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Un homme perdu

Par Rob Gordon
Avant de défendre un film comme Un homme perdu, il convient de prévenir le spectateur-aventurier qu'il s'apprête à embarquer pour une heure et demie d'austérité pure, à peine réhaussée par d'alléchantes envolées sexuelles. Le film de Danielle Arbid est un mur de pierre qu'il faut escalader à mains nues pour obtenir sa récompense. Une fois cet effort consenti, Un homme perdu s'impose comme une jolie surprise dans un cinéma français trop souvent enfermé géographiquement. Arbid suit un photographe (Melvil Poupaud, saisissant) dans sa quête d'images et d'aventures charnelles, épaulé en cela par un homme mystérieux qui réapparaît après avoir disparu dix-huit ans plus tôt. L'homme perdu du titre est en fait composé de ces deux types-là, dont la relation ambiguë constitue finalement le noeud du film.
Nouvelle preuve que les femmes en ont plus que les hommes quand il s'agit de filmer la chose : Arbid met en images la violence des relations sexuelles du photographe, esquissant par petites touches la noyade de cet homme dans des sentiments qu'il ne connaît pas. Ce sexe-là est beau, âpre, et magnifiquement filmé. Et l'occasion pour Yasmine, l'une des dernières égéries Dorcel, de prêter sa plastique irréprochable et sa voix de velours à un film plus traditionnel. Paysages dévastés et hommes pas mieux, images déchirantes et errances nocturnes : pas facile mais franchement beau, le cinéma de Danielle Arbid vaut certainement qu'on s'y attarde.
7/10

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