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Un Prophète

Publié le 29 août 2009 par Olivier Walmacq

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Genre : Drame

Année : 2009

Durée : 155min

L'histoire : Malikn jeune délinquant, est condamné à 6 ans de prison. Analphabète, inculte, il tombe sous la protection - et l'emprise - de César Luciani, un truand corse ayant son propre réseau dans la prison...

La critique de ClashDohertyClashDoherty :

Grand Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes, Un Prophète, le dernier film du réalisateur Jacques Audiard (fils de Michel), a fait sensation.
Autant le dire tout de suite, c'est vraiment dommage que ce film interprété par Tahar Rahim et Niels ArestrupArestrup n'ait pas eu la Palme d'Or, car si ça avait été le cas, ça aurait été totalement mérité.
Si De Battre Mon Coeur S'Est Arrêté, le précédent film de Jacques Audiard, avait fait sensation et récolté des Césars à la pelle (justifié aussi), Un Prophète devrait, lui aussi, avoir le même retentissement. C'est le meilleur film de son réalisateur. 2h35 de chef d'oeuvre.

Un film dur, violent (des scènes d'une violence aussi extrême que rarement vue au cinéma dans un film non horrifique, notamment au début, âmes sensibles s'abstenir), sombre, porté par des acteurs exceptionnels et une réalisation aussi sobre et naturaliste (photographie naturelle, sans chichis) qu'efficace.
Tahar Rahim, révélation du film, quasi inconnu avant, est vraiment exceptionnel. Si on n'entend pas parler de lui dans les mois ou années à venir, c'est vraiment qu'il y aura eu un malaise quelque part.
Niels ArestrupArestrup est imposant dans le rôle de Luciani, 'parrain' corse respecté et craint. Incroyable comment cet acteur peut incarner, avec autant de justesse, le cynisme, le mépris et le charisme d'un détenu privilégié, d'un caïd qu'il vaut mieux avoir avec soi.

Le parcours d'un jeune délinquant inculte (il ne sait pas lire, à peine écrire, à arrêté l'école à 11 ans), envoyé en taule pour 6 ans, qui tombe sous la coupe des truands corses après leur avoir rendu un 'service' qu'il ne pouvait pas refuser de rendre.
Sorte de Scarface français, carcéral et positif (contrairement à Scarface, ici, on ressent de l'empathie pour le héros, Malik), Un Prophète est passionnant de bout en bout.
Le cinéma français a souvent tenté de faire des films carcéraux. Généralement, les films en questions se rataient totalement : Zonzon, L'Addition, La Fille De L'Air... A l'exception du Trou de Becker (puissant) et, à la rigueur, de La Grande Illusion de Renoir (à la rigueur, car film sur les camps de prisonniers de la seconde guerre mondiale, ce n'est pas tout à fait pareil), aucun film carcéral français n'était regardable. Un Prophète, lui, s'impose, avec Le Trou de Becker, comme LA référence française, l'équivalent français de classiques comme Le Prisonnier D'Alcatraz ou Brubaker.
Avec une dimension supplémentaire. Car ce n'est pas seulement un film de prison, mais un film sur l'apprentissage, qu'il soit moral (Malik apprend à lire, passe ses examens, devient intelligent, plus qu'il ne l'était, s'ouvre) et immoral (il apprend plein de mauvaises habitudes en taule, et devient plus aguerri dans ce qu'il ne maîtrisait pas trop à son entrée en taule : la délinquance, les magouilles).

Electrochoc absolu, renversant de maîtrise, parfois vraiment dur, Un Prophète est un film à voir à tout prix. Réalisation classe et sobre, ambiance lourde et réaliste (décor construit en dur selon le modèle de vraies prisons), interprétation tout simplement à tomber de sa chaise (Niels ArestrupArestrup et Tahar Rahim, VRAIMENT, j'insiste, sont PUISSANTS), scénario complexe et efficace...
Emouvant, violent, un film dont on se remettra difficilement. On sort de la salle comme si on était dans une sorte de torpeur. Le film, littéralement, hante.
Une preuve s'il en est de sa place d'honneur dans les films sortis cette année 2009, une année vraiment exceptionnelle. Un des films français les plus puissants depuis au moins 20 ans.

Note : 20/20

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La critique de Borat

Vous vous souvenez de beaucoup de films carcéraux dans le cinéma français? Non? Bon, alors il faudra que vous reteniez Un prophète. Car le film d'Audiard est une petite merveille.
Il n'y a pas à dire c'est une réussite, et mérite donc amplement son grand prix à Cannes et peut être même la palme. D'ailleurs en y repensant,l e film d'Haneke a intérêt à être vraiment bon!

Audiard a le mérite de montrer la prison telle qu'elle est: magouilles, insécurité, morts suspectes, drogues qui passent... Et tout ça, en étant réaliste.
Car ce qui fait la force d'Un prophète, c'est ce même réalisme. Tahar Rahim est vraiment excellent et a ici un premier rôle en béton. Niels Arestrup aussi en parrain corse.
L'histoire est vraiment excellente et efficace. Tout d'abord, on ne nous précise pas pourquoi Malik se retrouve avec 6 ans de taule.

A part le chef qui lui dit "à part tabasser des flics", ce qu'on pourrait penser qu'il en a peut être tué un. Ensuite, on pourrait penser que son ascension ressemble à celle de Scarface mais Malik est plus attachant qu'un Tony Montana. Ce qui est encore un point positif. De plus, la plupart des personnages secondaires sont tous aussi réussis.

La durée (2h29 quand même) n'enlève rien au charme du film sinon de devenir encore plus passionnant. Certainement le polar de l'année même si c'en est pas vraiment un. Véritablement un très grand film.

Note:18/20


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