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Le syndrome "Nouvelle Star"

Par Jb
bdd361bc7b4b6c09f32009fb26ada6f3.jpg Ma sœur, que je salue au passage, m’a renvoyé récemment aux pages You Tube d’un type que je ne connaissais pas, et qui s’appelle Alex Cornell. Il fait des reprises de chansons connues, comme Lovestoned de Justin Timberlake, Come Home de Back Door Slam Cover, ou bien encore Billie Jean de Michael Jackson.
Les reprises de ce type, tout en étant un poil répétitives, sont tout de même de bon niveau et, surtout, on peut trouver que son jeu de guitare et sa voix sont intéressants. On est donc un peu curieux de savoir ce qu’il donne dans ses propres compositions. On va voir sur sa page MySpace. Et là, enfin en tous cas ce fut mon cas, on est déçus. C’est plat, peu original, plutôt mièvre.
Ce constat m’a amené à une réflexion (j’en conviens d’un intérêt somme toute très relatif).
Je me suis dit que, dans les dernières années, l’émission de M6 A la recherche de la nouvelle star a permis de mettre sur le devant de la scène de jeunes (ou moins jeunes) apprentis chanteurs dont le rôle dans l’émission était précisément de faire des reprises, accompagnés en live par un groupe.
De Nirvana à Claude François en passant par Aretha Franklin ou Britney Spears, certains ont "performé" comme on dit, qu’il s’agisse de Steve Estatoff, Myriam Abel ou, très récemment, Julien Doré.
Pourtant, le concept de l’émission est le suivant : celui qui sera désigné par le public comme la nouvelle star devra ensuite enregistrer un album avec ses propres compositions. Et là, assez souvent, ça ne suit plus : la personnalité originale qu’on pouvait éventuellement sentir poindre dans la relecture de chansons pourtant rebattues semble se dissoudre.
Paradoxe : c’est dans les reprises que nos chanteurs en herbe se montrent les plus originaux, pas dans leur propre album, souvent médiocre. C’est ce que j’appellerais le "syndrome Nouvelle Star", un syndrome dont semble être atteint Alex Cornell (qui a néanmoins le mérite de composer lui-même).
Bien entendu, on pourra rétorquer que la reprise est un art à part entière et qu’après tout, le culte de l’originalité est hérité d’une conception de la musique qui place l’Auteur avec un grand A au sommet de la hiérarchie. J’ai du reste développé cette idée voici peu à travers la chronique d’un livre de Nicholas Cook, j’y renvoie le lecteur.
Je ne suis pas du tout en désaccord avec cette idée, au contraire, mais toujours est-il que nos artistes très bons en reprises se risquent aux compositions personnelles, par conséquent c’est qu’eux-mêmes voudraient marquer la musique de leur empreinte absolument propre.
Il semble pourtant que certains soient destinés à connaître le succès ou à livrer le maximum de leur potentiel artistique plutôt via la réadaptation d’un tube qui n’est pas d’eux. Et ma foi, il est vrai que toute la culture contemporaine, notamment postmoderne, invite au pastiche, au sample, au simulacre.
J’ai ensuite dérivé sur une autre réflexion, qui n’est pas absolument liée à ce sujet premier, mais que je soumets à la sagacité de mes lecteurs. Il concerne plus particulièrement Dominique de Villepin et Lionel Jospin. Ces hommes furent, chacun à tour de rôle, Premiers ministres de la République Française. Ils furent pas mal critiqués et connurent des échecs, dont certains cuisants. Pourtant, les voici tous deux revenus sur le devant de la scène. Et le mordant, la hauteur de vue, la perspicacité qu’ils manifestent tranche presque avec le temps où tout et tous les accablaient. Pour un peu on les regretterait !
C’est un peu comme si, là encore, les images d’une même personne à des moments distincts étaient différentes ; si différentes que l’on a bien du mal à les superposer. Jospin et Villepin, s’ils avaient fait la nouvelle star de la politique, on leur aurait donné le bon dieu sans confession et on aurait attendu avec impatience leur album solo !

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