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Cinéma: "The inglorious basterds" de Quentin Tarantino

Publié le 22 août 2009 par Paulo Lobo
Un grand moment de cinéma! Le dernier Tarantino est un film extraordinaire qui nous prend dans ses crocs dès les premières images et qui ne nous lâche plus pendant 2h20. C'est du pur Tarantino, drôle, intelligent, mordant, spectaculaire, qui jamais ne verse dans la facilité ou le racolage. Il est maître de son récit, maître de sa caméra, maître de ses acteurs. Le suspense est constant, à chaque plan, à chaque regard, à chaque échange de dialogue, on croit savoir ce qui va se passer, et il y a toujours quelque développement qui est légèrement tordu. J'adore l'art et l'audace Tarantino d'étirer chaque scène sur un mode complètement opposé aux règles des films d'action d'aujourd'hui. "Inglorious Basterds" se compose avant tout de longs face-à-face, souvent autour d'une table et d'un verre (ou d'un dessert), avec des échanges de dialogues qui ont l'air de n'en plus finir et qui pourtant happent notre attention d'un bout à l'autre, jusqu'à ce qu'ils explosent dans une conclusion abrupte et souvent violente. Des dialogues pleins de circonvolutions et de sinuosités qui jouent beaucoup sur la question des langues (et des accents) des différents personnages - un détail normalement dans les films de guerre traditionnels, mais qui ici devient fondamental et déterminant. Deux scènes très longues sont de purs bijoux d'anthologie : la première, bien sûr, 25 minutes d'une conversation qui vire à l'interrogatoire entre le machiavélique Hans Landa (Christoph Waltz) et un paysan français soupçonné de cacher une famille juive. Deuxième scène magistrale, et également très longue, celle de la taverne, sur la rencontre dans une taverne entre le double agent Bridget von Hammersmark (interprétée par Diane Kruger) et les faux soldats allemands.  Comme toujours dans les films de Tarantino, la violence est présente, mais cette fois elle est loin d'être envahissante, elle est latente et prête à bondir, mais la plupart du temps c'est plutôt la comédie et même la farce qui l'emporte. On rit beaucoup, les acteurs s'en donnent à coeur joie, et Tarantino les laisse faire, il n'a même pas peur de caricaturer à mort Hitler et à ses sbires. Sans oublier le personnage déjanté du lieutenant Aldo Raine joué avec délectation par Brad Pitt!Tarantino s'amuse, nous amuse et il fait honneur à l'écran de cinéma avec un cinémascope de luxe. Il rend un hommage direct également au cinéma flamboyant de Sergio Leone et aux musiques magnifiques de Ennio Morricone - le film se termine sur l'une des plus belles rengaines au monde, celle d'Allonsanfan des frères Taviani. Mais il n'y a pas que Ennio Morricone dans la bande-son , il y a aussi des airs extraordinaires de Dimitri Tiomkin ("The Alamo"), de David Bowie ("Cat people"), de Lalo Schifrin ("Kelly's Heroes")."The inglorious basterds", un film jubilatoire qui donne envie d'aimer le cinéma!!   

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