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Festival du Film Britannique de Dinard 2009 : suite de la compétition officielle

Par Sandra.m
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Je poursuis mon périple cinématographique dinardais (tout en notant scrupuleusement pour en faire un best of les aberrations hilarantes ou consternantes que je peux entendre dans les files d'attente et dans les salles de la part de spectateurs ayant souvent allègrement dépassé la soixantaine qui trouvent que forcément « c'était mieux avant », que « c'est inadmissible », que « Dinard ce n'est plus ce que c'était »  qui sont les rois pour grappiller des places tout en vous faisant remarquer avec une admirable mauvaise foi que c'est vous qui prenez la leur, et auxquels il faudra vraiment songer à confier l'organisation du festival la fois prochaine tant ils semblent avoir des solutions à tout. Stoïque je suis. Stoïque je reste...) avec aujourd'hui trois films en compétition et une avant-première au programme (je reviendrai ultérieurement sur l'avant-première : « The Calling » de Jan Dunn).

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Cette deuxième journée a commencé très fort avec « White Lightnin' » de Dominic Murphy avant la projection duquel le directeur du festival, Hussam Hindi, est intervenu pour évoquer son coup de cœur pour ce film et pour prévenir les âmes sensibles de s'abstenir (rangez vos sarcasmes, je suis restée...malgré tout :- ))... « White Lightnin' » c'est en effet une plongée dans l'enfer des pensées désordonnées, vengeresses et surtout démentes de Jesco White qui, de séjours en maisons de redressement et en asiles de fous, entrecoupés de leçons de danse sur de la musique country,  forge sa folie meurtrière et sanglante ; un rythme démentiel, névrotique, saccadé et frénétique, qui imprègne la forme de ce film hypnotique, sans concessions au politiquement correct (à moins justement, qu'il ne le soit, à force de ne pas vouloir l'être à tout prix...), à la bande sonore très étudiée et réussie avec une voix off qui se voudrait ironique et décalée, à l'interprétation irréprochable mais dont la maîtrise formelle (oui, d'accord, Dominic Murphy a un univers et sait brillamment le démontrer) ne parvient pas à me faire oublier la vacuité du fond qui pour moi importe, quand même, beaucoup. Un film dont on dira sans doute, que c'est un coup de poing, d'un côté, qu'il est grotesque de l'autre (avec tous les excès caractéristiques d'un festival) et le plaisir (même pas coupable) de voir certains spectateurs aigris outrés m'auraient (presque) fait pencher du côté des premiers. Demain soir ce sera au jury de trancher...

Le deuxième film en compétition de cette journée « In the Loop » d'Armando Iannucci nous faisait radicalement changer d'univers nous plongeant dans une politique fiction (enfin quand même très proche de la réalité), une comédie acerbe dans laquelle Simon Foster (Secrétaire d'Etat Britannique pour le Développement International) interprété par Tom Hollander qui soutient par erreur l'action militaire en prime time à la télé (Le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre Britannique ont ainsi envie de se lancer dans une nouvelle guerre),  se fait ainsi plein de nouveaux « amis » à Washington.  Comédie au rythme échevelé (qui m'a d'ailleurs fait penser à « The Informant » de Soderbergh) pas si innocente que cela qui montre la guerre comme un jouet entre les mains de conseillers ambitieux qui ne s'embarrassent ni d'idéalisme ni de principes. Evidemment on songe à la guerre en Irak implicitement désignée. Une comédie mordante à ne pas manquer qui, néanmoins, ne figurera probablement pas au palmarès.

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Le troisième film en compétition de cette journée nous faisait encore complètement changer d'univers...eh oui je me répète mais cela prouve là encore une nouvelle fois la diversité de la programmation de ce Festival du Film Britannique de Dinard qui, avec « Sounds like teen spirit » de Jamie Jay Johnson nous présentait un documentaire, un genre pour la première fois en compétition officielle à Dinard, un documentaire qui a conquis le public et qui a de fortes chances d'obtenir le prix du public (mais je ne peux émettre réellement de jugement n'ayant vu que quatre films en compétitions sur six), « un popumentaire » comme son réalisateur le définit lui-même qui nous fait suivre les coulisses du Concours Eurovision junior de la Chanson. Avec ce documentaire, Jamie Jay Johnson prouve qu'avec un sujet a priori naïf voire kitsch on peut faire preuve d'un réel univers sans que cela soit trash ou dénué de fond. Son regard n'est jamais condescendant sans pour autant être aveuglé par ses charmants interprètes judicieusement choisis et auxquels, grâce à leurs failles finalement universels et pas si enfantines, chacun peut s'identifier. Le résultat est à la fois tendre, caustique (le réalisateur sait placer sa caméra là où ça fait mal), émouvant et surtout terriblement drôle. Si « Young at heart » de Stephen Walker en avait réconcilié certains avec les chorales du troisième âge, Jamie Jay Johnson  leur fera passer un moment véritablement réjouissant grâce à l'Eurovision. Comme quoi, grâce à la magie du cinéma, et surtout à de talentueux cinéastes : tout peut arriver...

Demain soir, le palmarès sur inthemoodforcinema.com et bien sûr d'autres informations et photos de cette 20ème édition du Festival du Film Britannique de Dinard sur lequel je reviendrai ces jours prochains !


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