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Les ruines

Publié le 07 septembre 2009 par Joachim
Les ruines" Voici Tobacco Road aujourd’hui, mais il y a un siècle, lorsque les premiers Lester arrivèrent en Géorgie, c’était différent.
Les ruinesElle parcourait 24 kilomètres jusqu’à la rivière Savannah, jusqu’à Savannakhet. Au Laos ? Oui. Elle traversait les plus riches plantations de coton et de tabac de tout le Sud. Elle longeait les magnifiques demeures construites par les Lester. Les ruines Elle longeait l’ambassade de France aux Indes. Les ruinesMais c’était il y a un siècle. C’était pendant les mêmes années. Il l’avait suivi aux Indes. Oui. Pour elle, il avait tout quitté. Les ruinesLes ruinesLes ruinesLes ruinesEn une nuit, la nuit du bal. Oui. Michael Richardson était fiancé à une jeune fille de S. Thala, Lola Valérie Stein. Le mariage devait avoir lieu à l’automne. Puis il y a eu ce bal, ce bal de S. Thala. Elle était arrivée tard à ce bal, au milieu de la nuit, habillée de noir. Que d’amour à ce bal ! Que de désir !
Les ruinesVint alors un temps où la terre tomba en jachère, de plus en plus longtemps. Croyez-vous que les Lester seraient partis ? Ah ça non. Ils restèrent, mais tout ce qu’ils possédaient, ce qu’ils étaient, avait été emporté par le vent, la poussière. Les ruinesCette lumière ? La mousson. Cette poussière ? Calcutta central. Il y a comme une odeur de fleurs. La lèpre. Où est-on ? L’ambassade de France aux Indes. Cette rumeur ? Le Gange. Les ruinesSur quoi pleurez-vous ?"
Texte et images : mix Tobacco road (John Ford 1941) - India song (Marguerite Duras 1975)
***
Certes, selon les mots d'Auguste Perret, "l'architecture, c'est ce qui fait de belles ruines", mais en plus de servir avec envoûtement ce propos, les introductions cinématographiques des films de Ford et de Duras disent encore mieux que l'architecture génère ses propres fantômes. Rarement, deux débuts de films auront aussi bien saisi le travail du temps, figé aussi nettement le passé dans sa propre épaisseur, dans sa pulsation ralentie, le rendant par là même parfaitement présent et encore vivant, cristallisé en une matière insaisissable mais parfaitement palpable dans les bourrasques de vent, les fissures de la pierre, les effluves des parfums et les moires des étoffes.

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