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Critique : District 9 (par Chewie)

Par Jango

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Synopsis :
Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
Critique :
Avec un tel scénario, un tel buzz autour du film, Peter Jackson à la production et un petit nouveau plein d'ambition derrière la caméra, difficile de ne pas avoir l'eau à la bouche devant le projet District 9, promu renouveau du film de SF avant même sa sortie. Pourtant, si la critique est unanime, ma déception n'en est que plus grande.

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Sharlto Copley. Metropolitan FilmExport
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Filmé dans sa première partie dans un style documentaire caméra à l'épaule très énervant puisque utilisé à outrance ces dernières années (bien que justifié ici), District 9 pose ses bases à la manière d'infos télévisées, fausses interviews à la clef. On se dit alors que ça va durer pendant les 5-10 premières minutes, mais quand après un quart d'heure on en est toujours au même style on commence à se poser des questions et les minutes qui passent ne font que confirmer cette mauvaise impression. Oui la tête d'ahuri (qui a la même tronche que David Arquette dans Scream) que l'on suit depuis le début est bien le héros du film, oui les aliens en question sont tous très laids artistiquement parlant, oui il n'y a qu'une sorte d'alien parqué dans ce fameux district.

Du postulat génial de départ Blomkamp ne tire qu'une critique sociale attendue mais finalement beaucoup trop facile et simpliste en visant une métaphore de l'apartheid et de l'exclusion sociale raciste avec ces aliens isolés dans des bidonvilles. Ok les minorités et les malades sont trop souvent mis en marge de la société, l'homme est cruel, les militaires cachent des secrets et l'état ment à la société : on attendait plus fin, moins banal, moins de clichés.

Car le réalisateur, plutôt que de faire carrément dans l'original avec ce film singulier il faut le reconnaitre, se cache derrière ses aînés et ne ressort que du déjà vu ailleurs et en mieux : la transformation physique du héros dans La mouche de Cronenberg, la cohabitation entre aliens et humains dans Total Recall de Verhoeven, le héros dans une armure surpuissante dans Iron man (dont le plan sur le visage avec les informations digitales devant ses yeux et carrément recopié) voire dans Robocop, le vaisseau géant immobilisé au dessus d'une ville dans Independence Day (même si là ce n'est pas une référence ^^), la manière de communiquer des aliens qui ressemble au starter de la course de la Bountha dans Star Wars... Bref, un recyclage de tout ce qui a déjà été fait en matière de SF au cinéma.

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Sharlto Copley. Metropolitan FilmExport

J'ai surtout été marqué par le manque total d'émotions qui se dégage du film, dont le ton valsait trop entre documentaire, comique (quelques blagues potaches ici et là), le drame (la musique façon Black Hawk Down censée déchirer le coeur alors que les images ne touchent pas), voire le film d'action dans sa dernière partie avec des scènes pour le coup assez bien gorgées de gore et de spectaculaire, mais tombant comme un cheveu sur la soupe. Mais surtout comment peut-on s'attacher une seule seconde au personnage principal? Manquant de charisme, lâche, énervant et constamment en train de se plaindre, on se fout de ce qui peut bien lui arriver, étant plus intrigués par l'alien "principal" et son fils, bien plus intéressants et qui auraient mérité une réflexion plus poussée. De plus l'acteur est affublé d'un doublage calamiteux.

Sans compter les nombreuses incohérences présentes, District 9 est bien un projet couillu mais trop prétentieux et dispersé pour convaincre. Cependant, vu la vague d'engouement sur le net, je dois concevoir que mon avis est très subjectif et que certains peuvent aimer.

 

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