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Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

Par Popylen
Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
Au début, l’histoire nous semble presque banale, l’écriture est sage, chaque mot est bien à sa place. Puis très vite, surprise avec de très belles envolées poétiques, des propos d’une sensibilité et d’une délicatesse extrêmes, avec par exemple, cette description que nous fait le héros, Hajime, de son amie Shimamoto-san : « Elle était sans doute trop posée et trop lucide pour eux. Certains prenaient ça pour de la froideur ou de la sensibilité dissimulées derrière son apparence extérieure. C’était un trésor vivant caché au fond d’elle, qui ne demandait qu’à être découvert un jour, comme un enfant qui joue à cache-cache »…et cette très belle phrase pour conclure : « Il m’arrivait parfois, au détour d’une phrase ou d’une expression, d’en apercevoir l’ombre. » C’est avec elle qu’il a connu la première fois l’amour alors qu’il a une douzaine d’années. La vie les sépare, mais à l’aube de la quarantaine, Hajime retrouve la jeune femme au risque de briser la vie tranquille et paisible qu’il s’est construite. La simplicité et le choix du mot juste nous étonne. Ainsi dit-il : « Elle avait dû m’oublier, finalement. Je n’étais plus aussi important qu’autrefois. Cette idée m’était pénible. Un petit trou s’était creusé dans mon cœur. » Certaines scènes nous transportent dans l’irréalité, aux confins du rêve. On prend alors conscience qu’on s’est laissé doucement manipuler par l’auteur jusqu’à ressentir comme un vertige intérieur…

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