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Repeat after me repeat after me repeat repeat repeat

Par Lazare
Passons donc sur le manque de goût flagrant de la pochette & du titre, Wolfgang Amadeus Phoenix (à noter que le premier titre parle de... Franz Liszt, mais bon, on s'en fout), pour s'intéresser à ce dernier album des versaillais branchés chic & choc (potes des deux bulles d'oxygène Air, concubin de Sophia Coppolla, jean slim avec bottines Winston & chemises de bûcheron qu'aucun bûcheron n'aurait les moyens de s'acheter...) qui m'avaient, je le confesse, retourner la tête avec United. J'étais alors jeune & c'était avant de l'entendre en boucle sur MTV & à la radio. Je voudrais juste savoir quel est le petit trou de balle qui à eu cette stupide idée de faire répéter sur CHAQUE MORCEAU de l'album, les premières syllabes de CHAQUE MOT au moins quatre fois à Thomas Mars... tout ceci étant annoncé par la boucle de piano qui ouvre l'album & les différentes redondances sonores qui reviennent à chaque instant comme la grippe. Liztomania passe sans encombre, même si REPEAT AFTER ME REPEAT AFTER ME REPEAT REPEAT REPEATon a déjà un peu tiqué sur le chevrotement compulsif de Mars au moment d'enchaîner sur un nouveau mot, & voilà 1901 & Fences & toujours ce petit soucis de multiplication buccale: « … don't you do, don't do it, what you do, oh what you do to me... and you realize, no you don't realize, you say it's true, don't you say it's true, where would you go, where would you go with the lasso, lasso, lasso, lasso... » PFFFF! & encore: « Rome, Rome, Rome, Rome, Rome... » ou le très binaire: « Sick, sick, sick, sick, sick, sick... trip, trip, trip, trip... » vous voyez où je veux en venir. Un bègue tient le micro. C'est très vite agaçant. C'est comme un chien qui aboie dans la nuit, on attend le prochain Woua! Woua! En se disant: « Encore? Putain! ». Oui, encore. Un gimmick comme un jouet dont il ne se lasse pas. Un peu comme ces petits râles sur aigus qui pointent à chaque fin de phrase du toujours même Mars. Tout le monde voit la façon dont geint Jean-Jacques Goldman sur Quand la musique donne? Pareil. Cette passion de la répétition donne à l'album une certaine cohésion (en étant sympa) qui tourne scandaleusement au duplicata par moment. Cette désagréable impression d'écouter en mode REPLAY toutes les plages d'un disque qui en compte pourtant dix. Tout ceci pourrait paraître injuste parce qu'il se trouve que ces p'tites têtes à claques savent tout de même y faire & envoie du son qui file droit dans les reins. On retrouve la rythmique hallucinante des grattes de Brancowitz & Mazzalai (qui ont fait de United un album immédiatement reconnaissable) & un sens pointu de la mélodie qui swingue avec des paillettes tout autour. Ainsi Fences, troisième morceau de l'album, d'une efficacité assez impressionnante (malgré, ici encore, ces putains de répétitions de merde) & qui met en avant la façon toute singulière que Mars a de gérer les montées & les chutes de ton. Mais le véritable bijou de l'album c'est sans nul doute possible la chanson qui suit: Love like a sunset (ici en live): longue plage quasi instrumentale parsemée de climax symphoniques où l'on croit deviner la silhouette de Steve Reich en ombre matricielle. Assez jouissif. Malheureusement il est fort possible que ce Wolfang Blah-blah-blah soit bientôt dans le même état figé que... hum, disons l'album des MGMT. Fort possible. Écoutez plutôt des vieux machins de Lou Reed ou allez écouter/voir ce que Belane dit de Mayer « Velour » Hawthorne. On en reparle. De Lou, pas du velour...

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