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Les peintures du désert bientôt datées ?

Par Fuzzyraptor

tassili

Une fana de peintures rupestres comme moi ne pouvait pas passer à côté de l’article du Journal du CNRS de novembre intitulé « Les peintures du désert vont enfin parler ». On y apprend qu’une délégation d’archéologues français et algériens s’est installée ce mois-ci sur le plateau du Tassili, dans le Sahara, pour enfin dater les somptueuses peintures rupestres de la région.

Le codirecteur de la mission est Jean-Loïc Le Quellec, directeur de recherche CNRS au Centre d’études des mondes africains, que j’ai eu le plaisir d’interviewer pour un article dans Beaux Arts magazine (à lire ici). Je vous conseille en passant son bloc-note électronique, une vraie invitation à la rêverie.

Témoins de la vie au Sahara avant sa désertification, ces peintures ont inspiré un grand nombre d’artistes, dont le « carnettiste » Simon. Il faut dire que ces silhouettes élancées, ces éléphants, girafes et hippopotames, superbement reproduits sur la roche et maintenant cernés par le désert aride, semblent sortis tout droit d’un rêve.

Longuement reproduites et interprétées, ces fresques n’ont encore jamais été datées. Puisque le Sahara est devenu un désert voilà 2000 ou 3000 ans, les chercheurs considèrent qu’il s’agit de l’âge minimal de ces peintures. Mais elles peuvent être beaucoup plus vieilles. 5000 ans ? 10 000 ans ? Pour information, les peintures de Lascaux ont 17 000 ans et celles de Chauvet 30 000 ans…

Le Tassili étant soumis aux vents chargés de sable, ses peintures classées au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco sont en voie de disparition, à plus ou moins long terme (pour plus d’infos, voire la fiche du lieu).

Pour les plus courageux, j’ai aussi dégoté un rapport de l’Unesco, co-signé par Pierre Vidal, spécialiste de la conservation de l’art pariétal (voir à partir de la page 74).

Plusieurs techniques vont être mises à contribution pour « faire parler » les fresques : datation du liant au carbone 14, analyse de la nature des pigments, datation du sable au pied des fresques par thermoluminescence (voir un dossier du Ministère de la culture sur cette technique), recherche d’objets (pinceaux, colorants, godets à peinture), relevés photographiques.

Pour les trois ou quatre prochaines années, deux campagnes annuelles sont prévues, au Tassili mais aussi sur les sites de l’Ahaggar et de l’Atlas saharien.

Photo : © D.Vigears


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