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Prix Femina 2009 – Personne de Gwenaëlle Aubry

Par Jpsainsot

Personne est le 5e roman de Gwenaëlle Aubry, et c’est celui qui lui ouvre les portes du prix Femina. Une écriture élégante, une construction originale du récit qui est également très rythmé…ça vaut le détour.

Présentation de l’éditeur
Personne est le portrait, en vingt-six angles et au centre absent, en vingt-six autres et au moi échappé, d’un mélancolique. Lettre après lettre, ce roman-abécédaire recompose la figure d’un disparu qui, de son vivant déjà, était étranger au monde et à lui-même. De  » A  » comme  » Antonin Artaud  » à  » Z  » comme  » Zelig  » en passant par  » B  » comme  » Bond (James Bond)  » ou  » S  » comme  » SDF « , défilent les doubles qu’il abritait, les rôles dans lesquels il se projetait. Personne, comme le nom de l’absence, personne comme l’identité d’un homme qui, pour n’avoir jamais fait bloc avec lui-même, a laissé place à tous les autres en lui, personne comme le masque, aussi, persona, que portent les vivants quand ils prêtent voix aux morts et la littérature quand elle prend le visage de la folie.

Biographie de l’auteur
Gwenaëlle Aubry est née en 1971.

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LES COMMENTAIRES (1)

Par brunochauvierre
posté le 19 novembre à 21:39
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C’est l’histoire d’une fille qui comprend son père. Son moi faible, son moi fou, rend ce père plus transparent à sa fille que ne le serait un papa au moi fort. Moi faible, moi du fou dont le décryptage permet à l’auteure de rejoindre la recherche paternelle d’une coïncidence avec soi, nimbée de la sombre lucidité de l’intellectuel devant sa folie.

Ce père à travers ses enfants, rejoue sa propre histoire infantile, redevient l’enfant de cinq ans qu’il n’a jamais cessé d’être au plus profond de lui-même. Le texte premier, celui qu’il a rédigé et que sa fille commente, est explicite : « Eternel enfant de 5 ans, enfant de chez moi, héros à l’extérieur : dualité bien connue et parfois à l’origine de la psychose maniaco-dépressive » (page 47). C’est que ce père est habité par tant d’autres, SDF ou James Bond, dont il joue les rôles pour remplir son propre vide, son absence de personne.

Pourtant, ce qui est dit, ne se rapporte pas uniquement à la P.M.D. On est simplement dans l’histoire d’une fille qui accède à la vérité du père et l’aime pour ce qu’il est, comme savent le faire nombre de filles dont les pères ont des difficultés avec l’ordre social et la justice. L’auteure porte-parole de ces filles-là ? Elle écrit (page 58) : « Les règles et les lois, il en avait besoin pour leur obéir et les transgresser, pour être puni, rappelé à l’ordre, ou pour les appliquer, il y tenait sans savoir de quel côté il était, flic ou voyou, ça au moins ça ne bougeait pas, c’était son garde-fou. »

Pas besoin d’être psychiatrisé pour en être là. L’important, ici, c’est la compréhension de l’autre, de sa propre fille, ça facilite à l’intéressé l’acceptation de sa propre fragilité. Une fille qui sur sa fin le protège en l’installant dans le reliquaire rassurant et protecteur des objets aimés, rescapés des désastres de vie.. La démonstration de l’auteure, montre comment l’amour d’une fille aide l’homme au moi faible à faire un peu bloc avec lui-même.

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