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Le PS en ébullition

Publié le 25 août 2009 par Sylvainrakotoarison

(dépêches)
http://fr.news.yahoo.com/80/20090824/tpl-ps-aubry-sous-pression-avant-laroche-7102401.html
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/24/01002-20090824ARTFIG00004-ps-aubry-sous-pression-avant-larochelle-.php
PS : Aubry sous pression avant La Rochelle
Nicolas Barotte et François-Xavier Bourmaud, envoyés spéciaux à Frangy (Saône-et-Loire) et à Marseille
24/08/2009 | Mise à jour : 11:02 | Commentaires  131 | Ajouter à ma sélection
Martine Aubry voulait se concentrer sur le projet socialiste avant d'aborder l'organisation de la campagne présidentielle. Crédits photo : AFP
À la veille de l'université d'été du parti, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont imposé dans le débat la question des alliances et des primaires, que la première secrétaire voulait esquiver.
 
Dure rentrée pour Martine Aubry. À la veille de sa première université d'été en tant que chef du PS, ses opposants l'ont mise sous pression pour qu'elle se prononce sur les deux sujets qu'elle comptait justement esquiver à La Rochelle : le périmètre des alliances du parti et l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012. «Le problème, c'est que tout le monde joue avec la même boîte de cubes mais que tout le monde ne les met pas au même endroit pour commencer le montage», explique Claude Bartolone, l'un des lieutenants de Martine Aubry à la direction du PS.
Les cubes ? Il y en a cinq : la remise du parti au travail, la construction du projet socialiste, la reprise de contacts avec la société civile, les primaires ouvertes et les alliances du PS. Tout le débat qui agite le PS en ce moment consiste à savoir dans quel ordre les assembler pour que la gauche puisse espérer l'emporter sur Nicolas Sarkozy en 2012. Martine Aubry estime avoir d'ores et déjà remis le PS au travail, notamment avec le contre-plan de relance de janvier. Elle comptait sur La Rochelle pour montrer un PS à nouveau en prise avec les chercheurs et les intellectuels pour enclencher la construction du projet. Ce n'est qu'ensuite qu'elle souhaitait se pencher sur les primaires et les alliances. «Quel est le moteur qui donnera une chance à ces primaires de réussir ?, demande Claude Bartolone. C'est bien le projet. Quant aux alliances, après le discours de Marielle de Sarnez à Marseille, il faut qu'une personnalité du MoDem s'exprime à la rentrée pour le confirmer. On ne peut pas avoir d'un côté Mercier qui entre au gouvernement et de l'autre ce type de propos.»
Mais en préemptant la rentrée officielle des socialistes vendredi à La Rochelle, Vincent Peillon a fait de la question des alliances la question prioritaire. D'autant qu'à Marseille, ce week-end, Marielle de Sarnez a fait basculer le MoDem a gauche. Applaudie debout par les militants du courant L'Espoir à gauche, la numéro deux du parti de François Bayrou l'a assuré : «Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose». En l'occurrence, l'«ultrapersonnalisation du pouvoir en place, l'hégémonie et la partialité de Nicolas Sarkozy». Son discours assorti d'attaques contre les bonus des traders ou le comportement des banques ne pouvait qu'enchanter les socialistes. «Je t'avais dit que tu serais bien accueillie, tu en as la preuve. Il faut dire que tu as mis la barre à gauche. Ça va être difficile pour Robert», a commenté François Rebsamen, qui animait les débats, avant de passer la parole à l'ancien leader communiste Robert Hue. Du PC au MoDem en passant par les Verts, avec Daniel Cohn-Bendit, et le PRG, avec Christiane Taubira, la photo de famille réalisée par Vincent Peillon ce week-end à Marseille était en tout cas réussie. Si le courant qu'il anime défend également l'idée de primaires ouvertes à l'ensemble des électeurs de gauche, c'est en revanche Arnaud Montebourg qui a réussi à imposer le sujet au programme de La Rochelle.
Dimanche, à Frangy-en-Bresse, pour sa traditionnelle Fête de la rose, le député de Saône-et-Loire a distribué le rapport rédigé sur le sujet avec Olivier Ferrand, le président de la fondation Terra Nova. «Un brûlot dangereux, plaisante Montebourg, grinçant. Nous avons travaillé pendant quatre mois comme des chrétiens dans les catacombes, sous le pas de la légion romaine.» Mercredi, Ferrand compte lancer un «appel citoyen» en faveur du processus.
Benoît Hamon enfonce le clou
L'objectif est clair : mettre Martine Aubry au pied du mur. «Elle est sous la pression de sa majorité et de ses amis. Il faut qu'elle parle», demande Montebourg, qui menaçait il y a quelques jours de quitter le PS s'il n'obtenait pas gain de cause. «Un dirigeant politique a le droit, de temps en temps, de faire part de son découragement», explique-t-il, en reconnaissant qu'il «n'est pas très heureux» au PS aujourd'hui, faute de combats remportés. «Je suis secrétaire national à la rénovation, pas à la conservation.» Ses proches font part de son agacement. Entre Aubry et lui, les relations sont devenues difficiles.
Mais il n'est pas seul dans son combat. Invité de la Fête de la rose, le porte-parole Benoît Hamon enfonce le clou. Il est favorable à une primaire ouverte aux partis de gauche. «C'est le moyen de choisir un candidat qui soit un candidat sérieux contre Nicolas Sarkozy», explique l'ancien député européen. La présidentielle étant dans trois ans, «il ne faut pas que cela traîne trop» pour décider de l'organisation de la primaire. En aparté, il admet que pour faire avancer l'idée et convaincre les autres partis de gauche, au moins les Verts ou les radicaux, il faut «un peu de doigté et de diplomatie».
À entendre Hamon et Montebourg, ils ne seraient pas loin d'atteindre leur objectif. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est déclaré, samedi, favorable aux primaires, soulignent-ils. «Un consensus est en train d'émerger», assure Montebourg. Il ne lui reste plus qu'à convaincre François Hollande et Laurent Fabius, qui sont réservés ou hostiles, et surtout la première secrétaire, Martine Aubry. Ou alors la question continuera à la poursuivre.
LIRE AUSSI :
» INTERVIEW - «Une primaire à gauche ne peut laisser le MoDem indifférent»
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» Du MoDem au PCF, Peillon se pose en rassembleur
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/22/01002-20090822ARTFIG00356-du-modem-au-pcf-peillon-se-pose-en-rassembleur-.php
Du MoDem au PCF, Peillon se pose en rassembleur
Bastien Hugues (lefigaro.fr), avec François-Xavier Bourmaud à Marseille
23/08/2009 | Mise à jour : 15:09 | Commentaires  277 | Ajouter à ma sélection
Crédit photo : AFP.
Aux ateliers d'été de son courant «L'espoir à gauche», l'eurodéputé socialiste est parvenu à réunir autour de lui des personnalités du MoDem, du PCF, des Verts et du PRG. Une façon de presser Martine Aubry à opérer un tel rassemblement pour les prochaines échéances électorales.
 
De très nombreux photographes pour immortaliser un instant inédit. Samedi après-midi, aux premiers ateliers d'été de «son» courant, «L'espoir à gauche», Vincent Peillon a réussi son pari. Dans les jardins du Pharo, à Marseille, l'eurodéputé socialiste est parvenu à rassembler Daniel Cohn-Bendit (Verts), Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias (MoDem), Robert Hue (PCF) et Christian Taubira (PRG). Petites boutades par ci, sourires généreux par là. Et tous bras dessus bras dessous, pour une grande «photo de famille progressiste». «Jetez-nous des grains de riz !», s'amuse Vincent Peillon, pas peu fier d'avoir gagné son coup en incluant le MoDem dans son ouvrage.
Puis à la tribune, le député européen multiplie les messages à l'intention de Martine Aubry. «A Marseille, un espoir est né», s'enthousiasme-t-il à la tribune, appelant à un grand «rassemblement socialiste, écologiste et démocratique». «A moins d'être sourd, aveugle et désespérément cynique, il s'agit d'un événement historique dans l'histoire de la gauche française», insiste-t-il, espérant dans une mise en garde à la première secrétaire du PS que «ce qui avait été refusé jusqu'à présent sera maintenant médité». «La responsabilité historique de notre génération est d'ouvrir le nouveau cycle politique dont nous avons besoin», conclut-il devant un amphithéâtre comble et enthousiaste de 1.500 personnes.
Sarnez convaincue
Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».
Cohn-Bendit prudent
Crédit photo : AFP.
Plus distancié que ses collègues, Daniel Cohn-Bendit se montre prudent, estimant que «l'unité ne se décrète pas», mais plaidant malgré tout pour un «rassemblement écologiste, socialiste et démocratique». Avec une once de provocation, il lance un avertissement aux socialistes : «Si vous voulez un rassemblement, au bout duquel c'est vous qui décidez, et que [les partenaires] se retrouvent dans la chambre de bonne, alors le président en 2012 sera Sarkozy».
En juin, Martine Aubry avait indiqué vouloir des alliances à la carte aux régionales, et privilégier la stratégie du «si besoin», sous-entendant d'éventuelles alliances avec le MoDem au second tour, mais pas au premier. A une semaine de l'université d'été du PS à La Rochelle, la balle semble désormais dans le camp de la première secrétaire. Vincent Peillon, lui, compte maintenant s'atteler à l'organisation de «grands débats autour des questions centrales». Parmi elles, l'école, l'université, l'information ou la justice fiscale.
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/23/01002-20090823ARTFIG00135-les-francais-defavorables-a-des-alliances-ps-modem-.php
Les Français défavorables à des alliances PS-MoDem
B.H. (lefigaro.fr) avec AFP
24/08/2009 | Mise à jour : 07:58 | Commentaires  134 | Ajouter à ma sélection
Samedi, Vincent Peillon a plaidé pour un grand «rassemblement socialiste, écologiste et démocratique», au côté de Daniel Cohn-Bendit (Verts), Marielle de Sarnez (MoDem), Robert Hue (PCF) et Christiane Taubira (PRG). Crédit photo : AFP.
Au lendemain du rassemblement PS-PCF-PRG-Verts-MoDem organisé par Vincent Peillon à Marseille, un sondage publié dans Libération révèle que les Français préfèreraient des alliances du PS avec Europe Ecologie plutôt qu'avec le MoDem.
 
Une grande alliance de la gauche, qui irait des communistes aux démocrates en passant par les socialistes et écologistes, n'emballe pas les Français. Selon un sondage Viavoice paru lundi dans Libération*, seuls 42% des personnes interrogées se disent favorables à une alliance PS-MoDem, alors que le taux passe à 52% pour un rapprochement du PS avec la gauche antilibérale et surtout à 64% pour une union avec Europe Ecologie.
Dans le détail, les sympathisants de gauche et du PS sont encore plus nombreux à approuver ces alliances avec les écologistes et l'extrême gauche. Les sympathisants socialistes sont en outre les seuls à approuver majoritairement (52%) des alliances PS-MoDem.
Samedi, aux ateliers d'été de son courant «L'espoir à gauche», l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon avait réuni autour de lui des personnalités du MoDem, du PCF, des Verts et du PRG, et appelé à un grand «rassemblement socialiste, écologiste et démocratique». Une façon de presser Martine Aubry à opérer un tel rassemblement pour les prochaines échéances électorales. «Ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», avait lancé la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez. Une union de la gauche élargie vivement critiquée dimanche par le leader du NPA, Olivier Besancenot. «Les grandes manoeuvres commencent», a-t-il fustigé lors de l'ouverture de la première université d'été du NPA, à Port-Leucate.
Par ailleurs, près des trois quarts des Français (73% contre 22%) jugent que le PS ne doit pas changer de nom, comme le propose notamment Manuel Valls. Pour plus d'un Français sur deux (53%), la priorité du parti de Martine Aubry est de «travailler sur son projet» plutôt que de «résoudre son problème de leadership» (43%).
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» La cote de popularité de Sarkozy en hausse
Selon la même enquête Viavoice*, le président Nicolas Sarkozy recueille 48% d'opinions positives, en hausse de 3 points par rapport à juillet, contre 51% d'opinions négatives. Le premier ministre François Fillon recueille 50% d'opinions positives (stable par rapport à juillet) et 47% d'opinions négatives (+6).
Quant au baromètre des personnalités de gauche, c'est toujours le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, qui est en tête avec 63% d'opinions positives (+6). Dominique Strauss-Kahn arrive en deuxième position avec 57% d'opinions positives (+4). Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, se classe troisième à 49% (+5), devant Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie) qui recueille 48% d'opinions positives (+4). La première secrétaire du PS Martine Aubry arrive en cinquième position à 47% d'opinions positives (+2).
*Ce sondage a été effectué par téléphone les 20 et 21 août sur un échantillon de 1.019 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/24/01002-20090824ARTFIG00307-primaire-a-gauche-le-modem-n-est-pas-indifferent-.php
Primaire à gauche : le MoDem n'est «pas indifférent»
Propos recueillis par Rodolphe Geisler
24/08/2009 | Mise à jour : 07:52 | Commentaires  34 | Ajouter à ma sélection
INTERVIEW - Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement démocrate, appelle le PS à dépasser les «vieux schémas» du type gauche plurielle.
 
LE FIGARO - Le ni-droite, ni-gauche du MoDem, c'est fini ?
Jean-Luc BENNAHMIAS - Il n'y a jamais eu de ni-droite ni-gauche. Il y a simplement eu aux municipales des stratégies locales en fonction, non pas de l'étiquette politique, mais du bilan de l'équipe sortante. Pour les élections à venir, régionales et élections suivantes, nous voyons mal comment des alliances avec la majorité présidentielle sont conciliables avec l'alternative politique que voulons créer depuis la naissance du MoDem.
Dans les régions, seriez-vous prêts à participer à des majorités avec le Parti communiste ou le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ?
Chaque chose en son temps. On a devant nous les trois ou quatre mois nécessaires pour débattre dans le MoDem et à l'extérieur des meilleurs stratégies à adopter pour créer cette alternative politique que nous souhaitons. Nos concitoyens ont bien d'autres préoccupations que les élections régionales.
Ne craignez-vous pas de désorienter une partie de votre électorat ? Notamment celle issue de la vieille UDF…
C'est un risque, c'est bien pour ça qu'il nous faut discuter dans les prochaines semaines pour que les différentes cultures politiques présentes dans le MoDem et notre électorat comprennent notre stratégie.
Avec cette barre à gauche, le MoDem ne risque-t-il pas de perdre sa spécificité centriste en devenant, entre les Verts et le PRG, un simple supplétif du PS ?
La vraie question c'est : est-ce que la gauche est capable de comprendre qu'aujourd'hui pour créer une alternative politique au règne de Nicolas Sarkozy, il faut élargir les espaces politiques et ne pas recommencer les vieux schémas du genre union de la gauche et gauche plurielle ? D'ailleurs, le débat se pose exactement de la même manière pour l'écologie politique.
Pour 2012, Arnaud Montebourg propose une primaire élargie pour désigner le candidat de la gauche. Selon, vous, François Bayrou serait-il prêt à y participer ?
S'il s'agit uniquement de désigner le candidat de la gauche, il n'y a peu de chance que nous y participions. Mais, par rapport à cette élection essentielle, il reste du temps pour y réfléchir. En tous cas, cela ne peut pas nous laisser indifférents.
LIRE AUSSI :
» Les Français défavorables à des alliances PS-MoDem
» PS : Aubry sous pression avant La Rochelle
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/08/25/primaires-le-pari_1231641_823448.html#xtor=AL-32280184
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-1231641,0.html
Edito du Monde
Primaires : le pari
LE MONDE | 25.08.09 | 14h38  •  Mis à jour le 25.08.09 | 14h40
es socialistes le savent, le répètent, s'en exaspèrent ou s'en désolent : les échecs répétés à l'élection présidentielle, les divisions incessantes, les guerres fratricides, les erreurs ou les faiblesses de ses dirigeants, depuis de longues années, ont plongé le Parti socialiste dans une grave crise de "leadership".
 
En dépit de l'abondance des postulants, ils ne parviennent pas à choisir un ou une chef capable de les remettre sérieusement au travail et d'affronter l'élection majeure - la présidentielle - avec quelque chance de succès. De cette impuissance est née l'idée d'organiser des élections primaires pour désigner leur candidat au prochain scrutin de 2012. Et d'élargir cette consultation à l'ensemble des sympathisants socialistes, voire de la gauche (et non plus aux seuls adhérents du PS, comme en 2006, lors de la désignation de Ségolène Royal). Lancé par la Fondation Terra Nova, prolongé par un vigoureux rapport d'Arnaud Montebourg en juin, le projet est en passe de s'imposer.
Bon gré, mal gré, tous les caciques socialistes sont en effet en train de s'y rallier, y compris ceux qui étaient réticents ou hostiles, comme le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ou l'ancien premier ministre, Laurent Fabius. Martine Aubry ne pourra donc pas éluder la question à la fin de la semaine, lors de l'université d'été de son parti, à La Rochelle. Elle espérait reporter cette décision après les régionales de mars 2010 pour donner la priorité à la refondation du projet ; on voit mal, désormais, comment elle pourrait ne pas approuver le principe de telles primaires. Restera à en définir les modalités et le calendrier, ce qui ne sera pas une mince affaire.
Le pari est à très haut risque. Pour leurs partisans, les primaires sont la potion magique, capable de régler d'un coup non seulement la question de la désignation du candidat présidentiel, mais également celle, déterminante, des alliances (grâce à l'ouverture du processus à un cercle beaucoup plus large que les seuls socialistes) et celle, tout aussi décisive, du projet (grâce à la dynamique du débat engagé entre les candidats à la candidature).
Mais la démarche n'est pas moins symptomatique de l'impuissance actuelle du PS. Une impuissance parfaitement résumée par Laurent Fabius pour expliquer son ralliement aux primaires : c'est devenu "inévitable". Le mot est aussi lucide que cruel : le Parti socialiste est condamné à gagner ce pari pour espérer éviter, demain, une crise qui pourrait être mortelle.
Article paru dans l'édition du 26.08.09


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