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Univers graphique flambant “neuf” pour scénario de seconde main…

Publié le 24 août 2009 par Boustoune

Dans un futur proche, la Terre a été ravagée par un conflit entre les hommes et les puissantes machines qu'ils avaient créées. Cette fois, Sarah Connor, son fils John et leur pote Terminator ne se sont pas déplacés et l’espèce humaine a été anéantie.
Les machines ont pris le contrôle de cet univers post-apocalyptique. Seule une poignée d’irréductibles gaulois… euh… pouf, pouf… Seule une poignée de petites créatures leur résiste encore, êtres de chiffon, de bois, et de métal fabriqués par un savant juste avant de mourir, à partir d’objets hétéroclites. Mais le rapport de force est inégal. Fragiles, minuscules, ils sont bien incapables de s'opposer aux robots belliqueux, et survivent au jour le jour, cachés parmi les décombres et restant soudés les uns avec les autres, attendant la fin avec une certaine résignation. Mais un jour apparaît l’ultime création du scientifique, le numéro 9. Plus élaboré que ses semblables, il détient la clé de leur survie. Mais pour cela, il faut les convaincre de quitter leur refuge de fortune pour s'aventurer au coeur du royaume des machines…
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A l’origine de Numéro 9, il y a un petit court-métrage d’animation en images de synthèse, d’une durée de dix minutes, juste le film de fin d’étude d’un animateur surdoué, Shane Acker. Un petit bijou qui n’est pas passé inaperçu, puisque 9 s’est retrouvé en lice pour l’oscar du meilleur court-métrage en 2006. C’est ainsi qu’il a été remarqué par Tim Burton. Exalté par l’univers graphique du jeune cinéaste, le réalisateur des Noces funèbres lui a offert de réaliser la version longue de son court-métrage, mettant à son service ses collaborateurs habituels, le compositeur Danny Elfman, la scénariste Pamela Pettler, et de nombreux animateurs…
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Une aubaine pour ce jeune cinéaste qui, fort de moyens financiers plus conséquents, a pu donner libre cours à son imagination et nous plonger dans un univers esthétiquement superbe où chaque détail à fait l’objet d’une attention particulière.
Malgré un design assez sommaire, « 9 » et ses semblables sont rendus étonnamment expressifs par la magie de l’animation, suffisamment « humains », en tout cas, pour que l’on s’attache rapidement à eux.
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Mais ce sont les créatures adverses qui impressionnent le plus, êtres cauchemardesques faits d’os, de métal et de restes de matière organiques : une sorte de chien-squelette particulièrement hargneux, un dragon de métal, un monstre arachnéen… A les voir évoluer dans les ruines de cet univers sombre, apocalyptique, on comprend pourquoi le projet tenait à cœur à Tim Burton, grand amateur de mondes fantastiques effrayants.
Ah oui, autant préciser tout de suite que les plus jeunes des spectateurs risquent fort d’avoir un sommeil agité après la projection de ce film assez terrifiant, qui véhicule de surcroît une vision assez pessimiste du destin de l’Humanité… Parents, vous voilà prévenus !
Les spectateurs les plus impressionnables s’abstiendront donc, pendant que les amateurs de science-fiction et d’animation plus « adulte », eux, apprécieront de s’en prendre plein les mirettes…
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Techniquement, il n’y a rien à dire, c’est du grand art. Malheureusement, si Shane Acker s’est donné beaucoup de mal pour enrichir son bestiaire et la beauté de son petit univers, il a quelque peu délaissé le scénario, se contentant de reprendre la trame de son court-métrage en la rendant un peu plus explicite. Le problème, c’est que si l’histoire était captivante sur une durée de dix minutes, elle l’est beaucoup moins étirée sur une heure vingt. Il aurait fallu l’étoffer avec autre choses que des courses-poursuites et des combats, assez répétitifs, entre les héros et robots. Face à un script prévisible, sans intrigues annexes auxquelles se raccrocher, on finit par se laisser gagner par l’ennui et se désintéresser du sort de Numéro 9 et de ses amis.
Numéro 9 est donc un film terriblement frustrant. On sent qu’il y a eu un énorme travail autour. Sa beauté plastique est indéniable. Mais, faute d’un scénario fort et captivant, on ne rentre jamais complètement dedans. Vraiment dommage…
On se consolera en revoyant ou en découvrant le court-métrage d’origine, 9, bien mieux rythmé. Il est disponible gratuitement sur la toile, en cliquant ici :  9, le court-métrage…
Note : ÉtoileÉtoileÉtoile
Numéro 9

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