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Motets d'Henry du Mont : grandeur et plénitude

Publié le 08 octobre 2007 par Philippe Delaide

Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé. Un disque qui, de prime abord, ne vous a pas marqué plus que cela. Puis, quelques années après, lorsque vous le réécoutez, alors qu'entre temps l'écoute s'est affinée, l'horizon des découvertes s'est élargi, vient le temps de la révélation.

C'est exactement ce qui s'est produit en écoutant l'enregistrement de grands motet d'Henry du Mont fait par le Ricercar Consort, sous la direction de Philippe Pierlot.

Certes la musique du maître de Chapelle le plus apprécié de Louis XIV peut paraître bien austère. Le paradoxe est que la musique sacrée française du XVIIème siècle a moins été sujette aux influences italiennes que celle de l'Allemagne luthérienne. Dans cette dernière, Heinrich Schütz à Friedrich Buxtehude, en passant par Samuel Scheidt, la lumière du Nord s'irrise d'éclats italiens. Les concerts spirituels, les symphonia sacrae ou les cantates sont marqués par l'expressivité issue des écoles vénitiennes, que ce soit la patte de Caludio Monteverdi ou de Giovanni Gabrieli.

Chez Henry du Mont (d'ailleurs natif de Liège) il n'en n'est rien. Autant les allemands tentent

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d'associer grandeur divine et intimité humaine, d'ajouter couleurs et contrastes, autant chez le musicien de la Cour Royale française, on est dans le registre d'une forme ascétisme et l'élévation vers le divin doit plus se traduire par une certaine plénitude des sonorités vocales et orchestrales mais sans référence aux affects humains.

Philippe Pierlot et son ensemble l'ont bien compris. La tension de la ligne est bien là, toute maîtrisée, mais, surtout, l'espace sonore s'emplit totalement avec des harmonies très riches. Cette musique paraît plus linéaire mais elle est en fait incroyablement savante et complexe.

Des quatre motets, c'est bien le Mater Jerusalem qui m'a le plus marqué. Les solistes entament une première partie avec intériorité et gravité (démarrage par la basse austère et solennelle). Ensuite, vient le choeur ample et admirablement servi par le Choeur de chambre de Namur. Enfin, chaque soliste reprend ses versets avec, le magnifique et vibrant Carlos Mena parmi les intervenants.

Henry du Mont est un compositeur intéressant à découvrir et qui était visiblement soucieux de remplir pleinement l'espace sonore avec une texture vocale et instrumentale dense mais très élégante.

Splendide enregistrement.

Lien direct vers le détail du disque sur le site Ricercar.

Henry du Mont - Grands Motets - Ricercar Consort - Direction Philippe Pierlot  - label Ricercar.


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