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Le rapport de Brodeck (Philippe Claudel)

Par Alexandra
Le rapport de Brodeck, un puzzle noir à la progression hallucinante, l'Humanité en 400 pages, sa nature la plus odieuse, sa culture la plus forte, son combat partout. Ce qui me sidère le plus, c'est de toucher à tant de méandres, à tant de non-dits, à tant de gravité sans sensiblerie ni intellectualisme. Le héros Brodeck est étonnamment factuel. "Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait." Puissant, dense, intense, grave, beau, odieux … Lire au rythme des découvertes de Brodeck. "J'allais non seulement vers la négation de ma propre personne, mais aussi, dans le même temps, vers la conscience pleine des motivations de mes bourreaux, et de ceux qui m'avaient livré à eux. Et donc, en quelque sorte, vers l'ébauche d'un pardon." C'est dense, c'est rapide, ça s'accélère, le rythme de la lecture comme le cœur qui bat. L'intensité est exponentielle, vous êtes saisis par le suspense haletant, mêlé à la peur de savoir la vérité. Bien des impressions de lecture comme le rien de racontable sur ce livre sans dévoiler la mariée pourraient laisser à penser que "Le rapport de Brodeck" est un polar-fiction. On préférerait pouvoir le souhaiter. Mais il n'en est rien. Chaque ligne de cette œuvre magistrale raisonne avec l'Histoire de l'homme. "L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager."

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