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On se déplace toujours avec soi

Par Damien Besançon
On se déplace toujours avec soi Une sorte d'intuition patriotique m'a averti que nous étions à Magenta. A cet égard, j'ai un flair de chien, je sens de loin la victoire de nos armes. Sous des moues désabusées, débraillées, plutôt internationalistes, je cache en moi un petite trompette que j'embouche à tout propos. Je deviens de plus en plus cocardier. La peau de mon coeur se change en peau de tambour. Ce que je ne m'explique pas, c'est que j'ai été à même de me comporter en héros, en 1940, et que je n'en ai aucunement tiré parti. Il se peut que mon goût pour l'Histoire de France s'arrête à Napoléon III ; il se peut que je n'apprécie bien que l'Histoire qui a de la bouteille.
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Gallimard, 1950 (repris par Le Dilettante, 2009).

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