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La Forteresse Noire

Publié le 24 août 2009 par Olivier Walmacq

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Genre : Fantastique

Année : 1984

Durée : 95min

L'histoire : Pendant la seconde guerre mondiale, en Transylvanie, une unité de soldats allemands investit un château, sans savoir que ce château est habité par un mystérieux comte Molasar, en fait une entité lovecraftienne qui va, un à un, tuer les soldats...

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La critique de ClashDoherty :

Echec total à sa sortie, ce film est totalement maudit. Parce que son réalisateur, Michael Mann, qui n'était pas spécialement en odeur de sainteté à l'époque (peu de films, peu de succès, et son film suivant, Le Sixième Sens, sera un bide aussi), l'a vite renié, et a subi moult emmerdes durant le tournage.
Parce que le film a subi les affres d'un remontage de la production, coupant net plus d'une heure de bobine (le film dure 1h35, et aurait du durer presque 3 heures)...
Parce qu'entre l'auteur du roman initial et Mann, ce fut la guerre... Parce que Wally Weever, concepteur des effets spéciaux du film, est décédé pendant le tournage...
Parce qu'il paraît que le film aurait eu un financement assez obscur, Mann ayant été un peu aidé par un truand qui avait collaboré au film Le Solitaire et qui aurait versé de l'argent sale pour que le film continue de se faire... Un peu de tout ça. Comprenez donc en quoi La Forteresse Noire est maudit !

Adapté d'un roman de F. Paul Wilson, qui s'appelle en réalité Le Donjon (The Keep est le titre original du film, le roman a été renommé comme le film par la suite) et n'est pas spécialement remarquable (je parle du livre), La Forteresse Noire avait pourtant tout pour devenir un classique.
Le look de Molasar (conçu par Enki Bilal, après le décès de Weever qui avait déjà commencé à bosser sur Molasar) est culte, superbe, il a vraiment quelque chose d'organique, de lovecraftien, d'ancestral. Les acteurs sont parfaits, et si le casting fait un peu trop 'années 80', il reste vraiment excellent : Gabriel Byrne en salaud SS, Jurgen Prochnow en officier de la Wehrmarcht dépassé par les événements, Ian McKellen en scientifique juif séquestré par les nazis, et seul vrai intermédiaire avec Molasar, Scott Glenn en mystérieux guerrier venu de nulle part pour affronter Molasar, son ennemi de toujours, l'Ennemi avec un E majuscule...

La musique, signée du groupe Tangerine Dream (déjà compositeurs de la musique d'un autre film maudit, Le Convoi De La Peur de Friedkin, et futurs compositeurs d'une partie de la musique d'un autre film maudit, Legend de Ridley Scott, à croire que le groupe était attiré par l'échec commercial), est très belle, ainsi que la photographie le plus souvent bleutée.
Esthétiquement parfait, le film a subi les affres d'un remontage insensé, qui a coupé toute la sève initiale (ceci dit, mis à part la production et le cast du film, personne n'a jamais pu voir la globalité, 3 heures ou presque, du film).
A l'heure actuelle, aucune édition DVD n'existe de ce film, ni chez nous, ni en Europe, ni aux USA. C'est dire le niveau d'insolvabilité du film à Hollywood.
Un bide monstrueux, qui faillit faire couler Michael Mann. Un échec total au niveau commercial, mais pourtant, un film superbe, injustement méprisé, qui transcende et dépasse, malgré les coupes, le roman de Wilson.

Personnellement, j'adore The Keep, et je désespère que ce film sorte en DVD. Ou, plus raisonnablement, mais tout aussi utopique, qu'il repasse un jour à la TV.
J'ai la VHS, je la bichonne comme un mafieux sicilien bichonne le pucelage de sa soeur. Mais tôt ou tard, elle rendra l'âme...

Note : 18/20

La critique de Eelsoliver:

Enorme film de Michael Mann et comme le souligne très justement notre ami Clashdoherty, un film maudit, et pourtant, c'est probablement le meilleur film du réalisateur.
En tout cas, c'est mon préféré. Voilà qui est peut-être plus juste. Incroyable que ce long-métrage fantastique et fascinant, soit passé inaperçu et qu'auncun éditeur ne soit intéressé pour le sortir en dvd.

En vérité, la forteresse noire est surtout une réflexion sur le Mal, et ce n'est pas un hasard si Michael Mann choisit de mettre des officiers nazis à l'épreuve dans une sorte de château mystérieux, habité par un être étrange.
Ces officiers nazis ont pour ordre de ne jamais toucher les croix qui ornent les murs de la forteresse. Mais évidemment, ces derniers commettent l'irréparable.

Ce qui réveille une entité mystérieuse qui va décimer un par un les soldats. Il est clair que la forteresse noire est un film ambitieux.
C'est également une oeuvre complexe, étrange, mais vraiment grandiose, tant par sa mise en scène, que par son aspect visuel.
Après, ça reste un film difficile d'accès mais les amoureux du cinéma seront ébahis par ce film OFNI, véritable curioisité du cinéma.
Indéniablement, un film à part.

Comme je le disais précédemment, ce film porte une réflexion sur le sens du Mal. D'un côté, nous avons cette entité étrange qui exerce une influence sur le héros.
Ensuite, ce colosse (très impressionnant par ailleurs) punit les soldats nazis et les massacre. Qui est la véritable incarnation du mal absolu ?
On pourra citer une des phrases prononcées par un des officiers: "dans les camps, il existe deux portes. Une porte d'entrée, et une porte de sortie. La porte de sortie, c'est la cheminée".

Note: 17.5/20


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