiner" et qui prétendent reconnaître une véritable oeuvre d'art, il tombe sur un petit tableau peint par Séraphine. Séraphine, femme de ménage, un peu simplette, résistante à la tâche, et surtout très croyante: elle affirme que ce sont des anges qui lui ont demandé de peindre. Wihlem reconnaît en elle une femme de génie et l'invite à poursuivre son travail. Un travail passionné, qu'elle porte tant bien que mal en créant elle même ses couleurs: du sang pour le rouge, des fleurs, de l'herbe, pour le jaune, le marron... Ses tableaux prennent alors des teintes étranges, des textures singulières. Le collectionneur, visionnaire, se battra jusqu'au bout pour faire reconnaître le talent de cette femme. Ils seront séparés par la première guerre mondiale, la crise de 1929 réduira à néant les espoirs d'organiser une exposition des oeuvres de Séraphine. La femme sombre peu à peu dans la folie et ses oeuvres en témoigne: elles sont d'une force et d'une étrangeté à couper le souffle. Comparée à Van Gogh, elle finira pourtant dans un hôpital psychiatrique, seule, sous un arbre.
Le film est un bel hommage à une artiste méconnue mais aussi à un collectionneur véritablement amoureux de la peinture et qui s'est battu pour faire valoir des chefs d'oeuvre. Le film reste une biographie et ne prétend aucunement interpréter l'oeuvre de Séraphine. Il fait cependant le premier pas, le plus important: celui de la reconnaissance.
Yolande Moreau porte son personnage de manière totale, entière. Séraphine est une femme simple, qui vit avec ses mains, touche la terre, étreint les arbres, boîte, sue, travaille... M. Provost nous montre une artiste dans tout ce qu'elle a de plus charnel, de plus profond aussi. Le film évite le piège de l'anecdote ou de la vaine biographie. La réussite est d'avoir fait un film sur l'art, sur une artiste et son incarnation.

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