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La vie et la mort de Michael Cera

Par Exnight

La vie et la mort de Michael Cera

Il y a quelques mois, je parlais de Zac Efron et de son avenir dans le movie business. A la question de savoir s'il pouvait sortir à terme de son image de minet à mèche, idole des adolescentes en chaleur du monde entier, je concluais qu'il devrait choisir des rôles adultes le moment venu, faire des choix osés et surtout couper sa mèche. Franchement, vous conviendrez que la tâche n'est pas insurmontable.
Elle pourrait l'être encore moins pour Michael Cera. Lui n'aurait point de ciseaux à sortir. Juste une garde-robe à revoir. Pour s'installer sur la longueur, il faudrait en effet qu'il dise au revoir à ses hoodies American Apparel. Terminé. Bye Bye. Adios. C'est sûr qu'ils lui portent chance. JUNO (et le hoodie rouge), SUPERGRAVE (et le hoodie jaune), UNE NUIT A NEW YORK (et le hoodie noir) et PAPER HEART (et les hoodies vert et rouge) ont été de beaux succès et lui ont apporté la gloire, sûrement pas mal d'argent et apparemment l'Amour.
Mais ils sont surtout le symbole du personnage qui lui colle à la peau. Vous savez, cet adolescent un peu gauche, étrange et timide qui tombe amoureux d'une fille bien plus dégourdie que lui. Depuis la série ARRESTED DEVELOPMENT, Michael Cera n'a tenu qu'un seul et même rôle : celui-là. Son dernier film, YOUTH IN REVOLT, qui doit bientôt sortir aux Etats-Unis, ne semble pas faire exception.
Loin de moi l'idée de le lui reprocher. Je suis fan absolu de ce personnage. Je m'y reconnais sur de très nombreux points. C'est un personnage rare, de ceux qui ont changé la façon dont les gens (et en particulier ceux qui ont un vagin) ont regardé les garçons "sensibles" et "passionnés". Il est le contrepoint parfait à tous les beaux-gosses à la gueule carrée et aux abdos parfaits qui inondent les écrans à longueur d'années. Il est le héros romantique de ceux, garçons et filles, qui aiment aussi s'identifier à des gens qui leur ressemblent.
Le problème, c'est qu'à trop le jouer, il va forcément finir par s'évanouir en lassant à la fois ceux qui vont le voir et ceux qui lui donnent ses chèques. Déjà dans la comédie d'Harold Ramis L'AN 1, il est à la limite de l'auto-parodie. Autrefois, comme je le disais ici, les plus grandes stars se bâtissaient sur un rôle récurrent, sur un personnage-type qui revenait de film en film : l'ambitieux charmeur pour Tom Cruise, le chien-fou désinvolte pour Mel Gibson etc. Mais ce temps est désormais révolu : ce petit jeu marche sur le court voire le très court terme, le public, abreuvé chaque jour de nouvelles stars grâce aux tabloïds, YouTube et blogs, s'entiche plus vite que jamais de nouveaux visages et de nouvelles attitudes.
Et là, Cera a un souci qui va être difficile à contourner. Son physique. C'est à la fois sa force (car rare et donc facilement identifiable) mais aussi sa plus grande faiblesse. C'est vrai qu'il n'a que 21 ans mais ce look d'adolescent pré-pubère chétif et quasi-androgyne, il n'a en effet pas l'air de le perdre au grès des années. Difficile dans ces circonstances de sortir de sa condition d'adolescent timide. Il a toujours la possibilité de changer de registre, de se mettre au drame (son regard mélancolique a déjà fait des merveilles dans JUNO et UNE NUIT A NEW YORK) mais, même là, il risque d'être cantonné dans son rôle fétiche.
Vous savez quoi ? Ça me fait mal d'écrire ça. J'aimerais bien faire autrement mais je pense qu'on entendra plus parler de Michael Cera d'ici 5 ans... Dites-moi que je me trompe. Dites-moi que je pourrais bien aller me flageller d'ici 5 ans pour avoir eu tort. S'il vous plaît, dites-le moi. Parce que j'adorerais plus que tout avoir tort. Mais la carrière de Michael Cera ne m'inspire pas vraiment confiance... En tous les cas comme acteur de cinéma...


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