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L'édition jeunesse et le numérique : enjeux d'un futur

Publié le 21 septembre 2009 par Actualitté
Le Children's Book Council organisait mardi dernier un forum autour de l'édition jeunesse dans l'ère numérique : les thèmes principaux, et on le regrettera cependant, tournaient autour du format, de la tarification, des droits et du piratage.

L'édition jeunesse et le numérique : enjeux d'un futur
Manifestement, on n'a pas fini de faire le tour de ces problématiques et l'on s'attarde assez peu aux nouveautés des ouvrages, ou leurs innovations.
Avertissement... à l'éditeur
Pourtant, Josh Koppel, de ScrollMotion le clame : les possibilités sont fantastiques, avec l'ajout de l'interactivité, particulièrement pour stimuler le plaisir des jeunes lecteurs, éléments primordiaux. Or, les éditeurs sont-ils aujourd'hui opérationnels pour ce mouvement ? Selon lui, le pari est complexe, et encore une fois, on cite l'exemple de Napster pour avertir l'édition de ce qu'elle ne doit surtout pas faire. Apeurées à l'idée de perdre le contrôle des livres numériques, les maisons devraient au contraire développer leur secteur Recherche et Développement, en profitant de l'enthousiasme.
Compréhension des professionnels et droits
Andrew Weinstein, d'Ingram Digital, rappelle que les éditeurs n'ont pas vocation à être des spécialistes du numérique : leur travail, c'est le contenu et bien que beaucoup pratiquent le Wait and See, d'autres s'engagent dans l'expérience. Des sociétés comme Ingram sont justement là pour proposer des solutions aux éditeurs. Mais le constat reste le même : le marché est encore tout frais, jeunesse ou non, et son potentiel reste à découvrir. Il faut pourtant que les éditeurs aient en interne une compréhension des enjeux et des technologies, pour orienter leurs choix.
Et de fait, la question des droits surgit illico : aujourd'hui, les contrats intègrent la possibilité de vendre du numérique, chose qui n'était voilà peu encore pas stipulée. Mais une zone encore grise persiste. Contrôle des droits, mais également de la diffusion : la chaîne traditionnelle reste bien plus simple à maîtriser. Comment faire respecter un embargo pour des fichiers numériques ?
Lire, d'accord (pas mal) mais sur quoi ?
La question des supports de lecture est également venue : iPhone pour les uns, de par son écran tactile et sa démocratisation, pour d'autres, certains textes peuvent supporter un tel écran, mais pour du scolaire à proprement parler, impossible de se contenter d'un tel appareil. Il faut trouver un appareil multifonction, avec de la couleur, capable de rendre correctement les pages telles qu'on les découvrait dans les manuels.
L'édition jeunesse et le numérique : enjeux d'un futurÀ ce titre, netbook, portables et ordinateurs sont encore privilégiés pour l'ebook. Pas tout à fait juste, si l'on se souvient des dernières statistiques présentant une majorité pour les lecteurs ebooks, certes, mais du côté des adultes et pour le téléchargement de livres...
Reste qu'une question légitime est celle du format : quel sera-t-il dans 50 ans ? Légitime ? Pas vraiment : ce genre de prospective n'est pertinente pour personne, car les évolutions se poursuivront. Maintenant, comment être assuré que l'on pourra transmettre demain à ses enfants des livres numériques achetés aujourd'hui ? Faites confiance à internet pour trouver des solutions.
Prix et contrôles : valoriser et diffuser
Inévitablement, la question du livre se posait : ceux pratiqués par Amazon et consorts auraient tendance à dévaloriser les ouvrages, estime Len Feldman, de Digital Resources. Au moins l'industrie du livre ne connaîtra-t-elle pas les mêmes écueils que celle de la musique : durant des années, les éditeurs ont bien géré les prix pour le marché. Au contraire, la musique a été détruite dans sa structure par l'arrivée du numérique. Aujourd'hui, les besoins ne peuvent cependant pas être les mêmes : acheter un roman au chapitre n'a pas grand sens. Mais des nouvelles alors ?
Il est cependant dangereux de perdre le contrôle des prix dans un secteur, ajoute Weinstein. Et pour glisser insensiblement d'un contrôle à un autre, voilà que surgissent les DRM : importants pour créer des murs qui cadrent la diffusion. Mais bien qu'elle ne soit pas parfaite, cela ne signifie pas pour autant que les éditeurs doivent la refuser. Le piratage des textes ne vient que de ce que l'éditeur aborde la question du numérique et accepte de prendre ce risque. Pour donner de l'attrait, un contenu additionnel est primordial dans ce secteur. « Le piratage, d'une certaine manière, ce sont des gens qui réagissent à des prix élevés et une certaine inaccessibilité. »
Le devenir du secteur jeunesse dans les livres pour enfants suscitera de la part des intervenants un véritable enthousiasme, de par le potentiel que la technologie contient. Des usages futurs amusants et inattendus, voilà l'avenir qui se dessine, de la meilleure des façons.

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