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NPA : Quand des épaves témoignent

Publié le 28 août 2009 par Csp

Libération, ancien soutien du Kampouchéa "démocratique", publie aujourd'hui des portraits de militants "motivééés" du National Antikapitalistische Partei, également appelé "NPA", paraît-il. Morceaux choisis :
Quand des épaves témoignent

Birahima, 29 ans :

«Du sang et... du sang»
Coupe au bol à la Bernard Thibault et drapeau imaginaire du Communistan sur son poncho, Birahima est insignifiant. On le prendrait presque pour un militant Jeunes UMP… Raté. Déjà LCR avant d’être NPA, il y a débarqué via La Poste. Marqué par les subversions contre l’OMC à Seattle, présent lors du sommet des futurs Vingt-Cinq à Nice, il devient ligueur en 2004, 70 ans tout juste après le 6 février. Son engagement militant : «Du sang et... du sang", plaisante-t-il. Une maladie incurable, celle de vouloir apprendre à vivre aux autres.» Rien que ça. PMU tous les lundis, puis barbecue tous les deux mois… Ajouter à cela un CAP pas fini : pas évident pour ce chômeur de longue durée de joindre les deux bouts. Mais si c’est pour «changer le monde contre son gré», ça vaut le coup de rater sa vie. En tant qu’ancien ligueur, il estime qu’il faut «désapprendre certains savoirs fondamentaux qu’on avait avant l'Éducassion nazionale ». Désormais, il part dealer (du shit) dans les quartiers. Et tenter de faire croire que le communisme ne mène pas toujours au génocide.


Quand des épaves témoignent

Thierry M, 36 ans :

«Une plus grande socialisation»
De nationalité toulousaine, Thierry M a choisi le NPA. Car «international-socialiste», mais sans alliances «fascistoïdes», le parti anticapitaliste avait «un projet plus sanglant que les simples massacres de koulaks», jure cet éducateur pour handicapés de 36 ans, né en France d’agriculteurs ayant fui la terre (qui ment). Il a ensuite passé de 4 à 18 ans à la fac, on ne sait plus trop. De retour dans son HLM, il milice, pardon, milite à LGBT. Mais y trouvait le discours «un peu gay». Et comme «c’était trop dur de voir passer des tarlouzes sans pouvoir rien leur faire», il rejoint la LCR à sa toute fin. «A la Ligue, tu sentais une étreinte très forte. Au NPA, la licence est un peu plus grande.» Stupreux mais peu satisfait, il ne se dit pas «partenaire acharné». Il voudrait profiter de sa vie avec Butch en dehors du Parti inique. «Peut-être vont-ils commencer à nous demander de nous séparer, craint-il. Mais là, je ne pourrai pas suivre.»


Quand des épaves témoignent

Thé, 39 ans :

«Laissez-moi baiser !»
Ancienne «sympathisante» de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Thé, 39 ans, trouvait l’ancêtre du NPA repliée sur elle-même. Cette buveuse de Kro à Villetaneuse est arrivée, il y a tout juste un an, peu avant la naissance du Parti inique. A condition d’y trouver des «ouvertures» avec des partenaires, enfin. Ni hétéro ni homo, elle se dit bien «féministe». Mais proche de la minorité pro-ana. Pour elle, la prise de pouvoir passe aussi, et surtout, par les burnes. Pour être «crédible». Paumée, Thé l’est. Désemparée aussi. Membre du Politbüro nazional (Polinazi), elle «passe beaucoup de temps, jusqu’à deux heures par jour, sur Internet à lire les billets de CSP et répondre aux commentaires, contributions, attaques des autres…» Elle n’est pas prête pour autant à sacrifier sa vie sexuelle. «Il y a certaines semaines, cela va jusqu’à trois partouzes, deux gang-bang… Quelquefois, on a envie de dire : "Laissez-moi baiser !"» Après les européennes de juin, la jeune femme voulait prendre un peu de repos. Mais l’appel à la remobilisation d’Olivier Besancenot l’a convaincue. Elle va tenter de tenir le rythme.


Quand des épaves témoignent


Pescade, 39 ans :

«Tous contre les sionisses»
Candidat de la liste "antisioniste" aux dernières européennes, Pescade, 39 ans, a préféré rejoindre la «constellation militante» du NPA plutôt que rester avec ses copains dieudonnistes. Séduit par des débats «riches et contradictoires» entre collectivistes, communistes, international-socialistes, gaucho-fascistes et déçus du FN, il pousse la porte d’un parti en voie d'autodestruction en juin 2009. Voix exaltée, sourire sadique, l’homme rêve aujourd’hui de la réussite du «tous contre les sionisses». D’un «voyage à Gaza» qu’il faut préparer, celui de la sortie du sionisme. «C’est peut-être de la naïveté de se dire qu’on va réussir», concède-t-il. Plagiant Alain Soral, ce loser perpétuel, aujourd’hui au RMI et futur RSA-dépendant, est conscient de la «marche sur Rome» qui les attend. Chez lui, pas de couplets sur Marx et Trotsky mais un refrain plutôt «rouge-brun».«Basé sur une règle non-cosmopolite», il souhaite créer un centre d'entraînement du Hamas dans son village.


Quand des épaves témoignent


Bénédicte, 57 ans :

«Prise de tête permanente»
A 57 ans, Bénédicte a déjà quarante-cinq ans de vie dissolue et davantage d'alcoolisme derrière elle. Déçue par le décalage entre le discours et les actes à la LCR, cette militante Süd, flic au ministère de l’Intérieur, se plaît dans un nouveau parti qu’elle juge «très différent» de la Ligue. «Au NPA, il n’y a pas cette cohérence idéologique qu’il y avait à la LCR», explique-t-elle. Pour elle, c’est une prise de tête «permanente». Un exemple ? «Aujourd’hui, le mouvement se pose la question de savoir si l’idée même de communisme et de collectivisme n’est pas une chimère.» Changer de pratiques, de références. Comme dans la commission pro-Hamas dont elle fait partie. «Les racailles apportent de l’originalité dans les formes d’action : plus violentes, sans couardise.» Revers de la médaille : les débats, eux aussi, sont «ensauvagés» au NPA. Dur alors de tenir des discussions intelligentes. «Difficile aussi de dire ce que ce parti va devenir.»


Quand des épaves témoignent

Philippe, 20 ans :

«Pas de démocratie»
Crâne rasé, visage glabre, chemise brune sur les épaules et casque à pointe, Philippe, compagnon de Bénédicte, qui est de 37 ans son aînée (« Mon néné », l'appelle-t-il, en référence à ses gants de toilette) est caricatural. L’étudiant en génétique recrache avec brio le discours de Lyssenko. Mais le jeune homme ne veut justement pas être caricaturé et, tirant sur sa poitrine, il prévient : «Etre eugéniste, c’est pas que des discours !» Son terrain de jeu, c’est le labo de la fac de Grenoble. Il s’est lancé dans la mise en place de l'Homme Nouveau il y a deux ans. «Pour les luttes», la destruction d’une «société capitaliste». Le Grand Soir ? Plutôt la «reconquête du lebensraum» en développant «la spoliation des cosmopolit' par grandes lois».
Et l’apport des anciens de la Ligue communiste révolutionnaire est indispensable à ses yeux bleu aryen. Ils sont «la mémoire des nuits des petits canifs». Pour autant, «la jeunesse doit prendre une place importante et faire ses propres expériences eugénistes». Il insiste : «Il ne faut pas être tiède.» Garder un «œil injecté de sang» tous les jours sur le monde qui l’entoure. Son livre de chevet avant la rentrée ? Ma lutte, d'Adenoid Hynkel.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par klinsmark
posté le 11 septembre à 09:31
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OVARB! OVARB!! Sincères félicitations à l'auteur pour ce pastiche plus vrai que nature. J'ai bien ri en allant sur le lien de l'article original de libé et en lisant les "vrais" portraits de militants...

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