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Air - “Love 2″ : looking 4 more

Publié le 14 octobre 2009 par Kub3

Love 2 ? Curieux projet que cet album à l’intitulé quasi cinématographique. Une suite sans œuvre de départ, un numéro 2 orphelin, un petit frère sans aîné… à moins que le but inavoué ne soit plus théorique et ne touche à l’universel ? « Love », voilà pourtant bien un concept qu’il convient de manier avec précaution. Comme si, cet automne, le duo Versaillais avait décidé de nous dévoiler en exclusivité ce qu’il y a après l’Amour (premier du nom) et, sur sa lancée prophétique, pourquoi pas aussi après la Mort.

Air - “Love 2″ : looking 4 more

En réalité un simple jeu de sonorité, le titre de l’album semble renvoyer à une formule de correspondance (« love [you] too »), qui s’effectuerait pourquoi pas post mortem : « Air continue de nous envoyer des cartes postales de l’au-delà », écrivait un confrère. Des créations qui sont à placer sous le signe de l’éther, comme toujours chez un groupe qui, pour dire le moins, ne fait pas ici sa révolution. Serait-il effectivement passé de l’autre côté du Styx, condamné à réciter en boucle les mêmes formules ?

Qu’importe si l’Air stagne, nos artisans n’ont plus rien à prouver en matière de pop délicate et enivrante. A la différence cependant de leurs premiers albums, et suivant peut-être la voie tracée par un Pocket Symphony très premier degré aux mélodies déjà presque fantomatiques, Love 2 ne fait pas dans le easy-listening. Pourtant, nulle ambiance Virgin Suicides ici, tout y est au contraire beaucoup plus léger (« light » n’est-il pas répété 3 fois dans les titres ?)… si léger d’ailleurs qu’à la première écoute, le sentiment dominant pourrait bien être l’ennui !

La chanson qui se dégage pourtant avec l’évidence du single, c’est d’abord Sing Sang Sung. Un petit côté délicieusement décalé à la Mer du Japon, et une ritournelle chantée qui rappelle, le sourire en coin, que la French Touch est une anglophile transie. On se laisse ensuite facilement envahir par les « Premiers Symptômes » d’un Tropical Disease qui rappelle en effet les toutes premières compositions de messieurs Dunckel et Godin.

En ouverture de l’album, Do The Joy nous ramène lui davantage à la période 10,000 Hz Legend et à la gloire américaine dont les voix vocodées et les modulations classieuses furent synonymes. Même datation au carbone 10,000 pour les vocals du presque rock Be A Bee, d’ailleurs composé en 1998. D’autres titres à guitares font ressusciter les cordes avec plus (Eat My Beat) ou encore plus (So Light Is Her Footfall) de bonheur.

Oui mais quitte à remonter le temps, on aurait aimé retrouver l’âge d’or de Talkie Walkie ou de Moon Safari… hélas le miracle ne se produit jamais tout à fait. On regrettera surtout que de nombreux titres se contentent de sonner gentiment vide, joliment creux, comme si les mélodies n’avaient plus rien à dire mais qu’elles voulaient le dire à tout le monde (You Can Tell It To Everybody), à l’image d’un certain art contemporain où l’artiste se repose sur le public de son œuvre pour y injecter à sa place du contenu.

Emblématique de ce dysfonctionnement, Love se contente de répéter ce beau mot sans être capable de lui fournir le supplément d’âme qu’il mérite, et n’évoque finalement qu’un cœur aux battements trop tièdes. Voilà peut-être pourquoi il fallait au morceau cette longue suite, en 11 autres chansons.

Love 2 de Air, sortie le 5 octobre 2009
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Tracklist :
1. Do The Joy
2. Love
3. So Light Is Her Footfall
4. Be A Bee
5. Missing The Light Of The Day
6. Tropical Disease
7. Heaven’s Light
8. Night Hunter
9. Sing Sang Sung
10. Eat My Beat
11. You Can Tell It To Everybody
12. African Velvet

Crédit photo : Luciana Val & Franco Musso


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