Magazine Culture

Kreuznach

Publié le 28 août 2009 par Menear
Mon appareil photo cassé aujourd'hui met fin aux quelques mois de 17h34 – une photo quotidienne à la même heure de ce qui me fait face au moment où, mis en ligne sur blog parallèle – rideau. La dernière photo sera sans doute noire car elle n'a pas pu se faire. L'objectif s'est ouvert après allumage puis écran noir alors refermé. Le clic a bien retenti, mais derrière aucun cliché n'a été conservé. Un autre train est parti sans photo pour le capturer.
Kreuznach

Aujourd'hui dernier jour de mon contrat qui, officiellement, se termine demain. Je suis resté devant mon écran comme les autres jours à attendre que les heures s'épuisent. Je les ai vu préparer un petit quelque chose pour mon départ (« tu peux encore rester tu sais nous on a besoin de toi ici », petit sourire en coin, roulement d'épaule, non merci je m'en vais). Comment se faire à l'idée même de l'indéterminé ? Moi je ne peux pas, donc restons-en là. La petite fête préparée pour mon départ a lieu un peu après la fin de ma garde (standard). Je leur dis une seconde je descends je reviens, prétexte bidon trouvé par terre. J'ai pris toutes mes affaires avec moi et j'ai filé. La petite fête sans moi et j'ai fermé mon portable. J'ai toujours préféré partir par la fenêtre, pendant que personne ne regarde, je me laisse disparaître et on ne s'en aperçoit pas. Et puis les fêtes, même organisées en mon honneur, ne me concernent pas. Entre les tempes toujours Les chansons d'amour qui me flinguent et bouleversent à la fois. Les personnages du film continuent à vivre MP3 et je suis triste de ne pas être eux, lui ou lui, encore une fois. Le rien n'est suffisant revient et pointe à chaque chanson traversée. Un peu plus tôt ce matin, aperçu à nouveau le sosie de X. qui n'est pas vraiment lui (vérifications faites auprès du X. réel), que j'ai déjà croisé hier dans le métro. Aujourd'hui également, attendait pour le même train, même poteau, même wagon. Ensuite même correspondances, mêmes arrêts, destinations. Il est allé au delà de mon terminus, continuant un peu vers le nord, sans doute le croiserais-je encore dans les jours à venir. Mais il n'est pas X. Probablement une version parallèle de moi-même ou de ce que j'aurais pu être. Nous pourrions peut-être, un jour ou deux, une semaine, un mois qui sait, s'échanger nos parcours mutuels, et par conséquent nos vies, je serais lui et lui serait moi, ce pourrait être rafraîchissant. A ce moment là je lui confierais la tâche de poursuivre 17h34 et il portera les quelques centaines de photos manquantes lui-même, sans moi, je me contenterais de les regarder de temps à autre, au fur et à mesure de leur mise en ligne. Et je verrais ma vie telle qu'elle aurait pu être (ou telle qu'il croirait qu'elle devrait être, ce qui n'est pas tout à fait la même chose).

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Menear 147 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine