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Critiques en vrac 13: Destination Finale 4 – Murder loves Killers too – Shrooms – Salem’s Lot 2004

Par Geouf

Destination Finale 4 (The Final Destination)

destination_finale_4_12 USA, 2009

Réalisation: David R. Ellis

Scénario: Eric Bress

Avec: Bobby Campo, Shantel VanSanten, Haley Webb, Nick Zano

Résumé : Alors qu’il assiste à une course de Nascar, Nick (Bobby Campo) a la prémonition qu’un horrible accident va se produire. Affolé, il presse ses amis de partir des gradins avant qu’il ne soit trop tard, leur sauvant du même coup la vie. Mais quelques semaines plus tard, l’un des survivants meurt dans un accident étrange. Il semblerait que la Mort ait décidé de récupérer son dû…

On croyait la franchise des Destination Finale enterrée après le très moyen troisième épisode, mais il semblerait que la mode de la 3D en ait décidé autrement. On ne reprend donc pas les mêmes (vu qu’a chaque épisode l’ensemble du casting est décimé) et on recommence pour un quatrième round, cette fois-ci en 3D. La formule est éprouvée, et David R. Ellis, réalisateur du second film (meilleur épisode de la franchise) rempile pour organiser le joyeux massacre. Pas de surprises donc, c’est fun, sanglant, la 3D est sympa, et on rigole en assistant a toutes les morts plus absurdes les unes que les autres de personnages juste là pour servir de chair à canon. Et c’est peut-être là que le bât commence à sérieusement blesser. Car maintenant que les producteurs se sont enfermés dans une formule aussi basique, difficile de faire original. On sait d’avance que tous les personnages vont mourir, donc du coup on ne prend même plus la peine de les développer et de les rendre un minimum attachants, quitte à ruiner toute crédibilité (le héros voit son pote se faire aspirer les tripes par l’évacuation de la piscine, mais cela ne semble pas l’affecter plus que ça…). En clair, ce Destination Finale 4 n’est qu’une succession de mises à mort certes efficaces mais purement mécaniques. Ce n’est pas aussi gratuit qu’un torture porn à la Saw, mais ca commence dangereusement à s’en approcher. En dehors de ça, Ellis emballe quelques scènes bien fichues (l’accident du début, ou la scène du cinéma) et utilise la 3D sans génie mais de manière efficace.

Les producteurs seraient tout de même bien inspires d’insuffler un peu plus de nouveauté et d’âme à la franchise s’ils espèrent continuer, car je doute que la 3D suffise la prochaine fois à faire déplacer les foules…

Note: 5/10

Murder loves Killers too

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USA, 2009

Réalisation: Drew Barnhardt

Scénario: Drew Barnhardt

Avec: Allen Andrews, Christine Haeberman

Résumé : Une bande d’amis part pour un week-end dans un chalet à la montagne. Mais dans ce chalet rôde un terrible tueur, Big Steevie, qui ne tarde pas à décimer la petite bande.

Difficile d’être très motivé pour visionner Murder loves Killers too à la vue de la jaquette assez hideuse ornant le DVD offert avec Mad Movies. Celle-ci semble en effet annoncer un bon gros Z des familles, bien ringard et insupportable. Et pourtant, ce film à petit budget est une vraie bonne surprise, un slasher réussi et pour une fois plutôt original. Pas original cependant dans son déroulement et dans ses personnages de djeuns assez insupportables. Heureusement, le réalisateur Drew Barhardt, conscient du peu d’intérêt des personnages, plonge très vite dans le vif du sujet et la quasi-totalité du casting se fait trucider en moins d’une demi-heure. Pas de débordements gores à la mode, mais des meurtres classiques et brutaux, sans fioritures, au style très années 80 (impression renforcée par la musique old school du film). La réalisation est classique, petit budget oblige, mais Barnhardt évite le montage épileptique et se permet quelques jolis travellings.

Mais l’intérêt du film vient surtout de la personnalité du tueur, bien loin du psychokiller classique de slasher, style Jason ou Freddy. Non, Big Steevie (Allen Andrews) est un homme normal, voire banal, la trentaine bien tassée, bedonnant, mais néanmoins assez impressionnant dans le soin méthodique apporté à ses meurtres. Le film se permet grâce à ce tueur atypique (plus proche du Henry de Henry, Portrait d’un Serial Killer) quelques scènes décalées, comme celle où Big Steevie range le coin cuisine laissé en bordel par ses victimes avant d’aller occire quelques djeuns supplémentaires, ou la longue tirade qu’il fait à l’héroïne sur ses problèmes sexuels. Car comme le spectateur le découvrira à la fin du film, Big Steevie n’est pas non plus un abruti retardé, c’est un homme lettré, qui a une vie de famille classique. Et c’est peut-être là que le film touche le plus juste, dans la présentation de cet homme banal et inintéressant (même aux yeux de sa femme) et qui ne trouve son réconfort que dans le meurtre. Dans ces quelques séquences et avant le final un peu too much, le spectateur ne peut s’empêcher de frissonner en se demandant combien de Big Steevie en puissance vivent autour de lui…

Note : 6.5/10

Shrooms

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Irlande, 2007

Réalisation : Paddy Breathnach

Scénario : Pearse Elliott

Avec : Lindsey Haun, Jack Huston

Résumé : Cinq étudiants américains partent en Irlande retrouver un ami pour tester les champignons hallucinogènes locaux. Pressée par sa meilleure amie, Tara (Lindsey Haun) ingère par mégarde une espèce particulièrement dangereuse censée donner des prémonitions. Elle ne tarde pas à voir ses amis se faire massacrer par un mystérieux tueur en noir. Mais est-ce bien réel ou ont-ils tous des hallucinations dues aux champignons ?

Le postulat de base de Shrooms était plutôt intriguant et laissait espérer un slasher différents des productions habituelles du genre. Hélas au final, on se retrouve plutôt devant un mauvais décalque de Blair Witch que devant un Las Vegas Parano façon slasher. Le film est d’une mollesse hallucinante, se contentant de suivre des personnages insupportables déambulant dans les bois pendant des heures en braillant comme des beaux diables ou en trippant tout seuls. Difficile en effet de s’attacher à des persos aussi crétins dont la bêtise est encore accentuée par la prise de champignons (honnêtement, le cumul des QI de tous les personnages ne doit pas dépasser 50). Du coup, le spectateur s’ennuie ferme, en attendant impatiemment la fin de ce calvaire cinématographique et en ayant l’impression d’assister à une fête où tout le monde est bourré sauf lui. Malheureusement, impossible de se rattraper sur des scènes gores, puisque les meurtres sont tous en hors champ, histoire de préserver le « suspense » d’un twist final que tout le monde aura grillé au bout de cinq minutes. Pour voir un bon film d’horreur irlandais, mieux vaut se remater l’excellent Isolation de Billy O’Brien…

Note : 0/10

Salem’s Lot

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USA, 2004, TV

Réalisation : Mikael Salomon

Scénario : Peter Filardi

Avec : Rob Lowe, Andre Baugher, Donald Sutherland, Rutger Hauer, James Cromwell

Résumé : De retour dans sa ville d’enfance, le romancier Ben Mears (Rob Lowe) espère faire de celle-ci le sujet de son nouveau livre. Peu après son arrivée, deux adolescents sont agressés par un inconnu qui tue l’un d’eux et laisse le second en état de choc. Des événements étranges commencent à se produire dans la ville et Ben commence à soupçonner l’antiquaire Richard Straker (Donald Sutherland) et son mystérieux associé Kurt Barlow (Rutger Hauer), qui se sont installé dans un demeure au sombre passé. Il va falloir à Ben tout son courage et l’aide de plusieurs personnes de la ville s’il veut espérer sauver celle-ci de la menace qui plane…

Stephen King n’est pas l’écrivain le plus gâté au niveau des adaptations de ses ouvrages au cinéma. Les films adaptés de ses œuvres oscillent entre le très bon (Les Evadés, The Mist, Stand by me) et le carrément médiocre (Dreamcatcher, Maximum Overdrive). Adapter un roman de Stephen King est toujours un exercice délicat, tant les œuvres du maître sont souvent denses et regorgent de personnages. couper dans le matériau d’origine pour produire une œuvre d’une durée acceptable ou bien adapter littéralement celle-ci dans un film d’une durée conséquente. D’où le nombre d’adaptations ratées et de téléfilms à rallonge produits au fil des ans. Cette fois, c’est la chaîne TNT qui se lance dans l’aventure en produisant une nouvelle adaptation de Salem, déjà porté à l’écran en 1979 par Tobe Hooper. Et pour cette nouvelle version d’un des plus célèbres romans du maitre, TNT a mis les petits plats dans les grands : budget confortable, durée conséquente (deux téléfilms d’une heure et demi) et surtout casting quatre étoiles (Rob Lowe, Donald Sutherland, Rutger Hauer, James Cromwell).

Mais comme souvent, les meilleures intentions du monde ne suffisent pas à faire une œuvre de qualité. Ce Salem nouvelle version a beau être très fidèle au roman, il tombe néanmoins dans la plupart des travers des adaptations de King en téléfilm : c’est extrêmement long et dialogué et les moments de frousse sont assez rares. Si Rob Lowe s’en tire honorablement dans le rôle du héros, les autres grands noms au casting sont finalement sous-exploités (le pauvre Rutger Hauer, censé représenter la quintessence du mal et de la corruption, n’a droit qu’à 10 petites minutes de présence à l’écran) et seul James Cromwell tire quelque peu son épingle du jeu (malgré un revirement final du personnage très mal amené). Le téléfilm évacue consciencieusement toutes les thématiques un peu dérangeantes du livre pour fournir un produit lisse et aseptisé. On ne voit même pas les vampires se nourrir, c’est dire si le script est expurgé ! Bref, même si le tout se suit sans trop s’ennuyer, on oublie tout ce qu’on vient de visionner à peine quelques minutes après avoir éteint la télévision. Encore un coup pour rien…

Note: 4/10

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