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La vie d'artiste

Par Rob Gordon
Paillettes, champagne et premier plan ? La vie d'artiste ne se résume à cela que pour une poignée de privilégiés, plus talentueux et/ou opportunistes que les autres. Quelques arbres qui cachent une forêt faite de désillusions, de petits échecs et de jours médiocres. C'est dans cet univers impitoyable que nous plonge Marc Fitoussi, à travers trois personnages en quête d'épanouissement artistique.
Au départ, La vie d'artiste est le portrait amer de trois ratés aux trajectoires parallèles. Le loser a toujours quelque chose d'attachant, surtout quand il est joué par un Denis Podalydès aussi inspiré. Tout cela sent fâcheusement le vécu, et cette stagnation sans perspective est décrite de façon relativement crédible, les débordements humoristiques ne venant jamais à l'encontre du propos. Des seconds rôles maigrichons mais efficaces (dont deux scènes absolument charmantes avec Stéphane Guillon) contribuent à bâtir le côté inexorablement sympathique de l'ensemble.
C'est du moins ce que l'on croit jusqu'à la fin de la première demi-heure : très vite, Fitoussi montre les limites de son sujet et de son talent. S'enfermant dans des rebondissements téléphonés et désespérément plats, pour aller finalement s'abîmer dans une morale sirupeuse ("l'intégrité, y a que ça de vrai"). La lourdeur relative des dialogues et l'affreuse prestation d'Emilie Dequenne n'arrangent rien : La vie d'artiste rate son objectif , proposant une copie tout juste potable. Sûr que Pascal Bonitzer et surtout Woody Allen auraient tiré bien plus convaincant d'un tel sujet...
5/10
(également publié sur Écran Large)

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