Magazine Culture

Récital d'orgue d'Yves Lafargue à Nantua : un romantisme très contrôlé

Publié le 05 octobre 2009 par Christian Cottet-Emard

P1000805.jpgL’avantage avec l’orgue, en l’occurence l’instrument de Nantua, construit en 1845 par le facteur vosgien Nicolas-Antoine Lété, c’est que la découverte est au rendez-vous de tous les concerts. Chaque organiste apporte sa pierre à l’édifice en construction permanente qu’est l’interprétation. Par exemple, le public qui connaissait déjà celle de l’Offertoire opus 9 n°1 d’Alexandre-Pierre-François Boëly (1785-1858) grâce à l’un des disques enregistrés à cette même tribune par M-A. Leurent et E. Lebrun, a pu mesurer, avec celle d’Yves Lafargue, professeur d'orgue du Conservatoire de Lyon (CRR) et organiste titulaire de la basilique Notre-Dame de Fourvière, à quel point chaque organiste a sa propre vision d’une œuvre, sa personnalité unique. Dans ce répertoire, l'interprétation d'Yves Lafargue semble privilégier de belles couleurs sombres mais en se gardant de toute théâtralité. En somme, un romantisme très contrôlé.

Le programme proposé dimanche en l’abbatiale Saint-Michel par Yves Lafargue était parfaitement représentatif de l’esthétique dite de transition entre classicisme et romantisme attribuée à l’orgue de Nantua, non seulement avec la musique de Boëly dont quatre extraits des douze pièces opus 18 (andante con moto, allegro ma non troppo, canone all’ottava et fantaisie et fugue) sonnaient idéalement sur le Lété mais encore avec la cinquième sonate en ré majeur opus 65 de Felix Mendelssohn (1809-1847), la transcription pour orgue d’Yves Lafargue de l’allegretto de la septième symphonie de Beethoven (1770-1827) et, de Johann Sebastian Bach (1685-1750), le Contrepoint 14 de L’Art de la fugue BWV 1080, achevé par A.P.F Boëly.

Enfin, comme c’est presque de tradition à Nantua, Yves Lafargue n’oublia pas d’offrir au public quelques pages du très charmeur Louis-Alfred-James Lefébure-Wély (1817-1869) extraites de ses Meditationes religiosas (récit de hautbois, marche et andante) dont il donna en bis le chœur de voix humaines.

Ce concert organisé par l’Association des Amis de l’orgue de Nantua, l’Addim de l’Ain (label Patrimoine en Musique) et la Paroisse Saint-Michel, était présenté par Michel Jacquiot, organiste suppléant.

Pour qui veut prolonger le plaisir de ce récital et faire plus ample connaissance avec l’art d’Yves Lafargue, il existe des disques :
- Musique française pour Noël (enregistré sur le grand orgue de la salle de concerts de Sapporo sur l’île d’Hokkaido au Japon) avec des œuvres de Daquin, Balbastre, Boëly, Lefébure-Wély, Dupré, Messiaen. (Disque Jasrac).
- Yves Lafargue à l’orgue Ahrend de la Primatiale Saint-Jean, à Lyon (Disque Lyon-Cathédrale) : un DVD enregistré en 2007, Regards croisés sur le Mystère de Pâques

cd_20461.jpg
(orgue, chant, vitraux, peintures, sculpures) avec des œuvres de J. S. Bach, C. Racquet, H. Scheidemann, J. Titelouze, J.-F. Dandrieu. Sur ce DVD et sur le CD correspondant, on trouve aussi une œuvre d’Yves Lafargue qui est également compositeur : Strophe (Ave maris stella). Lauréat du concours de composition de musique sacrée pour chœur mixte de la Ville de Moissac en 2000, il a interprété lui-même sa pièce Strophe à l’orgue de Sainte-Croix de Bordeaux, en finale du concours de composition pour orgue (2002) et a remporté le concours national de composition de la Messe du Jubilé 2005 de Notre-Dame du Puy.

Photo : Yves Lafargue aux claviers de l'orgue Nicolas-Antoine Lété de Nantua.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Christian Cottet-Emard 3228 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine