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"Clones"

Par Loulouti


Jonathan Mostow doit vraiment maudire la science fiction. Après avoir fusillé "Terminator 3 : le soulèvement des machines" dans les règles de l’art (scénario poussif, casting peu judicieux, boulimie d’effets spéciaux, dénouement hésitant et un Arnold s’amusant à s’auto parodier), le metteur e scène nous revient avec un nouveau long métrage intitulé "Clones".

Les clones ont remplacé les humains dans le monde extérieur et les humains  restent cloîtrés chez eux pour diriger leurs doubles cybernétiques. Certains humains vivent dans des enclos de résistance à l’écart des machines.

Un jour, un clone et son modèle sont assassinés mystérieusement en même temps. Les agents Greer (Bruce Willis) et Peters (Radha Mitchell) du FBI mènent l’enquête.

Je dois vous avouer que mon opinion est plus que mitigée.

Le premier élément d’importance dont découle pas mal de conséquences concerne tout bêtement la longueur du film. "Clones" dure exactement 90 minutes, pas une seconde de plus. C’est vraiment trop peu. L’impression est que les choses vont beaucoup trop vite. Les situations s’enchaînent selon un schéma narratif trop linéaire.

A la base le sujet est très intéressant à défaut d’être original. Il s’agit de l’adaptation du comic book "(The) Surrogates" (titre original de "Clones" imaginé par Robert Venditti et Brett Weldele).  

Le sentiment prédominant est que la mise en images de "Clones" ne prend pas le temps de présenter les personnages, de mettre en place l’intrigue avec plus de netteté et de force. Un problème est posé et le moment suivant la solution est trouvée.

L'oeuvre manque de moelle, d’épaisseur. L'ambiance semble artificielle et aucune étrangeté ne plane au dessus des personnages.

Le scénario n’a visiblement retenu que les éléments les plus spectaculaires du matériau d’origine. Les personnages n’ont pas une psychologie très développée. Seules quelques pistes sont à peine ébauchées. Je sais que c’est la mode depuis 4-5 ans mais les protagonistes n’ont pas ce petit côté sombre qui sied tant à certains héros.

Les intrigues secondaires sont cousues de fil blanc. Le secret de l'enquête se devine au bout de quelques minutes et le happy end final n’arrange pas franchement les choses.

Sur le fond l’aliénation de l’homme à la machine reste à l’état de vœu pieu. Très vite l’action prend le pas sur une certaine réflexion philosophique concernant le devenir de l’humanité ou sur la place de la machine. Il y avait là une formidable occasion pour mettre un peu de sens, de la "matière à" dans un produit hollywoodien.

Mais bon je suis un éternel optimiste.

Cependant je me répète. "Clones" aurait mérité d’avoir plus de substance.

"Clones" n’est pas un navet. Le rythme du film est bon en lui-même. Le fait que le long métrage soit court ne donne pas l’occasion au spectateur de s’ennuyer une seule seconde. Le film s'articule autour de nombreuses péripéties et de rebondissements. L’action est omniprésente et certaines séquences comportent des moments de bravoure.

L’univers futuriste des clones est assez bien rendu. Les effets spéciaux sont plus que satisfaisants. Personnellement j’aurai aimé que la technologie soit un peu plus présente dans ce long métrage. Cependant je pense que l’intention de Jonathan Mostow était de ne pas trop en faire de ce côté-là, pour établir une certaine proximité entre le sujet traité et le spectateur d’aujourd’hui.

Un bond dans le temps trop important n’aurait certainement pas permis au réalisateur de stigmatiser l’importance grandissante du vecteur technologique sur l’élément humain.

Les acteurs se voient offrir la possibilité de d’interpréter plusieurs personnages (un être de chair, un ou plusieurs clones). Et ils s’en tirent plutôt bien. Radha Mitchell, Rosamund Pike et Bruce Willis en tant que clones ont un certain détachement, une distance et une froideur qui finissent par se révéler efficaces.

Côté "humain", les deux actrices apportent une touche de sensibilité et d’humanité alors que Bruce Willis tire à nouveau son épingle du jeu. L’acteur américain endosse sa sempiternelle panoplie du flic bourru chargé de défendre le monde entier. Son jeu est propre et net. Son impact est indéniable sur le film.

"Clones" n’est pas le film du siècle ni le nanard des années 2000. C’est un long métrage honnête qui se regarde sans déplaisir mais qui manque ce que j’ai l’habitude de nommer "le petit supplément d’âme".

Le potentiel était là pourtant pour mettre en scène quelque chose de somptueux.

Bien dommage.


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