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Tout est pardonné

Par Rob Gordon
Rien ne sera pardonné à Mia Hansen-Løve, parce qu'il n'y a tout bonnement pas lieu de lui en vouloir. À peu de choses près, Tout est pardonné est un film parfaitement irréprochable, qui montre que sa très jeune réalisatrice (26 ans à peine) a digéré mieux que personne les quantités industrielles de films qu'elle a absorbés durant sa carrière de critique aux Cahiers. Tout est pardonné est un drame de la meilleure espèce, qui exploite à merveille les silences et les ellipses sans pour autant offrir un cinéma amorphe et mutique.
Le cinéma d'Hansen-Løve prouve si besoin est que le cinéma ne sera jamais à court de sujets. Il suffit de prendre un couple, un enfant et quelques zones de perturbations pour obtenir à chaque fois un film bien différent. La singularité de celui-là est la finesse permanente et la troublante légèreté avec lesquelles Mia Hansen-Løve parvient à dépeindre des sujets aussi graves que l'alcoolisme, la toxicomanie et la mort. Sur le papier, cette accumulation de thèmes sordides fait beaucoup ; pourtant, le jeu aérien des acteurs (Paul Blain en tête, dans un rôle pas évident) et la discrétion efficace de la mise en scène achèvent de faire de Tout est pardonné un film intense et émouvant qui met une jolie claque à 95% des productions auteuristes de l'année.
8/10

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