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Un coeur invaincu

Par Rob Gordon
Michael Winterbottom est plutôt un bon réalisateur. Il y a certes à boire et à manger dans sa drôle de filmographie, mais ce qui y est bon est vraiment bon. Ce Coeur invaincu est une production un peu plus imposante qu'à l'habitude, de par l'ampleur du sujet (le kidnapping et l'exécution du journaliste Daniel Pearl) et l'actrice principale du film. Dans le rôle d'une future veuve (ou d'une veuve anticipée, après tout), Angelina Jolie étincelle et offre une jolie prestation, fine et modérée, à des lieueus de l'image collagène/tabloïds qu'on lui attribue un peu trop souvent. Car Angelina Jolie est une bonne actrice, et l'a d'ailleurs toujours été, exception faite de ses rôles de Lara Croft.
Mademoiselle Jolie est la vraie attraction d'Un coeur invaincu, alors que paradoxalement, Marianne Pearl n'est pas vraiment l'héroïne du film. Le personnage principal, même s'il brille par son absence, c'est Daniel Pearl lui-même, les ondes qu'il envoie, la sérénité qu'il affiche, les indices qu'il laisse plus ou moins sciemment. Film sur l'espoir et sa fin, Un coeur invaincu est bien moins politique que les dernières oeuvres de Winterbottom (The road to Guantanamo était bien plus dénonciateur et incisif). C'est sans doute sa limite : d'un tel sujet, il y avait de quoi tirer un film puissamment dénonciateur, d'autant que le metteur en scène britannique a habituellement le sens de la charge. Au mieux, on sera gentiment ému par cette belle leçon d'humanité ; au pire, on baillera poliment devant un spectacle qu'on aurait voulu adorer.
6/10

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