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Réforme de l’école primaire : le ministre brandit le programme

Publié le 29 octobre 2007 par Willy



Réforme de l’école primaire : le ministre brandit le programme

VÉRONIQUE SOULÉ - http://www.liberation.fr/ QUOTIDIEN : lundi 29 octobre 2007

La suppression du samedi

Elle est confirmée. Mais Xavier Darcos laisse le choix aux équipes pédagogiques de répartir les vingt-quatre heures de cours sur une semaine de quatre jours ou de quatre jours et demi avec le mercredi. Lui est pour la première solution : «Elle existe dans beaucoup de pays européens qui ont de meilleurs résultats.»

Mais le ministre, très critiqué pour avoir décidé sans consulter les partenaires sociaux l’abolition du samedi, veut ménager les sensibilités. La principale fédération de parents d’élèves, la FCPE, juge la semaine des quatre jours nuisible au rythme des enfants. Darcos a aussi promis aux maires des grandes villes de leur laisser cette liberté : les activités périscolaires et les cantines leur incombent. Et certains préfèrent garder le mercredi matin travaillé.

L’aide aux élèves en difficulté

«15 % des élèves sont largués à la fin du CM2», a dit le ministre de l’Education. Les deux heures supprimées du samedi matin leur bénéficieront en priorité. Les enseignants pourront choisir le rythme de ce soutien : quatre fois une demi-heure, deux fois une heure, etc. «On pourrait aussi leur proposer des stages de rattrapage pendant les vacances», a annoncé le ministre, sans préciser dans quel cadre ils auront lieu, et qui les financera. C’est une question de justice sociale : «Toutes les enquêtes le montrent, le meilleur critère pour réussir, c’est avoir une maman qui a fait des études et s’occupe de vous. Tous n’ont pas cette chance.»

Sur le principe, tout le monde est d’accord. Mais concrètement, comment faire ? «Souvent ces élèves en difficulté sont déjà épuisés par leur journée, dit Luc Bérille du syndicat SE-Unsa, de plus ils sont très inégalement répartis, moins de 15 % dans certaines écoles, plus de 50 % dans d’autres. Enfin en province, ce sera un problème pour le ramassage scolaire.» «On ne donne pas une assiette supplémentaire à un élève qui n’aime pas les lentilles», estime Gilles Moindrot, du Snuipp.

Quels cours supprimera-t-on ?

Prudent sur une question qui divise, le ministre a tout de même donné des pistes : «L’écriture, la lecture, le français sont des objectifs prioritaires. Il faut que nos programmes se concentrent dessus, on se disperse trop.» Un tel discours va faire plaisir à toutes les associations, comme Sauver les lettres, qui dénoncent la dramatique baisse de niveau général et réclament un retour aux programmes classiques. En revanche, cela va conforter les craintes des syndicats enseignants et de certaines fédérations de parents d’élèves. Pour eux, la maîtrise du français ne passe pas seulement par des cours d’orthographe et de grammaire, mais aussi par des cours d’histoire-géographie qui risquent d’être réduits. Le sport et les langues vivantes, ayant été désignés par le président Sarkozy comme des priorités, devraient être épargnés. Mais tout ce qui est considéré comme annexe – les arts plastiques, les activités découvertes, etc – pourrait être visé. «L’école s’occupe un peu de tout», a regretté Darcos. Le ministre annoncera son plan en détail à la rentrée des vacances de la Toussaint, après avoir cette fois consulté.


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