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Lagerfeld sous toutes les coutures...

Publié le 19 octobre 2007 par La Fille Aux Chaussures

K

 

a  rl Lagerfeld, le plus médiatique des couturiers, fait l'objet de deux livres et d'un film qui tentent d'éclairer la personnalité d'un homme secret, attaché à construire son propre personnage.

Signé Alicia Drake, ancienne collaboratrice du magazine Vogue (Grande-Bretagne), "The Beautiful Fall", paru en anglais à l'automne 2006 et depuis peu disponible en France, retrace les destins croisés et la rivalité, puis la haine, entre Yves Saint-Laurent et Karl Lagerfeld depuis les années 70.
L'auteur raconte comment ces deux jeunes "provinciaux rêvant de Paris", âgés respectivement de 18 et 21 ans, gagnent en même temps des prix de mode internationaux et restent des proches pendant les premières années.
Leurs chemins commencent à se séparer avec le triomphe du Français dès sa première collection pour Dior en 1958, époque où il rencontre Pierre Bergé avec qui il fonde sa maison de couture en 1961.

Saint-Laurent
éclipse de fait le jeune Allemand qui travaille comme simple styliste freelance de prêt-à-porter.

Alicia Drake
analyse les profondes différences dans leur style de couture et leur mode de vie, le premier développant son propre style tandis que l'autre "vampirise" tout ce qu'il voit, "en assimilant et recréant à sa façon".
Leur amour commun pour un même homme précipitera leur rupture.
Saint Laurent se proclame "le dernier couturier" et abandonne la haute couture en 2002. Lagerfeld entre chez Chanel en 1982 et fait revivre cette "maison de couture moribonde" sans cesse depuis.
En ayant fait du renouvellement permanent le mot d'ordre de la mode, Karl Lagerfeld a peut-être pris sa revanche sur son ancien rival, suggère l'auteur.
Moins ambitieux, le styliste Arnaud Maillard raconte dans "Merci Karl !", avec une bienveillance teintée de désenchantement, ses quinze années chez Lagerfeld Gallery, la griffe personnelle du couturier.
Il fait pénétrer le lecteur dans un monde où "les mises à mort se font avec le sourire, dans la douceur et l'empressement", où des cadeaux somptueux sont censés compenser les traitements injustes, les salaires médiocres et la disponibilité totale.

Karl Lagerfeld
y apparaît comme un homme d'une générosité "immense", un travailleur acharné qui "n'a pas de vie privée" et a du mal à "concevoir qu'on puisse en désirer une".
L'auteur constate au fil des ans le développement d'un "narcissisme" qui "devient gênant", la construction par le couturier de son personnage, que lui-même appelle sa "marionnette".
Interrogé sur le livre en marge des récents défilés de prêt-à-porter féminin, Karl Lagarfeld a déclaré: "je ne l'ai pas lu, il faut demander à mes avocats, il paraît que c'est nul".
Le cinéaste Rodolphe Marconi a filmé le couturier au quotidien pour un documentaire, "Lagerfeld confidentiel", où lui seul s'exprime.
Le spectateur suit Karl Lagerfeld dans son appartement plein de livres, de bagues et d'iPods, dans les coulisses des défilés, dans d'innombrables avions et taxis. Il le découvre en train de faire un croquis sur un coin de table, de photographier des modèles ou enfant en culotte tyrolienne.
Karl Lagerfeld, interviewé longuement, commente les images d'archive et répond aux questions, souvent avec humour. Il parle d'amitié, d'amour, de mode "La mode, c'est éphémère, dangereux et injuste".
Il "n'aime que le changement" et "ne tient à rien" et se définit comme "travailleur mais pas sérieux", comme "une improvisation totale". Le couturier, que l'on aperçoit furtivement sans ses célèbres lunettes noires, affirme qu'il n'a "pas de racines" et ne veut pas être "une réalité" dans la vie des autres, juste "une apparition".


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