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Interview MVSC

Publié le 22 juin 2009 par Cloudsleeper

MVSC
‘Sunderland’
Playout !
Tout a commencé semble-t-il lors de vilaines rencontres nocturnes (sur scène à Dour ou en boîte) et avec quelques inclinations pour le remix à quatre mains… Bref des convoitises charnelles d’apparatchiks de scènes qui devaient se matérialiser un jour ou l’autre. Après de longs tâtonnements, ces gageurs de MVSC tapent dans l’electro-rock et sortent ’Sunderland’. Une fois n’est pas coutume, on ne parle pas de formule pour ce genre de disque mais bien d’incarnation. Ce que chacun apporte aux titres (electro classieuse, guitares indie, vocals transis etc.) ressort en un terrain de jeux fertile et original tout en se bousculant dans un paysage disco actuel et sophistiqué. Quelques influences transparaissent ci et là : le titre éponyme n’est pas loin des Rapture, peu importe c’est une vraie balle, l’excellent ‘Sunshine’ évoque furtivement un frai petit diamant des 80’s… seul un Thom York fantôme me laissait sceptique sur ‘The Game You Never Play’. Cela pourrait faire dire aux mauvaises langues que les titres sont aussi clinquants et vantards que les présidents de parti au soir des élections. Libre à elles de foutre une sacrée paire de claque à ces goinfres du pouvoir, juste pour se défouler… puis aussi de s’en prendre une ou deux en écoutant le magnifique traitement sonore d’un titre comme ‘Fat Boy’ qui va bien au-delà de la simple valeur FM. Je suis sûr que ça finira par leur mettre les crocs et les emmener vers le dancefloor. Voilà où nous conduisent toutes les concupiscences de MVSC et là, on est tous le « gagnant » ! (jd)

Interview MVSC
Crénom, encore un nouveau groupe-acronyme ! Ça met tout le monde d’accord et c’est facile à retenir, c’est ça ? On dit comment ? emmmvvvièsssi ? Sinon essayez la version longue : Montevideo versus Compuphonic, soit des gars bien en verve dans leurs domaines respectifs, que l’on parle de rock lippu et d’une guitare à Ghinzu, ou bien de DJ sets et de production. Voyons un peu d’où sort ce son parfaitement sophistiqué et turbulent.

Jean (Montevideo) : « On a des backgrounds très différents parce que Max flirte avec ce monde electro depuis longtemps et il produit notamment des titres sur le label Turbo qui ont un bon impact à l’international dans son domaine. Quant à Montevideo, en tant que groupe rock, on a sorti notre premier album en 2006 et on a fait le tour de pas mal de festivals depuis deux ou trois ans. Si nos parcours artistiques sont bien distincts, on y avait trouvé déjà un certain équilibre artistique. En travaillant ensemble, on a trouvé peu à peu une cohérence qui nous a emmené dans de nouvelles directions. »

Max (Compuphonic) : « Avec ce projet-ci, on s’est dit : « faisons-nous plaisir en dehors de tout repère ». C’est même un certain luxe pour nous car c’est un album sans pression, avec des morceaux libérés, beaucoup de tempos et de styles, le tout avec une patte sonore sur laquelle on a beaucoup travaillé. »

C’est ça qui m’a frappé en effet, c’est ce magnifique traitement sonore, quel que soit le style du morceau, sans pour autant tomber dans les clichés electro-rock ; je pense spécialement à ce titre ‘Fatboy’ qui n’est pas un truc de dancefloor mais qui a un son monstrueux…
Jean : « Au début, on jouait ce morceau quand on avait des dates en live mais on s’est rendu compte que quelque chose ne prenait pas. Puis, lors du mixe en studio, il y a une sorte de magie qui s’est opérée et on a pu transcender les styles electro/rock ; ça a été un déclencheur dans le projet et un des premiers morceaux qu’on a écrit pour MVSC. Je crois que c’est notre longue période de maturation qui a permis cela : on est passé des expériences live à Dour notamment à une approche de travail en studio avec une remise en question et une refonte de ce qu’on avait élaboré auparavant. »

Max : « Cette approche groupe de rock vs DJ n’est pas unique et intéresse pas mal de personnes. Mais on veut rester dans approche plutôt club et c’est comme ça qu’on se retrouve à l’affiche des 10 Days Off de Gand. Pour nous ça a beaucoup de sens de faire une date comme ça car le but n’est pas d’aligner un maximum de dates de festivals avec un concert qui pète plus que les autres.  Le but c’est vraiment d’allier l’énergie electro et le monde du club et de pouvoir jouer notamment des trucs comme ‘Fatboy’ qui apportent autre chose dans les oreilles. »

Il y a ce titre ‘The Game You Never Play’ dont la voix évoque Thom York mais dont les arrangements sont limités au maximum semble-t-il. Pourquoi ne pas avoir poussé plus loin le risque dans le travail sonore, non pas dans la direction de l’Anglais mais avec vos propres spécificités ?
Max : « Au départ, il y avait cette chanson que Jean chante de façon somptueuse. Moi je ne me suis pas dis « ah oui, ça c’est Thom York ». Ce qui est sûr, c’est qu’on a voulu éviter de faire la surenchère et de complexifier car pour moi, la force de ce titre, c’est justement cette voix très en avant et l’aspect très épuré. Il y a tant de groupe qui ont un chouette gimmick, de chouettes compos mais qui empruntent toute sorte de détours avant d’aller à l’essentiel. »

En Belgique, on a d’autres musiciens se sont lancés dans cette approche DJ vs groupe rock, je pense à Soulwax, Magnus etc.
Jean : « Quant on voit le parcours de ces gens, ce qui est essentiel, c’est de pouvoir être polyvalent. Ça c’est une force énorme. Cela permet de sortir un peu de ton monde et de développer des idées que tu n’aurais sans doute pas autrement. C’est cette diversification et cette prise de risques qui sont intéressants… Mais sans se perdre pour autant! »

Sur le Myspace de Montevideo, il y a un titre, DFTLT, qui sonne particulièrement electro. Etaient-ce les prémisses de ce qu’on entend sur ‘Sunderland’ ?
Jean : « On avait enregistré ça à l’époque avec Ghinzu, lors de l’enregistrement de leur album. Ce n’est pas lié à MVSC, ni un projet en soi mais c’est important de pouvoir se permettre des bons délires. Et surtout il faut pouvoir garder une certaine souplesse pour pouvoir se diversifier justement. »

MVSC naît dans le contexte de la crise du disque que l’on connaît. Cet album est-il un simple one shot ou bien y a-t-il des idées à plus long terme pour MVSC ?
Jean : « Maintenant, ce qui est clair, c’est que ce groupe existe en soi. Cet album a vraiment ouvert une porte. Mais on ne veut pas être dans une dérive où il faudrait déjà envisager de faire trois albums etc. On préfère garder notre liberté et avoir toujours la possibilité de se retrouver la semaine prochaine ou quoi à réenregistrer un titre pour en faire une version club ou de demander à tel DJ de faire un remix intéressant et de balancer ça sur notre myspace pour l’offrir aux gens. »

Max : « En rapport avec la crise du disque, on se dit simplement qu’il vaut mieux essayer de faire un peu parler de nous régulièrement à travers un maximum de projets. Un album c’est une chose et c’est magnifique de pouvoir le faire. Mais il y a aussi les maxis, les remix et bien d’autres idées à creuser. L’important est de ne pas s’en tenir au format album qui, selon nous, est beaucoup trop limité. C’est-à-dire que dépenser 30000 euro pour sortir un album, c’est une somme colossale. À côté de cela, il faut continuer à créer du mouvement autour de maxis par exemple qui peuvent être produits rapidement et à peu de frais. Si tu les sors sur un gros label comme Turbo, tu pourras en vendre une belle quantité et bénéficier d’une bonne exposition par rapport au public et aux médias. C’est une formule beaucoup plus flexible car on peut tout faire nous-mêmes et on ne doit plus passer par la lourdeur et la lenteur des systèmes de production et de distribution classiques. »

Jean : « C’est pour ça aussi que c’est intéressant de travailler avec Max car son approche est très différente de celle qu’on a eu pour Montevideo où c’était un contrat, trois album point barre. L’album c’est très bien car tu peux vraiment aller au fond des choses artistiquement parlant. Mais c’est un leurre de croire qu’on peut vivre de cela. Or les maxis non seulement c’est un processus beaucoup plus intuitif et dans l’instant, mais je crois que c’est aussi une façon de se diversifier pour faire face à la crise du disque. »


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