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Le label Fania ou la poule latine aux œufs d’or

Publié le 22 septembre 2009 par Kub3

Quand on écoute les artistes de la Fania, on a toujours l’impression de reconnaître certains de leurs thèmes, le genre de mélodies qui rentrent dans la tête et dont on ne connaît que rarement les auteurs. Si tel n’est pas le cas, on a néanmoins l’impression de les avoir toujours connus. Si vous vous trouvez dans un club de salsa ou si vous regardez un film américain mettant en scène des latinos, il y a de fortes chances pour que vous ayez droit à l’un des fleurons produits par la Fania.

En bref, la Fania est à la musique latine ce que la Motown est à la musique noire. Le label a été créé en 1965 par Johnny Pacheco et Jerry Masucci. Il est né de la volonté de commercialiser la musique latine et de donner du poids à la salsa. Aussi, la Fania a donné une fierté à la communauté latine de New York. Majoritairement portoricaine et cubaine, cette population vit le plus souvent dans le Bronx et à Spanish Harlem (el barrio). Quels artistes la fania a t-elle donc produit ? Il n’y a qu’à piocher un nom au hasard pour trouver son bonheur !

La chanteuse Celia Cruz et Hector Lavoe, le “chanteur des chanteurs” comme il se présente lui-même sont considérés comme les deux voix en or de la salsa. Les chanteurs complémentaires ne sont autres que Ruben Blades, Ismael Rivera et Bobby Cruz. Aux percussions, on trouve les fameux Ray Barretto, Tito Puente et Mongo Santamaria. De son côté, le tromboniste Willie Colon a laissé de grands chefs d’œuvre en solo et en particulier son album Crime pays (le crime paie) et sa pochette sur laquelle l’artiste s’affiche avec Rolls Royce et cigare.

La formation d’une “dream team”

Après que les artistes aient pu voler de leurs propres ailes, le plus beau arriva : la création de la Fania All Stars qui regroupe les meilleurs musiciens du label.

Ce qui caractérise la carrière de la Fania All stars, ce sont avant tout ses concerts mémorables. Le “Live at the Cheetah” donné en 1971 sans la salle de Manhattan a été enregistré. Il est à ce jour l’album de musique latine le plus vendu. La parade a continué en 1974 avec un concert au stade de Kinshasa (80 000 places) pendant un festival organisé conjointement avec le combat de boxe qui opposait Mohammed Ali à George Foreman. Le retour a New York se fait en beauté avec un concert au Yankee Stadium en 1975.

Avec presque 20 musiciens, la Fania All Stars est le big band par excellence. On retient surtout l’interprétation très “caliente” avec un rôle généreux attribué aux cuivres et surtout aux percussions. C’est avec la profusion de congas, bongos et campanas (cloches) que le groupe se différencie clairement d’un big band de jazz. Ce qui ne veut pas dire que la finesse est mise au placard. La mise en place est parfois tellement complexe qu’un chef d’orchestre est nécessaire, comme on peut le voir dans le concert de Kinshasa. C’est en cela que la Fania All Stars est exceptionnelle. La complexité des morceaux n’entache en rien la convivialité des musiciens et la véritable ambiance de feu qu’ils amènent à chaque représentation.

Décennies obligent, le groupe a aujourd’hui perdu de son rayonnement au profit de la bachata dominicaine et du reggaeton de Porto Rico. Mais il n’empêche que la Fania ne nous laisse que de beaux souvenirs. Et si on nous demande qui a synthétisé tous les rythmes cubains et portoricains pour arriver à cette fameuse “sauce” (salsa en espagnol), nous saurons probablement que répondre.


Ecoutez la Fania All Stars :
Fania All stars : Anacaona
Fania All stars : Quitate tu
Fania All stars : Coro miyare


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