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L'humanisme fait-il avancer l'humanité?

Par Beniouioui

Image6 Cela fait un peu plus d'un an que ce blog existe. Oh, certes il n'est pas encore d'un esthétisme fou et a des fonctionnalités limitées par la compétence technique des BeniNewsers mais il a déjà abordé de nombreux sujets plus ou moins complexes.

Aujourd'hui, le sujet est dans la tranche des "très complexes", car l'humanisme que je veux discuter se pense et peut paraitre charitable.

Premier sujet : le jugement que vient de rendre le tribunal administratif de Besançon autorisant un couple homosexuel à adopter.

Il y a presque 2 ans, suite au refus du Conseil Général du Jura de permettre à Emmanuelle, célibataire qui n'avait pas caché son homosexualité, d'adopter un enfant, Emmanuelle et sa compagne étaient allées ester devant la fameuse Cour Européenne des Droits de l'Homme. Notre CEDH favorite (celle qui interdit les curcifix en Italie) avait évidemment condamné la France pour "discrimination sexuelle" mais n'avait pas pas pour autant effrayé le Conseil Général du Jura qui resta droit dans ses bottes... Jusqu'à ce qu'un tribunal administratif jurassien utilise les siennes pour lui botter le derrière. Faire une première. Et réjouir Noël Mamère.

Que dire?

Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose.

Deuxième sujet : la proposition de loi sur l'euthanasie qui vient d'être déposée par 120 députés socialistes à l'Assemblée nationale et qui sera discutée le 19 novembre prochain.

4 ans après l'adoption de la loi Leonetti sur les droits des malades et la fin de vie (avril 2005) et un an après la remise d'un rapport évaluant son application, le groupe socialiste vient de déposer deux propositions de lois relatives à l'euthanasie auprès de la présidence de l'Assemblée nationale.

Que dire?

Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose.

***

Ces deux thèmes n'ont rien à voir l'un avec l'autre, à l'exception quand-même d'un point commun qui devient le fer de lance de la société contemporaine : l'humanisme.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à deux personnes qui n'ont pas choisi leur orientation sexuelle de transmettre à un enfant tout l'amour qu'ils ont à donner.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à une personne condamnée à mourir dans d'atroces souffrances de "mourir dignement" et paisiblement.

Humanisme... Quand je dis que le sujet est complexe, je veux peut-être dire que le mot est complexe.

Je ne détaillerai pas toutes les raisons qui me poussent à m'opposer à ces deux mesures, que j'ai déjà en partie expliquées (ici) et qui tiennent non seulement de la spiritualité mais également de l'anthropologie, de la sociologie, de la psychologie. Mais il me semble que dans toute cette humanité, on oublie finalement ... l'homme.

Si pour certains, l'homme est une matière évoluée, pour BeniNews l'homme est le coeur de la création. Le coeur de ce grand projet divin. Le coeur de ce mystère qui nous dépasse. Et c'est justement dans cette humilité du dépassement que se situe mon opposition à l'humanisme matérialiste actuel.

L'homme a été créé avec son fonctionnement, avec ses joies mais aussi ses souffrances, avec son amour et son besoin de l'Autre, avec ses talents différents et pas forcément cumulables, avec son incompréhension du mystère et son espérance. Avec sa transcendance.

Aujourd'hui, l'homme veut décider de son bonheur à la place de Dieu. Cette "espérance" scientiste n'est pas nouvelle et a déjà fait des émules au cours de l'histoire. Mais l'homme moderne commet, à mon sens, une erreur fondamentale : il est trop libéral. Il croit, comme Adam Smith en économie, que ses décisions égoïstes vont mener à un bien commun. Il veut forcer la "main invisible" de Dieu à aller dans son propre sens individuel.

Nos décisions d'enfanter, d'adopter, de mourir deviennent des décisions prétentieuses (le mot est trop fort) de Monsieur Je-sais-tout. Dieu a créé l'homme et la femme? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Le mal, la mort existent? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Bref, je suis plus fort que Dieu.

On me dira que ma religion n'est pas charitable avec certains et que je m'en fous, car je n'en suis pas. Pas homosexuel, pas souffrant, pas que sais-je... Oui et non. Peut-être en fait que mon Dieu n'admet pas nombre de mes actes, que j'en suis conscient, que je fais avec, que je cherche à comprendre et que j'essaie de m'améliorer.

Toute cette histoire est résumée par une news du site Internet de Télé 2 Semaines. Frédéric Lopez, animateur de l'émission Rendez-Vous en Terre Inconnue, a décidé de dénoncer les people qui ont refusé de venir à son émission. Ainsi Vanessa Paradis et Benoît Poolevorde qui préfèrent rester avec leur famille plutôt que passer plusieurs jours avec les papous ou les inuits seraient de mauvais bougres. Le développement durable oui, la famille fausse excuse. Mais pourquoi serions-nous obligés d'oeuvrer tous dans le même sens médiatique?

Oui l'humanisme est devenue une drôle de valeur. Un nouvel humanisme veut balayer une vision ancestrale de l'amour familial. C'est étrange et parfois inquiétant. Car si c'est quand on met ses mains dans la prise qu'on comprend l'interdiction de Maman, c'est peut-être quand on aura été trop loin qu'on comprendra que les preceptes spirituels n'étaient pas forcément absurdes et que Dieu n'est pas un mauvais père.

Si l'humanisme s'intéressait à l'âme en plus du corps...


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LES COMMENTAIRES (2)

Par Light
posté le 01 décembre à 01:23
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Désolé pour les répétitions, Facebook me posait quelques problèmes au moment de ma connexion lors de mon envoi.

Par Light
posté le 01 décembre à 01:22
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Je comprends les arguments exposés ici, mais je ne les cautionne pas. L'humanisme pour exister se doit de se détacher des notions non rationnelles (telles la religion, les croyances dogmatiques et les habitudes culturelles), puisqu'il se veut une évolution de la pensée humaine : il ne peut conserver un modèle de pensée, certes révolutionnaire au niveau de ses avancées relationnelles de respect et autre pour l'époque, "arriéré". Hors, les considérations religieuses sont un modèle de pensée qui appartient au passé. L'humanisme actuel se doit de se détacher de cela s'il veut faire progresser l'humanité, les relations et la pensée humaine. Utiliser donc la religion pour réfuter des décisions plus rationnelles et respectueuses de l'homme en tant qu'individu et non en tant que partie d'un groupe me parait donc irrecevable aujourd'hui. (Chacun a droit à ses croyances pour se guider à un moment ou un autre voir toute sa vie, mais les pensées humanistes se doivent d'aller plus loin, non pas pour permettre à l'homme de remplacer Dieu, mais pour qu'il se mette à sa place, ait plus de responsabilités, responsabilités qu'il laissait au Divin antérieurement.)

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